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CHAPITRE XXIV

SECONDE KOITlri DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE.

Roger d'Aumont, évéque d'Avranches, fatigué de ses diocésains, qu'il aimait peu, et auxquels il était aussi peu sympathique, ayant donné sa démission le 5 janvier 1651 en faveur de Gabriel de Boislève, conseiller au parlement de Bretagne, abbé de Saint-Gourgon-sur-Loire, de Saint-Aubin-du-Boscq etdeNotre-Dame-de-Bardon, celui-ci prit solennellement possession le 25 août 1652, ne devant presque plus revoir sa ville épiscopale. Il était d'Angers et fils de Charles Boislève, doyen des conseillers au parlement de Bretagne.

Préconisé le 26 septembre 1654 , il avait été sacré à Paris le 10 décembre, dans l'église des religieuses de Saint-Thomas, par Robert Cupif, évéque de Dol, assisté de Claude Auvry, évéque de Coutances, et de Jean d'Estrades, évéque de Condom.

Malgré les recoramandations expresses du concile de Trente, les diocèses d'Àvranches et de Goutances n'avaient pas encore de séminaires. Les jeunes lévites, après Tétude des humanités, faisaient leur éducation cléricale sous la direction des curés les plus savants en même temps que les plus zélés. Plusieurs presbytères, dans chaque diocèse, auraient déjà pu s'appeler des séminaires ; dès 1650, Michel Àuger, curé de Brouains, avait réuni une vingtaine d'élèves, auxquels il donnait des leçons en commun et faisait suivre une règle commune. C'est le séminaire le plus anciennement établi du diocèse d'Avranches.

En 1666, Aubert Gombert, curé de Saint-Martin-des-Champs, René le Prieur, curé de la Gohannière, et Jean Hantraye, curé d'Isigny, conçurent le projet d'en créer un plus important dans la maison presbytérale de Saint-Martin, qui avait de grandes dépendances, l'établirent à leurs frais et se dévouèrent à y donner l'enseignement.

L'évéque approuva la fondation par mandement donné à Paris le 8 mai de la même année. Par un second mandement, donné quelques mois plus tard, il annexa le séminaire à la cure de Saint-Martin, et y joignit le collège et la prébende préceptoriale.

Sur quoi la ville et le chapitre réclamèrent également : le chapitre , parce qu'il perdait une nomination alternative avec l'abbaye de Rillé, de Fougères ; la ville, parce que le collège était municipal. L'évéque désintéressa le chapitre en lui donnant la cure de Milly. Quant à la ville, des lettres patentes obtenues en 1669 par les directeurs autorisèrent l'établissement, sous la réserve des droits du conseil municipal. Après la mort de Gombert, en 1683, Hantraye» devenu principal, fît élever, dé l'assentiment de tous les corps de la ville, la rétribution scolaire à cinq sous par mois en ce qui concernait le collège. Le séminaire demeurait incomplet ; plusieurs curés continuaient, de l'aveu de l'évéque, à former des clercs à la vie sacerdotale. La ville avait accepté la mesure avec facilité, dès que ses droits avaient été réservés.

Gabriel de Boislève mourut subitement à Paris au mois de décembre 1 667 ; son corps fut rapporté à Angers et inhumé dans l'église des Cordeliers.

Le roi nomma en son remplacement, le 13 avril 1668, Gabriel-Philippe da

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