LA CONSTITUTION CIVILS DU CLERGÉ
la Motte-Tilly se vit niainteau en possession de sa cure par le directoire de Nogeat, le 6 octobre 1790.
A Verrières, la mort du curé, Pérancy, sarveooe le 4 novembre suivant,rcndait la cnre vacante ; Cortier, vicaire de Sainte-Madeleine, en fut chargé, tout en continuant ses fonctions à Sainte-Madeleine. Sa nomination ne donna liea à aucun incident, jusqn*à ce que sur son refus du serment, il eût été remplacé (i).
La menace de suppression de plusieurs paroisses suscita de nombreuses protestations. La commune de Montrenil demanda à n*étre plus succursale de Montiéramey et à former une cure. Le moment paraissait bien choisi aux habitants de se séparer de la paroisse de Montiéramey dont ils dépendaient depuis Torigine : la loi ayant supprimé le monastère dont Tabbé était seigneur décimalear, et collateur de la cure (îi).
Non seulement les i)aroissiens de la Chaise manifestérent le désir que leur église ne fût pas réuuie à une autre; mais ils réclamèrent un prêtre pour les desservir.
Le village de Mesgrigny ne formait qu'une annexe où le curé de Châtres venait dire très rarement la messe (3). Les religieux habitants auraient voulu avoir le culte régulièrement établi dans leur église. Mais pour cela, il fallait un desservant. Ils n'hésitèrent pas à en faire la demande le 10 novembre 1790, en la motivant sur leur éloignement de Téglise de Châtres (4). Mais elle ne fut pas prise en considération.
Par contre l'administration accueillit la requête de plusieurs paroisses, telles que Ville-au-Bois-les-Vendcuvre, Crésantigncs, Javernant, Vauchonvilliers, Lassicourt et Molins demandant à être conservées en cures. Le hameaa
(i) Arch.. L. V., i5o5.
(2) Arch., L. V., i6u5.
(4)Arch.,L. G. t/36.
NOUVELLES CURES Stô
de Voves exprima le désir d*étre réuni à la paroisse de Valides, moins éloignée que celle de Saint Thibaut. La Rivière-de-CSorps représenta la nécessité d'un prêtre pour desservir la chapelle de Saint-Hippolyte. Assencières, Dierrey-Saint-Pierre, les Noës, formèrent le vœu de voir leur église conservée comme cure ; Montgueux, Thuisy et Voué qui n'étaient que des succursales essayèrent de se faire ériger en cures. Montceaux n'était qu'un binage de Vaudes. Gomme il y avait 36o habitants avec le hameau de Serre, la municipalité réclama un desservant le 3 février. Le même jour, Villenauxe émit sans succès le vœu d'avoir un second vicaire. Le même jour encore, les habitants de Trannes envoyaient une requête tendant à ce que les communes voisines ne fissent qu'une paroisse avec la leur. Ceux de Saint-Loup de Bufligny ne voulaient plus dépendre de Ferreux, mais avoir un curé en titre. Chaumesnil désirait être conservé en paroisse comme par le passé. Une pétition des habitants de Chamoy tendait à l'érection de cette succursale en paroisse curiale : elle fut rejetée (i).
C'est à l'autorité civile et non à l'autorité ecclésiastique qu'étaient adressées ces demandes ; mais Ton aurait tort de s'étonner de cette interversion des rôles ; car les fidèles, même les plus attachés à leur église, subissaient alors le joug de l'Etat, lequel prétendait que c'était à lui et non à l'Eglise, aux agents civils et non aux ministres du culte, à ériger les paroisses, à en déterminer les limites, à étendre ou resserrer le territoire, sous prétexte que ces choses là étaient temporelles. Quel singulier temporel que le changement d'un évêque en curé, la suppression des titres ecclésiastiques existants, la création de titres nouveaux et l'organisation hiérarchique des pasteurs ; mais, à cette époque, les législateurs de la France, pour ne pas dire de l'Europe, avaient à leur usage particulier des principes
(1) Arch., L. V., i6o5. et L. G. i/36 et 87.