III. — LES INSTITUTIONS RELIGIEUSES
Aussitôt qu'il fut possible aux religieuses qui avaient survécu à la tourmente révolutionnaire de reprendre .leurs anciennes observances, le plus grand nombre en profitèrent, pour se réunir par petits groupes; non plus sous l'habit religieux ni sous la règle de la clôture, les temps ne le permettaient pas, les lois de proscription n'étaient pas abrogées, le gouvernement n'aurait pu le tolérer; mais en qualité de maltresses, pour l'instruction et l'éducation des jeunes filles, ou à titre de bienfaisance^ en vue des soins à donner aux malades dans les hospices. Elles avaient laissé sous ce double rapport un vide qui était vivement regretté. L'empereur Napoléon avait ji cet égard des idées beaucoup plus larges et plus saines que son entourage, aussi accordait-il facilement les autorisations qui lui étaient demandées ; et ce lui était un prétexte dont il couvrait sa responsabilité devant les susceptibilités ombrageuses des révolutionnaires. Le costume religieux et le costume ecclésiastique ne reparurent qu'en 1816.
Dès le 12 août 1801, les religieuses de Saint-Louis, de Caen, furent appelées par la municipalité d'Àvranches à reprendre leur service auprès des malades de l'hôlel-Dieu ^*\ En 1805, un décret du 24 germinal (17 avril) mit à la disposition des Sœurs du Bon-Sauveur, à Saint-Lo, une portion de leur ancien établissement ; le surplus devait leur revenir dans la suite peu à peu et à intervalles inégaux. Le 27 mai 1807, la communauté se reconstitua et reprit un costume quasi religieux, du consentement de l'évéque.
En même temps que les Sœurs du Bon-Sauveur, c'est-à-dire en 1805 et à l'autre extrémité du diocèse, une petite congrégation de filles pieuses formées aux exercices de la vie do communauté par trois anciennes clarisses ,
(4) N'ayant pu se recruter dans la suite d'une manière suffisante, eUes furent remplacées le 90 novembre 1 807 par des religieuses de Sainl-Thomas-de-Villeneuve.