‹ Histoire du diocèse de Coutances et AvranchesChapitre 124 sur 191 · CANTON DES PIEUX · texte numérisé non relu

CANTON DES PIEUX

1. Les Pieux. — S. Benoistville. — 3. Bricquebosq. — 4. Flamanville. — 5. Grosville. — 6. Hëaaville. — 7. Hellerille.^ 8. Le RozeL— 9. Pierreyille. — 10. Saint-Christoptie-du-Faoc. — 11. SaiDt-Germain-le-Gùllard. — 12. Sîoayille. — 13. SotteTîlle. — 14. Surtaiaviile. — 15. TréauyiUe.

1. Les Pieux [Podia) : Les syllabes fui, pieu, pou^ seules ou dans la composition des noms de lieu, s'appliquent toujours et partout à des pointes de montagne, et jamais l'application ne fut plus légitime qu'elle n'est ici. L'église est sous le vocable de Notre-Dame. — Le droit de présentation s'étant trouvé partagé entre plusieurs patrons, la paroisse eut deux curés, un à la nomination de l'abbaye du Vœu , le second à la nomination de l'abbaye de Saint-Sauveur-le-Yicomte. Elle faillit même en avoir un plus grand nombre , car il y eut des seigneurs qui furent déboutés de leurs prétentions, sans compter le roi de France qui exerça utilement les siennes.

En 1230, Robert de Baubigny fut débouté au bénéfice de l'abbaye du Vœu par Jean de Tricamps, bailli du Cotentin. La même question se représenta en 4380, Chrétien Le Chambellan, alors bailli du Cotentin, la jugea de la même façon. D'autre part, Richard de Chifirevast passa acte, en 1323, avec l'abbaye de Saint-Sauveur pour le règlement de leurs droits respectifs sur les foires et marchés du village, et le patronage de l'église. Le droit de patronage ne comportait pas toujours le droit de présentation ; mais ici il le comprenait, car Jacques de Grimouville, abbé de Saint-Sauveur, nommait en 1557 un curé à la seconde portion de la cure des Pieux. La portion qui appartenait à l'abbaye du Vœu, lui avait été donnée, ou peut-être plutôt confirmée, en 1229, par Roger des Monts. D'autre part encore, le roi Philippe VI voulant dédommager la même abbaye du préjudice qu'elle avait souffert de la guerre avec l'Angleterre, lui donna, en 1330, entre autres bénéfices, une portion de la cure des Pieux : évidemment il ne lui donnait pas ce qu'elle avait déjà, il y ajoutait, et se trouvait, en vertu de confiscation, sur la liste des ayants-droit.

Il y eut auprès de Téglise une chapelle Saint-Clair, qui est convertie à usage d'école et, plus anciennement, une léproserie, qui est révélée par quelques noms de lieu et dont il reste des fondations.

2. Benoistville. Sous le vocable de saint Pierre. La cure était à la présentation de l'abbaye de Montebourg. Le curé payait une décime de quarantecinq livres. Il y avait au manoir de Haule une chapelle qui relevait de la même abbaye.

3. Bricquebosq. L'étymologie paraît être boscum Briciii. L'église est sous le vocable de saint Michel ; elle appartenait à l'abbaye de Saint-Sauveur ; le curé payait une décime de vingt-cinq livres. Le prieuré d'Estoublon, appartenant à la même abbaye, était en cette paroisse. Le prieur payait une décime de trente-cinq livres; il tenait le troisième rang au synode. Il y eut en outre des chapelles au manoir et à la cure : celle-ci à cause de l'éloignement de l'église.

Jean-Jacques Scelle , curé constitutionnel de Bricquebosq , se signala par

son obstination dans le schisme et par ses écrits. Il mourut en 1836, sans rétractation.

i. FLAMAi<i VILLE. Sous le vocable de saint Germain d'Ecosse, dit aussile jeune, apôtre de la contrée. La plus ancienne appellation de la paroisse e$t Saint-Germain-de-la-Mer. L'océan recouvre l'emplacement de l'église primitive et du village ; l'église actuelle a été construite en 1669. Mais il y en eut une intermédiaire, qu'on trouve désignée par le nom de Saint-Germain-de-Direth. parce qu'elle était située au village de Diélette, et dont on conserva le chœur à titre de chapelle. On lit aussi dans quelques actes du xiv* siècle, Flamanvillede-Diélelte {Flamenovilla de Direu),

Les actes de saint Germain d'Ecosse portent que ce saint missionnaire détruisit miraculeusement des serpents redoutables à Saint-Germain-sur-Ày, à Carteret, à Querqueville, à Flamanville : c'est l'accomplissement littéral de cette parole du Christ disant de ses apôtres, ils supprimeront les serpents (serpentes tollent). Il ne faut pas y chercher d'allégorie; il est certain qu'il exista en Gaule de nombreux alligators entretenus et vénérés à titre d'esculapes et de pythons, et que le pays fut livré à une honteuse ophiolatrie. La caverne artificielle, ou galerie couverte, qui servit de palais au dieu puant et vorace de Flamanville, existe encore en partie auprès de la falaise du Mont-<lu-Jioc,

La cure de Flamanville était à la présentation de l'abbaye de Saint-Sauveurle-Yicomte, qui possédait le fief seigneurial de Diélette; les sires de Bazan, seigneurs de Flamanville, élevèrent des prétentions aux xv* et xvi'^ siècles ; mais l'abbaye fit toujours reconnaître son droit. Le curé payait une décime de cinquante-cinq livres. Il y eut une belle chapelle au chAteau de Bazan.

5. Grosville (Geroutvilla). Sous le vocable de saint Martin. La cure était à la présentation de l'abbaye de Saint-Sauveur-le-Vicomte. Le curé payait une décime de cinquante livres. Il y eut une chapelle à la Grand'maison et une commanderie de Malte. La chapelle était sous le vocable de saint Jean; elle payait une décime de sept livres dix sous.

6. Héauville (Helvilla). Sous le vocable de saint Germain. Le curé était à la présentation du prieuré du lieu, auquel la cure avait été d'abord unie, mais qui devint au xvi* siècle un prieuré simple. Le curé payait une décime de trente-huit livres. — Prieuré Saint-Martin, fondé en 1080 pour quatre moines par Robert, comte de Mortain, sous l'obédience de Marmoutiers. Lors de sa visite de 1250, l'archevêque Eudes Rigaud n'y trouva plus que deux moines. Le prieur avait le vingtième rang dans les synodes ; il payait une décime de cinquante-quatre livres. Héauville fut le berceau de Louis Le Bourgeois , doyen de la cathédrale d'Avranches, poète et auteur ascétique, dont nous avons parlé en son lieu.

7. Helleville (ffelredvilla'Hegelvilla). Sous le vocable de saint Pierre. La cure fut donnée en H 56 à l'abbaye du Vœu, par le duc-roi Henri II. Le curé payait vingt-quatre livres de décimes. En 1757, le prieur de Héauville présentait à la cure. Il tenait le vingtième rang au synode.

8. Le Rozel. L'église Saint-Pierre-du-Rozel et le prieuré de la Taille, près Barneville, furent donnés vers 1 100 ou 1 150 à l'abbaye du Vœu, par Jourdain de Barneville ; mais cet acte ne sortit pas son effet sans beaucoup de contes-

tatioDS. Le chapitre de Coutances avait aussi des droits, probablement antérieurs, sur la cure. « Par accord fait, en 1207, entre le chapitre de Coutances et Tabbé du Vœu de Cherbourg, il fut convenu que les fruits des églises du Rozel, de Gatteville et de Barfleur seraient partagés entre les contractants, qui feraient leur possible pour se défendre mutuellement. »

« En 1260, accord est passé entre Tabbé du Vœu, de Cherbourg, et le chapitre de Coutances, pour le patronage alternatif du Rozel. En 1270, le curé, nommé Sanson, est installé par ce chapitre. )>

Nonobstant, « Par acte passé en mars 1293, Robert Bertrand, baron de Bricquebec, donne à Tabbaye du Vœu, jouxte Cherbourg, le patronage de l'église Saint-Pierre-du-Rozel avec les droitures et appartenances. Le dit baron donne, en même temps, à cette abbaye les patronages du Mesnil-au- Val et de Hardinvast •*^ » A pareille date, c'est un moyen de terminer le litige. Et dans ces conditions, la cure devait être bien pauvre, d'autant plus que l'abbaye de Blanche-Lande recueillait la plus grande partie des grosses dîmes ; aussi le curé ne payait-il que dix-huit livres de décimes.

9. PiERREViLLE. L'égîisc Notre-Dame-de-Picrreville fut donnée en 1184 au prieuré de Brewton, en Angleterre (Sommerselshire), par Guillaume de Werton. Guillaume de Magneville y ajouta les dîmes de la paroisse en 1222. Quelques années plus tard, un prieur de Brewton échangea ce bénéfice et plusieurs autres avec le chapitre de Coutances contre un titre canonial pour lui et ses successeurs ; puis, en 1258, le prieuré transféra ses biens et droits à l'abbaye de Troarn, diocèse de Bayeux, qui lui céda en contre-échange ce qu'elle possédait en Angleterre. (Voy. les art. Tessy et Surùainville,)

La convention conclue, l'abbé de Troarn fit construire une maison canoniale auprès de la cathédrale, du côté du nord ; et comme la cathédrale et les maisons des chanoines étaient enfermées dans un mur d'enceinte, une porte fut percée dans le mur pour servir de communication. De là le nom de la rue du Pertuis-Trouard, qui est la rue du pertuis de l'abbé de Troarn. — La cure de Picrreville payait cinquante-huit livres de décimes.

10. Saint- Christophe-du-Faoc. (C'est-à-dire de la Foutelaie : faoc, un hêtre.) L'église fut donnée à l'abbaye de Saint Etienne de Caen, le jour de la fondation (1063), par Hugues, lè bouteiller, avec fassenliment de Raoul de Thoesny, son suzerain. La cure n'était taxée qu'à une décime de douze livres; ce qui indique que le curé n'avait que Tauteltige, ou revenu de l'autel. En 1757, la présentation était à l'abbaye de Saint-Sauveur. — Annexé à Sotteville en 1803, Saint-Christophe a été rétabli à titre de succursale en 18i7.

11. SAiNT-GERMAm-LE-GAiLLARD. L*église fut donuéc en 1176 à l'abbaye de Blanche-Lande par Guillaume de Liesville, du consentement de Geofiroi Mauvoisin, son suzerain. L'évêque Richard de Bohon confirma la donation en 1179. Elle le fut de nouveau en 1194 par Guillaume deTournebu. — Il y eut dans la paroisse une chapelle dite de Valmesnil et le prieuré de Sainte-Marguerite, sous la dépendance de la collégiale de Saiute-Barbe-en- Auge. Le prieur était un religieux ; il avait le quarante-unième rang au synode.

(1) Notée Mstoriques »ur Ui communes de VarrondUsement de Cherbourg; par M. L. de Pontaumont.

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4. Flaman VILLE. Sous le vocable de sa'' A^""^ ^* * J* présentation des jeune, apôtre de la contrée. La plus ar ^^^^ternativetnent^ L église a été Saint-Germain-de-la-Mer. L'océan re^ /./.p/acement occupé par 1 ancienne et et du village ; l'église actuelle a et ' ^> /maintenant sous les flots. L abbe Le

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^ap^î^ /./ \)V'''^f'iJers en 1120. Nonobstant, le patronage appartenait en

««" ^vj /"^'^e/gneur quant à la présentation à la cure. Le curé payait

^ î^V'^/soixante-dix livres, ce qui indique un fort revenu.

tf^^'^' deSoiieyiïle eut une chapelle Saint-Jean-Baptiste, et la paroisse

*^/77^?^îg(oablon, primitivement Stublond. Le prieur avait le troisième

pri^^^,flode. Le prieuré parait avoir été fondé avant l'an 1200 par Robert

J^i'^j%oi; car ce seigneur obtint du roi en 1201 , moyennant un don de

je ^LzantSt la concession d'une foire au jour Saint-Michel auprès de la

^^^^Ite Saint-Michel-de-Stublond. C'est celle qui se tient maintenant à Teur-

^^We. Le prieuré d'Etoublon payait une décime de quarante-sept livres ; la

^^neJie Saint-Jean, une décime de sept livres dix sous. — Etablie en succur-

yje 28 août 1808.

Ii. SuRTAiMviLLE. Sous lo vocablo de saint Pierre. L'église paroissiale appartint à l'abbaye de Saint-Ouen, de Rouen; mais c'était le seigneur du lieu qui présentait à la cure dans les derniers temps. Elle était taxée à une décime de soixante livres. La paroisse eut une léproserie dont la chapelle était dédiée à sainte Ergouelfo et qui appartenait au prieuré de Brewton, à qui elle avait été donnée par Jean de Muller avant l'an 1150. Sainte Ergouelfo est la même que sainte Gudule, patronne de la ville de Bruxelles. Le prieuré de Brewton céda cette propriété avec quelques autres au chapitre de Coutances contre un titre canonial en faveur de son prieur, et peu d'années après, tous ses biens et droits sur le continent à l'abbaye de Troarn, au diocèse de Bayeux. De sorte que l'abbé de Troarn devint chanoine de Coutances. (Voy. les art. Pierretilk et Tessy.) — Récemment encore il restait des ruines de la chapelle Sainte- Ergouelfe, qui avait des détails d'architecture romane très-remarquables.

15. TRiAUviLLB. L'église Saint- Piene*de-Tréauville avait été donnée à Tabbaye de Saint-Sauveur-le-Vicomte par Roger, frère de Néel, vicomte du Cotentin, avec les dîmes et les aumônes.

Au xvn* siècle, le droit de présentation était revenu, bon gré mal gré, aux seigneurs. Thomas Le Fillfttre, seigneur du lieu, nomma à la cure Joseph Le Fillâtre, son frère, en 1692. A la fin, c'était le prieuré de Beaumont, en Auge,

ait le droit de présentation. La cure était taxée à une décime de trente- Il y eut une chapelle dite Notre-Dame-des-Prés, dont les revenus ""érés à celle du château de Flamanville.

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