‹ Histoire du diocèse de Coutances et AvranchesChapitre 138 sur 191 · CANTON DE JUVIGNY · texte numérisé non relu

CANTON DE JUVIGNY

1. Javigny. — S. Bellefontaine. — 8. Chasseguay. — 4. Chérencé-le-BousseL — 5. La Bazoge. 6. Hesnil-Adelée. — 7. MesoU-Rainfray. — 8. Mesnil-Tove. -^ 9. Reffuveille.

1 . JuviGNY. L'église Notre-Dame-de-Juvigny fut donnée au prieuré de Sainte- Marie-du-Rocher, de Mortain, en 1163, par Guillaume de Juvigny, du con-

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sentement de Alice, sa femme, et de celui de Philippe et de Jourdain, leurs fils. — La foire de Juvigny fut donnée à la collégiale de Mortain en place de celle du Neufbourg par le comte Guillaume, fils de Robert, lorsqu'il fonda FAbbaye-Blanche.

2. Bellefontaine. L'église Saint-Marlin-de-Bellefontaine était de patronage laïque et ressorlissait à la seigneurie de Martigny. — Il y eut une chapelle dédiée à saint Nicolas, dont on montre l'emplacement, mais dont Yéiat de 1752 ne fait pas mention.

3. Chasseguay. L'église est sous le vocable de saint Jean-Baptiste. La cure était de patronage laïque. — Supprimé en 1803 et réuni à la Bazoge, Chasseguay a été rétabli par décret du 1*"' juin 1852. L*église a été refaite peu après presque entièrement.

4. Chérencé-le-Roussel. L'église Notre-Dame-de-Chérencé-le-Roussel fut donnée, environ l'an 1 105, avec les dîmes de la paroisse, à l'abbaye de Lonlay par Giiulin de Chérencé, du consentement de Guillaume, comte de Mortain. — L'afBxe paraît être le nom du chevalier Bernard Russel, vivant en 1082, souscrit à une charte de Savigny.

5. La Bazoge. L'église Saint-Martin-de-la-Bazoge fut donnée à la collégiale de Mortain, avec les aumônes et la dîme de tout le bourg, le jour de la fondation, par Roger de Husson. Cependant c'étaient les seigneurs du lieu qui présentaient à la curedans les derniers temps.

Nota. Lorsque les descendants d'un donateur tombaient dans l'indigence, les cours de justice obligeaient le donataire à rendre le gage ou à leur faire des pensions alimentaires. — On appelait aumônes les terrains attachés à une église pour son entretien et l'entretien du prêtre qui la desservira. Le droit canon ne veut pas qu'un édifice destiné au culte soit consacré, si le fondateur n'a pourvu à son entretien , afin qu'il ne puisse devenir une misérable ruine ou passer à des usages profanes. Par les dîmes du bourg, il faut entendre celles que les bourgeois ou hommes libres payaient comme redevances à leur seigneur. Les vilains ou serfs de la glèbe ne pouvaient rien payer, puisqu'ils ne possédaient rien en propre. — La nef de l'église actuelle fut construite en 1721 ; les chapelles et le chœur en 1789; la sacristie et le clocher en 1867. — Erigée en succursale le 28 août 1808.

6. Le Mesnil-Adelée. L'église est sous le vocable de saint Biaise. <( Le duc Robert (II), fils du très-pieux prince Richard (II), donna en bénéfice à un de ses chevaliers nommé Adelelme, le village de la Croix, qui est situé entre Bevron et le Mont-Saint-Michel. » (Mss. du Mont, numéro intérieur 80). C'est peut-être de ce chevalier que le Hesnil-Adelée tire son nom.

7. Le Mesnil-Rainfray. L'église est sous le vocable de saint Martin. Au retour de la conquête, Robert, comte de Mortain, donna à Girold, son fidèle et brave serviteur, l'église du Mesnil-Rainfray avec toutes ses propriétés, droits et revenus. En 1139, Richard-le-Raseur, petit-fils ou neveu de Girold, en fit la remise au duc Etienne de Blois, en vue d'un projet d'arrangement. Celui-ci la céda à l'évéque Herbert, qui la rétrocéda au prieuré Sainte-Marie-du-Rocher de Mortain et au prieur Ranulfe, à condition que Richard-le-Raseur, son père.

et un de ses fils seraient reçus au nombre des moines, et que le prieuré servirait une pension de dix livres de rentes à son autre fils encore enfant.

8. Le Mesnil-Tovk. L'église Saint-Jean-Baptiste-du-Mesnil-Tove appartenait à Tabbaye de Savigny. Elle avait été donnée par Rohès, fille de Geoffroy de Lucey, non à l'abbaye directement, mais au prieuré de Virey, qui en dépendait; lorsque les moines de Virey, trop peu dotés pour pouvoir vivre, s'en retournèrent à leur abbaye, en 1162. Savigny se fit confirmer la propriété de l'église et des dîmes du Mesnil-Touve (sic) et des autres églises qui leur appartenaient. (Voy. Virey.)

9. Repfuveille (Bufi-villa). L'église Saint- Léonard- de -Reffu veille fut donnée à l'abbaye de la Luzerne en 1 1 62 par Guillaume de Saint-Jean (le Thomas), Olive, sa femme, et Robert, son frère. Ce fait est relaté dans un aveu rendu en 1419 par l'abbé et les religieux de la Luzerne. Cependant, on trouve une charte de donation de la même église à la même abbaye par l'évêque Guillaume (Burel ?) et le chapitre d'Avranches. C'est la preuve que les droits étaient au moins partagés. La cure fut occupée jusqu'à la fin par. un religieux de la Luzerne.

L'église actuelle, d'une très-mauvaise construction, a été commencée le 18 novembre 1846, bénite le 15 août 1848. — Cette observation, relative à la mauvaise construction, est applicable à la plupart des édifices religieux entrepris depuis le commencement du siècle : on a voulu faire des monuments, de grands monuments, au moyen de ressources insufllsantes, et on n'a fait, en général, que des constructions peu solides ou étriquées, maigres et sans grâce. Les vieux monuments arrivent partout au terme de leur durée; mais le temps de les refaire dans de bonnes conditions n'est pas venu. Des salles de spectacle, à la bonne heure !

CANTON DU TEILLEUL.

1. Le Teilleul. — i. Buais. — 8. Ferriëres. — 4. Heussey. — 5. Husson. — 6. Sainte-Marie*

du-Bois. — 7. Sdint-Symphoricn. — 8, Savigny-le-Vieux.

1 . Le Te^leul. L'église est sous le vocable de saint Patrice. La paroisse appartenait d'abord à un des membres de la famille ducale de Normandie : Unsfrid, ou Onfroi,'dit le Danois. Ce premier Onfroi fut père d'un second Onfroi, dit du Teilleul, et de Turstin. Turstin, surnommé Goz, vicomte d'Avranches, fut père de Hugues, dit le Loup, comte de Chester, fon* dateur de la cathédrale d'Avranches. Deux des neveux de Onfroi du Teilleul se firent moines à l'abbaye d'Ouche , et un de ses fils , nommé Guillaume, se fit prêtre et devint abbé de Sainte-Euphémie , dans la Calabre. Robert du Teilleul aida Guillaume-le-Bâtard à achever la conquête d-' Angleterre. Il devint comte de Ruddiam. Il donna à l'abbaye d'Ouche, pour la dot de ses deux frères, nommés Ernauld et Roger, plusieurs fiefs et l'église du Teilleul. — Cette église, enfermée dans l'enceinte du château, qui était situé sur le penchant d'une colline, dit l'historien Ordéric Vital , dut être ruinée avec le château à la suite de la bataille de Tinchebray, où la noblesse du pays combattit aux côtés du comte Guillaume, son suzerain, et fut défaite avec lui

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et le duc Robert-Courte -Cuisse par Henri I*. Le vainqueur fut cruel envers les vaincus. — Cependant les bourgeois, ou hommes libres, avaient leur chapelle propre, dédiée à sainte Marguerite, dont il est fait mention dès cette époque et qui a survécu jusqu'aux derniers temps à tous les événements sous le nom de chapelle de la Bourgeoisie.

L'église ruinée et la seigneurie passée en d*autres mains, ce sont les possesseurs du fief de Saint-Patrice qui apparaissent comme seigneurs du lieu. Jeanne de Saint-Patrice le porta dans la famille de Ferrières : Eude de Ferrières et Jeanne de Saint-Patrice, sa femme, chargèrent les religieux de Savigny de la desserte de la paroisse et leur en donnèrent les dîmes. Robert de Saint-Patrice confirma la donation de ses parents. Puis apparaît un acte de Renault, comte de Boulogne et de Mortain de 1204 à 4212, approuvant le consentement donné par Tabbé et les religieux de Savigny à l'érection d'une église baptismale au château de Saint-Patrice, sous le patronage de Savigny, avec cimetière pour ensépulturer les gens du château seulement. — Cette église d'un usage si restreint d'abord Qnit par devenir paroissiale et se trouver de grandeur sulfisante au moyen d'additions successives. Elle a été démolie après l'ouverture d'une nouvelle, commencée en 1851 et consacrée le 2 Juillet 1854 ; tournée à contre-sens, pour que les pluies de Test n'en démolissent pas 1»** chevet I

Le Teilleul eut une léproserie, dépendante du prieuré du Plessis-Grimout, qui avait le droit de minage sur les blés mis en vente à la foire Sainte-Annede-Buais. La fabrique de l'église paroissiale de Buais réclama pour ellemême ce droit en 1336, sous prétexte qu'il avait été établi en faveur des lépreux de la paroisse et qu'il devait lui revenir, puisqu'il n'y avait plus de lépreux. — L'état de 1752 compte cinq chapelles au Teilleul : 1° une chapelle Saint-Aubert, à la présentation du seigneur, ayant soixante-douze livres de revenus, et en très-mauvais état; 2** la chapelle Sainte-Marguerite, au duc d'Orléans, en bon état d'entretien, mais sans revenu ni titulaire; 3** la chapelle Notre-Dame-de-Pitié, dans le cimetière de la paroisse, ayant quarante livres de revenus ; 4** la chapelle du Logis-Doissey ; 5** la chapelle de la Duranderie; les deux dernières en bon état, mais sans titulaires ni revenus.

2. Buais. L'église Saint*Pair-de-Buais fut donnée avec tous ses biens et revenus au prieuré du Plessis-Grimout par le duc-roi Henri II; la charte n'est pas datée. En 1238, Henri, fils de Philippe de Moisy, abandonna au même prieuré ses droits de patronage sur la môme église. En 1326, l'évèque Jean de la Mouche autorisa son érection en prieuré-cure, et depuis lors elle fut desservie par deux religieux du Plessis-Grimout, avec charge de payer cent sous de rente à l'église d'Avranches '*\ Cette antique église, sous le vocable de saint Pair, est maintenant délaissée et remplacée par une église neuve, plus monumentale, fondée en 18e59, située dans le quartier dit de Sainte-Anne, plus central, et mise sous ce vocable. Buais eut deux chapelles : la chapelle Sainte-Anne, autour de laquelle se tenait la foire dont nous avons parle à l'article précédent, et une chapelle dite des Acres. Elles sont détruites de temps immémorial.

(I) H. Sauvage, avocat à Morlain. M. Sauvage a donné de courtes notices sur soixante paroisses de l^arrondissement de Mortain dans VAnnuain de la Manche, années 18S3 et 1854 ; nous lui faisons quelques emprunts.

3. Ferriâres. L'église Saint-Siméon-Stylite-de-Ferrières demeura jusqu'à la fin de patronage laïque.

4. Heuss^. L'église Saint-Pierre-de-Heussé demeura de patronage laïque. Il y eut une chapelle domestique au logis de Nantray.

5. HussoN. L'église Saint-Pierre-de-Husson fut donnée à la collégiale de Mortain le jour de la fondation par le vicomte Guillaume. Il y eut dans la paroisse deux chapelles domestiques, Tune à la cour de Husson, Tautre au logis de la Goudonnière; elles étaient desservies en 1752; elles sont maintenant détruites. (Ecclesia S. Pétri de Huxo.)

6. Sainte-Marie-du-Bois. ^La cure de Sainte-Marie-du-Bois demeura de présentation laïque. — Erigée en succursale par ordonnance du 28 août 1808.

7. SAmT-STHPHORUSN. L'église Saint-Symphorien fut donnée à l'abbaye de Savigny par Ruallon de Parigny et Guillaume, son fils. La charte ne porte pas de date, mais elle est antérieure à l'an 1200. Il y eut au château une chapelle, dont l'état de 1752 ne donne pas le vocable. Cette paroisse est appelée Saint-Symphorien-Bois- Léger dans des titres du \yf siècle. — Succursale érigée le 28 août 1808.

8. Savigny-lk-Vieux. L'église Notre-Dame-de-Savigny fut donnée à l'abbaye du lieu, vers le temps de sa fondation, par Ernoul, Guillaume et Roger de Yirey, avec l'assentiment de l'évéque Turgis, qui siégea de 1095 à 1134. Cette donation était faite non directement à l'abbaye, mais à un prieuré de sa dépendance que les donateurs fondaient à Yirey avec le concours de leur mère, Aalès, fille de Alain de Savigny. Les dîmes de la paroisse étaient données en même temps que l'église. L'évéque Guillaume , successeur de Turgis, en donnant à Tabbaye une charte confirmative de cette largesse, fit renouveler sous le serment à Aalès son consentement. Les religieux de Yirey ayant été rappelés à l'abbaye en 1 1 52, elle se fit autoriser à garder néanmoins les églises dépendantes du prieuré supprimé ; ce fut Richard-le-Bastard, seigneur du lieu, qui concéda celle de Savigny, sous le bon plaisir de Raoul de Fougères, son suzerain. De la belle église abbatiale, il ne reste plus que les murs dépouillés de leur revêtement de granit, sauf une porte latérale acquise par la Société des Antiquaires. Elle avait de longueur intérieure deux cent quarante-sept pieds, de largeur quatre-vingts pieds, cent trente à la croisée, soixante-dix sous clef de voûte. Le clocher avait deux cents pieds d'élévation. — Nous pensons que l'étymologie est Savîgny-l'Evieux, et que l'affixe vient de la situation de la paroisse à la jonction de deux rivières : on sait ce que senties éviers d'un moulin. — Savigny était un prieuré-cure.

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