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CHAPITRE XXIX

LA REVOLUTION. — L'EgLISE CONSTITUTIONNELLE.

Les états-généraux se réunirent au palais de Versailles le 5 mai 1 789 ; mais les députés apportaient de tout autres idées que celles qui avaient été l'objet de leur convocation : le roi leur demandait les moyens de combler un déficit dans les finances ; eux rêvaient l'organisation de la France en de nouvelles et difiérentes conditions. Le clergé lui-même, nous l'avons vu, demandait une constitution ; c'est par lui qu'il fut commencé.

La cour avait besoin des états, et elle leur parla avec une hauteur à la Louis XIV qui les offensa, tel fut le début ; les états se sentant nécessaires et les plus forts, puisque la nation était derrière eux, ne mirent pas de bornes à leur audace.

Le 1 7 juin, ils se déclarèrent Assemblée nationale; le 20, les membres s'engagèrent par serment à ne pas se séparer avant d'avoir donné une constitution à la France. C'est ce qu'on appelle le serment du Jeu-de-Paume.

La royauté, ainsi vaincue et surpassée, était encore la plus puissante par le prestige de ses armes ; il fallait donc lui opposer une puissance supérieure, indomptable : ce fut le peuple. On lui fit faire le premier essai de sa force le U juillet par la prise et la démolition de la Bastille, aux yeux de la cont et de l'armée. La cour n'avait osé empêcher, même en lançant un régiment ; elle

n'osa pas punir. Dès lors, royauté et nation se trouvèrent à la discrétion des meneurs : c'est-à-dire de ceux qui aspiraient à une révolution totale et radicale même par le fer et le feu.

Nous ne suivrons pas dans sa marche ce char redoutable destiné à broyer

tout; mais il nous semble bon d'indiquer sommairement les principaux

décrets relatifs à la religion et au clergé, afin que le lecteur puisse se rendre compte plus aisément de l'enchaînement des événements que nous rapporterons.

1 3 août 1 789 : Suppression des dîmes , avec promesse de pension aux ministres du culte qui se trouvaient atteints par le décret.

2 novembre : Sont déclarés propriété nationale , les églises , presbytères, chapelles, aumônes et autres biens immeubles, afin d'en distraire tout ce qui n'était pas nécessaire à l'entretien du culte, et, sur cette hypothèque, d'emprunter de l'argent pour combler le déficit; ce qui se fit le 49 décembre par la création d'un papier monnaie, nommé assignats territoriaux.

15 janvier 1790 : La France est divisée en quatre-vingt-trois départements, avec abolition de l'ancienne division par provinces.

i février : Les membres de l'Assemblée prononcent le serment suivant :

« Je jure d'être fidèle à la nation, à la loi, au roi, et de maintenir de tout mon pouvoir la constitution (qui sera) décrétée par l'Assemblée nationale» acceptée par le roi. »

C'était s'engager k un redoutable inconnu : aussi beaucoup de députés du

clergé sortirent de la salle, beaucoup d'autres mirent des réserves relatives

aux droits et à l'autorité de l'Eglise et de son chef. Le 13, suppression des vœux monastiques.

Le 7 juin, le nombre des évêchés et des métropoles est réduit conformément au nondire des départements.

Le 21 , abolition de la noblesse.

Le 12 juillet, l'Assemblée décrète la constitution civile du clergé.

Le 24, un nouveau décret vise le premier et le rend définitif. Le roi donna sa sanction le 24 août.

Par cette constitution, tout l'ordre hiérarchique était renversé, toute suprématie abolie, toutes les règles, lois et décrets de l'Eglise, anéantis, tous les jugements disciplinaires des supérieurs envers les inférieurs, sans force et sans puissance. Les évèques et les curés étaient élus par des

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