‹ Histoire du diocèse de Coutances et AvranchesChapitre 54 sur 191 · CHAPITRE XXVllI. STATISTIQUE ET RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVllI. STATISTIQUE ET RÉSUMÉ

Puis dans la nef, appuyées aux piliers et faisant face au crucifix central, les autels Sainte-Suzanne et Saint-Eutrope ; sous la perche du crucifix, les autels Saint-Georges et Saint-Thibault.

Le chœur occupait dix travées, juste la moitié de ta longueur de l'église ; la chaire, adossée au cinquième pilier de la nef, avait succédé à un jubé central, construit par Louis de Bourbon, et démoli en 1729. Le sanctuaire était enfermé dans des murailles de pleine maçonnerie; mais qui avaient été construites plus récemment comme moyen de consolidation : nous verrons bientôt le résultat de la suppression de Tune d'elles.

Sous le pavé du chœur étaient les sépultures, au-devant de Tautel, de Guillaume de Sainte-Mère-Eglise, de Guillaume de Tolmé, d'Augustin le Cirier et de Charles Vialart ; devant le trône de l'évêque, celles de Martin Pinard et de Jean Boucart. Augustin le Cirier reposait sous une table de bronze, et Jean Boucart sous une dalle de marbre blanc.

Le palais épiscopal, situé à l'orient de la cathédrale et en retour avec le chœur, était une œuvre plus riche qu'élégante du xv* siècle, due à l'évêque Louis de Bourbon. Sa côtière orientale repose sur le mur de la ville, et est soutenue par de hauts contre-forts ; Louis XIV céda le fossé à Gabriel de Boisiève, pour en faire un étang. Aujourd'hui l'édifice a perdu son caractère et la plus grande partie de sa grâce, en perdant ses toits aigus, ses lucarnes à pignons fleuronnés et bosselés en écussons , et la girouette effilée de la tourelle de l'escalier.

Comme toutes les résidences épiscopales, l'évêché d'Avranches avait sa chapelle, puis, à l'écart, une seconde chapelle, dite de l'officialité et du petit évêché, et les deux chapelles souterraines de Saint-Jean-Baptiste et de Saint- Eioi. Une belle salle capitulaire avait été détruite par les protestants en 1563, et la salle des synodes, écrasée par l'artillerie royale au temps de la Ligue- Les prêtres, les abbés, les prieurs, les religieux devaient se présenter au synode à jeun et rasés; les doyennés d'Avranches, de Genêts, de Tirepied se réunissaient, à un premier son de cloche, à Notre-Dame-des-Champs ; ceux deMortain, de Saint-Hilaire et de Cuves, à Saint-Gervais, avec croix et bannières ; un second son marquait le moment du départ pour la salle synodale.

424 HISTOIRE DU DIOCiSB DE COUTANGES ET AVRAIfGHES.

Les prêtres devaient être en surplis, les abbés en chapes de soie, les religieux sous rhabit de leur ordre.

Le chapitre, l'un des plus pauvres du royaume, se composait de vingt membres, dont six dignitaires. Aux chanoines étaient adjoints pour le service divin un sous-chantre, vingt-huit chapelains et six vicaires du maîtreautel. Le revenu total de ce nombreux clergé ne dépassait pas dix-sept mille cinquante livres. Le décanat était la première dignité; la chantrerie la seconde.

Les chanoines portaient le nom de leur prébende, et les prébendes s'appelaient de Pontaubault, de Braffais, de Plomb, de Yilliers, de la Godefroy, de Tanis, de Noirpalu, d'Agon, de Rouffigny, de Saint-Gervais, de Saint-

Oven, de Saint-Jean-de-la-Haize, de Binthin, de Montceaux, de la Lande, de Hautmanoir, de Saint-Léonard. La prébende de Pontaubault ne rapportait que soixante-onze livres. Le décanat, la chantrerie et le préceptorat avaient leurs revenus propres : le décanat valait sept cents livres.

Page 1