LA CONSTITUTION CIVILE DU CLERGÉ
On décida, le ti^j mars, de demander la conservation de Saint-Pierre comme église principale, et Saint-Maclon comme succursale, et la réunion de la paroisse de Proverville à celle de Bar. Le curé de Saint -Pierre fit de son côté valoir ses di*oits curiaux. Toutes ces pétitions furent rejetées.
Avant de se prononcer sur la convenance de la réunion des paroisses, les ofliciers municipaux avaient voulu savoir laquelle des trois églises, Saint-Pierre, Saint-Maclou ou Sainte-Madeleine, était la plus salubre et exigeait le moins de réparations. A cet effet, ils les firent visiter par Poterlet, architecte distingué de Châlons-sur-Mame. L'homme de Tart émit un avis favorable à Saint-Maclon, tnais la municipalité, ne voulant pas s'en rapporter à un avis unique, décida d'ouvrir un scrutin sur la question. Il eut lieu, le 3 avril, dans la chapelle des Cordeliers. Sur 5o7 votants, 48 demandèrent Saint-Maclou ; a64 se prononcèrent pour Saint-Maclou comme paroisse et Sainte- Madeleine comme succursale. Conformément au vœu de la population, TAssemblée nationale, après avoir consulté Tévéque, décréta le qi septembre que les trois paroisses seraient réunies en une seule avec Téglise Saint-Maclou, sous le nom de Sainte-Germaine, pour local. La maison du chanoine Kvers fut réclamée par la municipalité qui se proposait d'en faire le presbytère de la nouvelle paroisse. Harmand, qui exerçait les fonctions pastorales depuis la mort de Lemaaièrc, curé de Sainte-Madeleine, fut demandé à révoque comme curé, et le i8 décembre eut lieu rélectiondcs marguilliers de Sainte-Germaine. Quant à l'église Sainte-Madeleine, on la conserva comme oratoire, à charge par le curé de Sainte- Germaine d'y envoyer un de ses vicaires, pour y célébrer la messe et y faire les instructions spirituelles, mais non les fonctions curiales. Il n'était plus question de l'église Saint-Pierre. Le 6 décembre 1791, le district s'en était fait remettre les clefs par les marguilliers qui les avaient d'abord refusées,
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se sachant soutenus par les paroissiens, tous indignés de cette suppression (i).
Il n'y a qu'une église à Bar-sur-Seine, elle ne manque pas d'étendue ; mais elle a l'inconvénient d'être située à une extrémité de la paroisse. A l'autre extrémité, la chapelle de la Maison-Dieu ou Trinité servait d'église aux habitants qui ne pouvaient franchir la distance les séparant de l'église paroissiale. Aussi, quand il s'agit de supprimer cette chapelle, le conseil de la commune en demanda-t-il la conservation : ce fut en vain ; le district refusa cette satisfaction à la religieuse cité de Bar-sur- Seine.
De la commune de Yillenauxe, à l'extrémité opposée du diocèse, dépend un important faubourg, Dival qui possède une église desservie en 1790 par un prêtre résidant. Cette église, la municipalité en réclama avec raison la conservation et elle est encore aujourd'hui debout. La demande de la chapelle de la Trinité qui était sans revenus fut au contraire rejetée par l'administration.
Le bourg de Trainel avait deux paroisses: Saint-Gervais qui comptait ^Si habitants, et Notre-Dame qui n'en avait que 335. Aux termes de la loi, l'une des deux devait disparaître. La municipalité décida de réunir Notre-Dame à Saint-Gervais. Mais le curé, le vicaire et les principaux paroissiens de Notre-Dame ne furent pas de cet avis. Ils s'élevèrent auprès du comité de Constitution contre la décision prise à ce sujet: « Détruire Notre-Dame ce serait contre l'intérêt commun et empêcher les vieillards, les enfants, les infirmes d'aller à l'église Saint-Gervais éloignée dans les champs. Si un malade était en danger ou une femme en couches, pendant qu'on irait chercher le chirurgien ou la sage-femme, n'auraient-ils pas le temps de mourir sans sacrements ? Ne serait-il pas injuste de nous les ôter ? Notre-Dame est la seule église commode
(i) Arcli.. L.G. 1/24.