‹ Histoire du diocèse de BayeuxChapitre 51 sur 161 · INTRODUCTION. LXXV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. LXXV

en 1803 et en 1820 ; le pèlerinage n'a rien perdu de sa célébrité.

Les lieux de pèlerinage et de dévotion forment un groupe d'établissements religieux qui méritent une attention particulière. J'ai parlé ailleurs de la Délivrande , à côté de laquelle on voit que Bonne- Nouvelle occupait un rang distingué. Les autres pèlerinages les plus célèbres de notre ancien diocèse étaient :

L'église bâtie, à Bayeux, sur le tombeau de saint saint-Eïupère. Exupère, et où furent inhumés après lui la plupart des saints pontifes qui occupèrent son siège jusqu'au ixe siècle. Leurs sépultures ont toujours été, dans la contrée, l'objet d'une grande vénération ;

L'oratoire bâti sur le lieu où l'on trouva les corps saim-Raven de saint Raven et de saint Rasiphe, dans la paroisse Saint.^si he de Saint-Vaast ; on y allait, et l'on s'y rend encore, pour demander à Dieu l'abondance des fruits de la terre, par l'intercession des deux martyrs. Cette chapelle est classée parmi celles du doyenné de Fontenay-le-Pesnel ; en voici la raison : il y avait anciennement à Saint-Vaast une chapelle du titre de Saint-Marc , située dans le bois du château , et dont la place fut retrouvée en 1773. La chapelle de Saint-Raven et Saint-Rasiphe ayant été rebâtie en 1782, comme elle n'était pas érigée en titre de bénéfice, on y transporta celui de Saint-Marc, qui fut ainsi réuni à la cure ;

La chapelle de Saint-Gerbold, a Ver (doyenné de saint Gerbow. Creully). Elle était située au lieu même où aborda le saint évêque , après avoir été miraculeusement sauvé des flots ; les Protestants la ravagèrent en

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1562 ; plus tard elle fut ruinée par un incendie. Il existait aussi à Englesqueville un pèlerinage en l'honneur de saint Gerbold ;

saint-suipice. La chapelle de Saint-Sulpice , à Livry (doyenné de Villers). Elle fut bâtie dans un lieu appelé le Val-Saint, où l'on trouva le corps du pontife, massacré par les Danois en 844. Simon, abbé de Chelles , déroba les reliques au Xe siècle ; la chapelle continua néanmoins d'être visitée comme un lieu de dévotion ;

saint-Thomas. La chapelle de Saint-Thomas-de-Cantorbéry, à Commes (doyenné de Campigny). Le nom seul de Saint -Thomas est resté attaché à l'emplacement où elle existait jadis, et aux lieux circonvoisins. On ignore le but religieux de ce pèlerinage; mais on sait que les moines de l'abbaye de Longues se glorifiaient de posséder la ceinture du saint archevêque, et que les femmes dont les couches étaient laborieuses, se la faisaient apporter pour se procurer une heureuse délivrance. La chapelle de Saint-Thomas existait encore au xvme siècle ;

saint-Marc La chapelle de Saint-Marc et de Saint -Nicolas, à deux kilomètres de l'église du Plessis-Grimoult ( doyenné de Vire ). Ce pèlerinage était autrefois très-fréquenté ; il y reste encore un autel et des statues mutilées. On y va prier le jour Saint-Marc, quoique le culte n'y soit plus célébré ;

saint-Roch. La chapelle de Saint-Roch , à Vire , dans les monts de Vaudry. Elle fut fondée en 1642 par Suzanne Deslandes, à l'occasion d'une peste qui ravageait le pays. La fondatrice y attacha un chapelain et cinquante livres de rente. La chapelle ,

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abandonnée et ruinée a la révolution, a été rétablie il y a peu d'années.

C'était aussi un lieu de pèlerinage que la chapelle de Saint-Marc d'Ouilly, dédiée à saint Roch. Le lundi de la Pentecôte, les paroisses voisines y venaient processionnellement implorer la protection du saint contre les maladies contagieuses ;

La chapelle de Saint-Hubert, sur la paroisse de saint-Hubert. Saint-Vigor-des-Mézerets (doyenné de Vire). On y invoquait saint Hubert pour la rage ; il y avait une octave de sermons, à l'occasion de la fête anniversaire, que l'on y célébrait le lundi de la Pentecôte. Saint Laurent était invoqué, dans la même paroisse, saint -Laurent. pour la maladie appelée vulgairement feu Saint- Laurent, et que la science désigne sous le nom de zona;

La chapelle de Sainte-Radegonde, dans la paroisse s*«-Radegonde. de Clairefougère (doyenné de Gondé-sur-Noireau). On dit qu'elle avait été bâtie en mémoire de la bataille de Tinchebray, et sur le lieu même où elle •fut livrée, en MOti. Sainte Radegonde était invoquée pour la gale. Les pèlerins répandaient de l'avoine sur le sol de la chapelle en manière d'offrande. Cette chapelle ne fait plus partie de notre diocèse, et le culte n'y est plus célébré ; cependant on nous assure que Ton y voit encore des pèlerins. C'est un fait digne de remarque, que cette puissance des traditions religieuses qui conduit les hommes de nos jours au pied d'un autel en ruines, devant lequel leurs pères ont prié. On pourrait en citer d'autres exemples.

Nommons encore , parce qu'ils sont anciens, le

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