LA CONSTITUTION CIVILE DU CLBROÉ
qui ne sont pas encore complètemèat usés ; leur logique était celle dont les gouvernants actuels ont trouvé plus d*une fois commode de se servir.
Un de ces principes était qu*une paroisse ne doit pas avoir une trop grande étendue, mais qu'il y aurait aussi beaucoup d'inconvénients à en renfermer le territoire dans des bornes trop étroites. « Dans nos petites paroisses de campagne, disait-on, il n*y a et il ne peut y avoir qu'un veul ministre des autels, et cet unique ministre n'est point sufRsamment occupé. Privé de toute société et consumé d'ennui, il est absolument tenté de s'absenter de sa paroisse. D'ailleurs, le service divin s'y fait sans dignité et même sans décence. Qu'on étende le territoire des paroisses, qu'on donne aux curés des vicaires, autant que les circonstances le demanderont, et on remédiera à tous ces inconvénients. Les peuples seront mieux servis, mieux instruits ; les offices divins célébrés avec plus de majesté. Les ministres des autels, surveillés les uns par les autres, se respecteront davantage et seront plus respectés. » En vertu de cette théorie, il fut d'abord décidé que toutes les paroisses de campagne, qui ne sont pas éloignées des villes et des bourgs de plus de trois quarts de lieue, y seraient réunies. Mais on eut le bon sens de revenir sur une décision aussi absolue, aussi funeste aux habitants des campagnes dont les cahiers demandaient bien plutôt l'érection que la suppression de quelques paroisses, et on se borna à décréter que les assemblées administratives, de concert avec l'évêque diocésain, désigneraient les paroisses, annexes ou succursales de villes et de campagnes qu'il conviendrait de resserrer ou d'étendre, d'établir ou de supprimer, d'après ce qu'exigeraient les besoins des peuples, la dignité du culte et les diflérentes localités.
Le directoire de Nogent projeta, en conséquence, la réunion de Périgny-la-Rose à Villeneuve-au-Châtelot, et celle de Villeneuve- aux-Riches-Hommes et de Charmesseaux à Trancault. Peut-être, disait-on, sera>t-il bon que
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le caré de Trancaalt eilvoie un vicaire dans Tune on Tantre de ces dessertes. Cbarmoy, qui d^aiileurs n^avait point de presbytère, devait être supprimé et réuni à Fay. On voûtait encore annexer Fontenay-de-Bossery à Gumery, La Chapelle-Godefroy à Nogent, Gôurceroy à la Motte-Tilly, Bercenay-le-Hayer à Bourdenay, Saint-Fiavit à Marigny, Belleyilleà Prunay, Saint- Loup-de-Bufiigny à Ferreux, le Plessis-Gfttebledàla Louptièi*e» Bouy-sur-OrvinàSoligny, Dierrey-SaintrJulien k Dierrey-Saint-Pierre, que Ton pourvoirait d*un vicaire. La réunion de Saint-Loup de Buifigny à Ferreux était celle qui devait contrarier le plus le vœu des habitapts qui, nous Tavons vu, avaient demandé, dès le mois de septembre 1790, à avoir un prêtre résidant. Seules les succursales de Dival et de Saint- Hilaire trouvèrent grftce aux yeux du district qui décida de les conserver (i).
Les curés de la campagne qui avaient un vicaire se voyaient menacés de le perdre, aucun traitement n'étant afiecté à cet auxiliaire parfois indispensable. Les paroissiens d'Avirey-Lingey firent une pétition pour conserver celui qui aidait leur curé. Comme on va le voir, les raisons invoquées étaient de valeur :
c Nous, ofBciers municipaux, notables et habitants d'Avirey et Lingey, même paroisse, assemblés extraordinairement en la manière accoutumée, et après avoir pris en considération notre commun bonheur, le bonheur encore qui nous est cher à bien des titres, de notre curé actuel, avons Thonneur, Messieurs, de vous représenter qu'il est de notre plus essentiel intérêt, parce que c'est un intérêt religieux, de conserver M. le vicaire qui, depuis plusieurs années, est coopérateur dans notre paroisse jusqu'à présent, à la seule charge de Monsieur le curé, valétudinaire, mais effort devenu pour ce dernier trop onéreux, impossible même dans les circonstances ; paroisse
(i)Arch«,L.D.6/i.