‹ Histoire du diocèse de Coutances et AvranchesChapitre 57 sur 191 · Le mariage est déclaré un acte purement civil · texte numérisé non relu

Le mariage est déclaré un acte purement civil

14 septembre : Le costume religieux est aboli, et son port interdit par toute la France.

27 : Le serment est rendu obligatoire pour les évêques, les curés et autres fonctionnaires de l'ordre ecclésiastique sous peine de perte d'emploi. On le Toit : le saint ministère est devenu emploi et fonction civile.

Alors commence l'émigration des prêtres en pays étranger ; non de tous, mais de ceux qui se croient plus clairvoyants, avec l'espoir d'un retour prochain et triomphant, car les armées des princes et des nobles qui se formaient â la frontière, allaient remporter de belles victoires sur les révolutionnaires ; €t, au besoin, les puissances de l'Europe allaient, croyaient-ils, se lever, et Tenir rétablir l'ordre en France.

(1) Nous exposerons avec plus de détails cette constitution.

128 HISTOIRE DU DIOCàSE DE G0UTANGB8 ET AVRAIfCHES.

Une foi sincère et vraie animait ces bons prêtres, un espoir inconsidéré les décevait.

27 novembre : Décret, sanctionné le 26 décembre, qui ordonne de punir « comme perturbateurs du repos public, les évoques, curés et vicaires qui, n'ayant pas fait le serment, continuent cependant les fonctions attachées à leurs titres. »

Et quant à ceux « qui» après l'avoir fait, viendraient à le rétracter, ils seront déchus du titre de citoyen et poursuivis juridiquement. » Dès lors la persécution commence. L'émigration augmente ; les sommités du clergé en donnent l'exemple.

4 janvier 4791 : L'Assemblée exige le serment séance tenante « sans explication, restriction ni préambule » de ses membres ecclésiastiques là présents. Ils refusent.

13 : Décret qui ordonne de procéder à des élections d'évéques et de curés partout où il est besoin, conformément à la loi et à la constitution civile du clergé. Confirmation du même décret le 26 et destitution prononcée contre tous les ecclésiastiques insermentés.

3 mars : Décret qui ordonne de porter k la monnaie les objets d'or et d'argent appartenant aux églises qui ne sont pas nécessaires au culte.

Dès lors les églises se trouvèrent réduites au plus strict nécessaire^ à ua état de pauvreté absolu. En province, des personnes pieuses ravirent au péril de leur vie quelques objets précieux ; mais beaucoup de municipalités veillèrent avec un soin effrayant à ce que rien ne fût détourné.

Cependant la cour de Rome avait les yeux ouverts sur ce qui se passait en France, et d'ailleurs les évêques ne cessaient de solliciter une décision de sa part, dans l'espoir que les bons seraient affermis et beaucoup d'égarés ramenés à la vérité.

Par un bref du 10 mars, Pie YI montra que la prétendue constitution civile du clergé était opposée à la foi et aux lois de la discipline. Le 13 avril suivant, il la déclara illégitime, nulle et de nul effet, et frappa d'interdit les évêques et les prêtres qui s'y conformeraient, ou qui accepteraient l'élection qu'elle déterminait.

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