XII. Elisabeth Mille
GHAPITilB XXVUI. STATI8TIQUB 8T RÉSUICK. 405
r^Dprisonnement et la persécation pour refus de serment, excepté trois, qui le prêtèrent et reçurent des lettres de civisme.
La communauté des Augustines hospitalières comptait trente-neuf religieuses. Elles restèrent auprès de leurs malades jusqu'au 7 septembre 1793, mais alors elles furent menées en prison, la supérieure en tête, R. M. Anne- Catherine Griton des PaUières, en religion sœur Marie de la Victoire. Vingt d'entre elles furent recherchées postérieurement pour cause de refus de ser- * ment et subirent encore les rigueurs de l'emprisonnement à titre de suspectes; mais la chute de Robespierre arrivant, elles furent rendues à la liberté. Les administrateurs du district, ne trouvant pas d'infirmiers capables en nombre suflSsant, en firent rentrer quelques-unes auprès des malades.
La chapelle qui existe encore, et qui est remarquable par son dôme, beaucoup plus beau à l'intérieur qu'il n'est gracieux par dehors, avait été construite en 1 682 et années suivantes. Elle coûta à la communauté vingt-deux mille trenteneuf livres neuf sous, tant de ses deniers que de quelques dons particuliers.
Les Augustines de Coutances avaient envoyé à l'hospice de Tire une petite colonie de religieuses en 1660, sous la conduite de la R. M. Jeanne Davy du Bois. Le souvenir des vertus et des œuvres de cette sainte fille est encore vivant. « Les Augustines de l'hôtel-Dieu de Vire eurent leurs habits religieux enlevés le 17 décembre 1793, à deux heures après minuit, sur l'ordre du représentant Laplanche, qui fit brûler leurs habits le 2 janvier 1794, sur la place du ChAteau. Elles furent chassées de la communauté et mises, dans une maison d'arrêt le 22 janvier 1794, sur les six heures du matin. Elles étaient au nombre de trente-trois ; aucune ne prêta le serment. Elles s'attendaient tontes à aller à la guillotine ; mais elles sortirent de cette maison d'arrêt le 30 décembre suivant , et rentrèrent dans leurs familles. Seize d'entre elles obtinrent en 1805 la permission de retourner à leur ancienne maison, qui était devenue propriété de la ville, et d'y reprendre leurs œuvres accoutumées. Celles de leurs anciennes compagnes qui étaient encore vivantes vinrent les rejoindre ^*\ »
(1) Textuel. Renseignement particulier.
T. II. l4
I.e couvent des Capucins de Coutances, qui avait compté jusqu'à trente religieux, n'en avait plus que neuf en 1790, et cependant il était de fondation récente. Il n'y avait plus que sept religieux au couvent des Dominicains. Les Cordeliers de Saint-Nicolas-près-Granville étaient également peu nombreux ; mais ils maintenaient leur réputation de ferveur et de zèle^ et étaient tenus en grande estime parmi le peuple ; de même ceux de Valognes. De longue date, il n'y avait plus d'Augustins à Barfleur. Les Dominicains du Mesnil-Garnier étaient encore au nombre de cinq. Les Trinitaires de la Perrine étaient réduits à trois. Ils possédaient trois cent vingt hectares de bon terrain et étaient telle* ment criblés de dettes, que l'Etat leur avait imposé un administrateur, l'abbé Moriolles, chapelain de la chapelle Saint-Ortaire. Les clercs hospitaliers, prétendus Augustins, de Coutances, restaient en même nombre que par le passé, mais affranchis désormais de toute redevance envers la société ; il ne leur restait plus que des droits.
Le 1 2 avril 1 791 , le directoire du département de la Manche ordonna que les Eudistes de Coutances fussent expulsés du séminaire diocésain pour refus de serment. Sur la demande de quelques habitants , il consentit à ne mettre le scellé que sur l'église, la sacristie et les titres de la communauté. Les religieux dirent donc la messe en leur chapelle le 1 4 pour la dernière fois. Cette communauté n'avait rien perdu de sa ferveur première. Les chapelles des Capucins et des Dominicains avaient été fermées le 27 janvier précédent.
Les communautés de femmes se soutenaient mieux. Le petit couvent de Saint-Michel-du-Bosq, à Lithaire, ne manquait ni de ferveur, ni de régularité; le couvent des Filles de la congrégation de Notre-Dame, à Carentan, fondé en 4635, était nombreux et fervent. Les Sœurs du Bon-Sauveur de Saint-Lo étaient au nombre de vingt-huit. Elles vaquèrent à leurs œuvres de charité auprès des malades et à l'éducation des enfants pauvres avec le zèle et le dévouement habituels jusqu'au 15 janvier 1793. Alors, elles furent expulsées violemment et virent apposer les scellés sur leurs appartements à mesure qu'elles les quittaient. Ce fut une grande surprise pour les administrateurs du district, quand ils vinrent faice l'estimation du mobilier : ils s'attendaient à trouver des meubles, peut-être des trésors, et ils constatèrent l'absence de