CHAPITRE XXVIII. STATISTIQUE ET RÉSUMÉ
tout objet de valeur : c'était la pauvreté absolue. Rendus furieux par la déception et ne comprenant rien à tant de vertu, ils accusèrent les sœurs d'avoir soustrait leur mobilier, au préjudice de la nation, les firent rechercher et jeter en prison. Elles furent garrottées et emmenées au château de Torigny. De là quelques-unes reprirent le chemin de Coutances, pour passer avec les Augustines au tribunal révolutionnaire et furent enfermées en attendant à Fhôtel de Cussy. La mort de Robespierre les rendit toutes à la liberté. Plusieurs revinrent habiter auprès de la maison qui avait été la leur et recommencèrent leurs écoles chéries. Les incorrigibles! trois seulement, desquelles deux sœurs converses, prêtèrent le serment.
A Torigny, dont nous venons de prononcer le nom, il y avait une abbaye de Cisterciens, qui ne comptait plus que quatre religieux, dont deux se marièrent ; on ne dit ni mal ni bien des deux autres ; et une abbaye de femmes du même ordre, nombreuse, régulière, fervente même. Chassées de leur maison, les religieuses se conduisirent dans le monde de la façon la plus édifiante, à Texception d'une seule. Neuf subirent l'emprisonnement.
Le diocèse comptait cinquante-neuf prieurés, mais sans religieux désormais, sauf les prieurés-cures, et devenus des fermes avec une chapelle encore debout. Il comptait quatre ermitages, aussi debout, mais sans ermites.
La cathédrale de Coutances avait un revenu d'environ quatre-vingt mille livres. L'édifice contenait trente-six chapelles : T en commençant par le côté du nord près le portail, chapelle de la Sainte-Trinité, avec deux chapelains, un dit de Saint-Eutrope, et l'autre de la Sainte-Trinité; 2^ chapelle du Saint- Esprit avec un second titre, dit des Saints-Docteurs, l'un et l'autre à la nomination de révêque ; 3^ chapelle Saint-Romphaire ; elle appartenait aux enfants de chœur; 4** chapelle Saint-Barlhélemi, à la nomination de l'évêque; 5° chapelle Saint-Martin, dite plus anciennement de Saint-André, à la nomination de l'évêque; 6^ chapelle Saint-Martin, à la nomination de l'évêque; 7^ chapelle Saint-Georges-le-Vieux, à la nomination de l'évêque ; 8« chapelle Saint-Nicolas, qui avait servi d'église paroissiale aux habitants de Saint-Nicolas, avant que le chapitre ne leur eût fait construire une chapelle pour leur usage au lieu où est maintenant l'église, et ne les eût contraints par voie de justice d'aller y
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entendre l'office, parce que leurs cérémonies troublaient Tordre des offices et des cérémonies de la catiiédrale. Deux chanoines étaient chargés de la desserte de la première, et se trouvaient ainsi curés de la paroisse, ce qui nuisait également à raccomplissement de leurs devoirs canoniaux. On lit dans la seconde, la troisième, la quatrième et la cinquième : Jean d'Essey, évêque de Coutances, a doté cette chapelle. 9^ chapelle des Vicaires, dans le transept; elle appartenait en commun aux vicaires du maltre-autel ; 10^ chapelle Saint- Sébastien, autrement dite de Saint-Thomas, martyr, dans le transept. Le chapelain officiait aux processions qui avaient lieu le lundi après matines. ii^ chapelle de Tous-les-Saints, dans le transept; 42° chapelle Sainte-Agathe, dans le transept. Le chapelain présentait à la précédente alternativement avec révoque. 13° chapelle Saint-Louis-le-Yieux , à la nomination de Tévêque, de l'autre côté du transept, mais adossée au mur. Elle avait un second titre, dit de Saint-Eloi. Ou plutôt, elle avait été réunie à celle de Saint- Eloi, au xyf siècle, lors de l'ouverture de la porte qui donne maintenant accès au vestiaire et qui alors était à Tusage du public ; comme la chapelle Saint-Eloi devait être supprimée elle-même cinquante ans plus tard et réunie à la suivante, pour faire place à l'escalier de la chambre du trésor, au-dessus du vestiaire. Le titre de Saint-Eloi appartenait à un ecclésiastique qui avait été six ans enfant de chœur. 1 4° chapelle Saint-Mathurin, alternative entre Tévéque et le chapitre ; 1 5° chapelle Sainte-Catherine, à la nomination de révoque. C'était une des chapellenies de Cherbourg ainsi que les deux suivantes. On se rappelle ce que nous avons dit de la collégiale de Cherbourg, dont les revenus furent transférés à la cathédrale par Hugues de Morville, avec l'assentiment de Philippe-Auguste, en dédommagement des pertes causées à celle-ci par le fait des guerres. Ils se percevaient dans les paroisses de Tourlaville, Octeville, Nouainville et Equeurdreville. 16° chapelle Saint- Etienne, à la nomination de l'évêque; 1 7° chapelle Saint-Marcoulf, à la nomination de l'évêque; 18° chapelle de la Cerclée, dite aussi des Synodes et des Enfants-de-Chœur, à la nomination de l'évêque pour les deux portions.
En redescendant du côté méridional se trouvaient : 19° la chapelle Saint-Michel; 20° la chapelle Saint-Jean-Baptiste, dite aussi des Quatre-
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Efangélbtes, quatrième chapeileitie de Cherbourg; 24^ la chapelle Sainte^ Marie-Madeleine, à la nomination de réyéqne ; 22^ la chapelle Samt-Charles> à la nomination de Tévêque; 29^ la chapelle Saint-lo, deux portions ; 2i®la chapeUe Saint-Georges, deux portions; 25^ la chapelle des Apôtres, à la nomination de Tévêque , mais destinée à un ecclésiastique qui avait été enfant de chœur ; 26° la chapelle Saint- Jean-Evangéliste ; 27® la chapelle du Sainl-Sépulcre, dans le hors-d'osurre qui se trouve à l'extrémité du transept méridional; deux portions, dont Tune était alternative entre Tévéque et le chapitre ; 28° la chapelle Notre-Daroe-de-Pitié, dans le transept méridional ; 29° la chapelle Saint-François, à la nomination de Tévèque; 30° la chapelle Sainte - Croix , alternative entre Tévéque et le chapitre; 31° la chapelle Sainte -Apolline, alternative entre Tévêque et le chapitre; 32° la chapelle Saint-Gilles, à la nomination de Tévêque; 33° la chapelle Saint-Louis-le-Jeune, à la nomination de Tévêque ; 3i° la chapelle Sainte- Anne et Saint-Ignace, réservée à un ecclésiastique qui avait été six ans enfant de chœur. Enfin deux chapelles, dites Tune de Sainte-Suzanne, Tautre de la Conception-Notre- Dame, contre les deux piliers de l'entrée du chœur.
Toutes celles dont Tévêque n'était pas collateur, demeuraient à la présentation du chapitre.
Toutes étaient fondées, c'est-à-dire possédaient des revenus en rentes ou traits de dime, à charge de services religieux ou sans charges ; lesquels revenus appartenaient aux chapelains titulaires ; et ceux-ci étaient obligés de rendre un compte annuel au chapitre de l'état des titres qui les constituaient et de l'état de perception, afin que rien ne périclitât en leurs
mains.
Les dignitaires étaient au nombre de huit : savoir, le grand chantre, quatre archidiacres, le scolastique, le trésorier et le pénitencier. La trésorerie et la pénitencerie étaient toujours unies à des canonicats. Les archidiacres n'étaient point chanoines, ils n'avaient que séance et rang dans le chœur et dans l'église.
La chantrerie conférait le patronage et les dîmes de Blainville ainsi qu'un fief dans la même paroisse. L'archidiacre de la Chrétienté avait la prébende de Besneville, consistant dans Içs deux tiers des dîmes, et de plus une
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pension sur les déports. L'archidiacre du Bauptois, la prébende d'UryilIe,
une portion des déports et ses droits de visite ; mais la prébende-patronage
d'Urville était onéreuse^ car le prébende n'avait pas les dîmes et était chargé
de plusieurs redevances, telles que de pourvoir à l'entretien d'un vicaire
dans la paroisse. L'archidiacre du Yal-de-Vire avait les déports et ses droits
de visite. L'archidiacre du Cotentin était seigneur-patron de Crasville; il
jouissait d^ la moitié des dîmes de la paroisse, d'un tiers de celles d'Tvétot,
d'une portion des déports et de ses droits de visite. L'écolâtre avait les deux
tiers des dîmes du Mesnil-Aubert ; le trésorier, celles d'Equeurdreville et
quelques rentes. Le pénitencier était de plein droit seigneur, patron et curé
de Saint-Louet-sur-Sienne.
Les quatre archiprétres de Sainte-Marie-du-Mont, d'Ouville, d'Agon et
de Soûles étaient mis en possession par leurs archidiacres respectifs, mais devenaient aussitôt exempts de sa juridiction , ayant eux-mêmes juridiction et officialité dans leur paroisse, La cure n'était point sujette au déport; c'est-à-dire qu'ils entraient en jouissance du revenu à partir du jour de 'l'installation. A titre de premiers curés du diocèse, ils marchaient immédiatement avant l'évêque , , lorsqu'il entrait au synode , et avaient droit de l'accompagner à l'autel en habits sacerdotaux aux cinq fêtes pontiflées.
La procession sortait du chœur dans l'ordre suivant après l'aspersion de l'çau bénite : un enfant de chœur portant le bénitier, deux céroféraires, deux thuriféraires, la croix de procession portée par un diacre, deux sous-diacres portant les textes sacrés, puis deux diacres, dont un devait être chanoine ainsi qu'un des sous-diacres, deux prêtres revêtus de la chasuble, qu'ils tenaient soulevée de leurs mains jointes sur la poitrine, les quatre archiprétres, pareillement revêtus de leurs habits sacerdotaux et se tenant de la même façon, le grand chantre et les deux choristes en chapes de soie. Le clergé venait à la suite sur deux lignes, les moins dignes les premiers ; les chanoines étaient revêtus de chapes de soie depuis Pâques jusqu'à la Toussaint et de chapes de drap noir, ou manteaux de chœur, pendant le reste de l'année. Enfin venait l'évêque célébrant , précédé de ses quatre archidiacres accompagné de deux acolytes tenant leurs cierges et suivi de son chapelain