LA CONSTITUTION CIVILE DU CLERGÉ
d*ailleurs très nombreuse, notanimeDi composée de deux villages distincts et séparés, dont conséquemment l'exacte desserte est évidemment au-dessus des forces de notre pasteur, à raison de son âge, de ses infirmités et de ses longs travaux.
« Daignez, Messieurs, vous les sages et éclairés dépositaires des ressources nationales, ne pas refuser cette grftce à des patriotes zélés, la plus précieuse que vous puissiez nous accorder, la plus digne aussi de toute notre recon naissauce. »
Le curé lui-même unit sa prière à celle de ses ouailles. Il écrivit, en effet, au district le 218 novembre :
« Messieurs, j*ai Thonneur de vous demander une grftce : de me permettre de joindre ma propre requête à celle de mes paroissiens. J'ose le dire ; elle a moins pour objet ma satisfaction personnelle que ces grands, ces essentiels devoirs dont, en qualité de curé, je suis comptable à la religion et à la patrie tout ensemble.
« Quels noms pour de sages administrateurs, des administrateurs éclairés, et combien ils m'inspirent de confiance ! Il y a longtemps que j'exerce le saint ministère Parvenu enfin à l'âge de plus de soixante-quatre années, je sens que mes forces ne répondent plus à l'importance de mes obligations, peut-être à mes plus sincères désirs. Que dis-je ? Dès Tannée 1786, je me suis vu obligé de m'associer un coopérateur, surcharge très onéreuse que j'ai pu supporter jusqu'à présent, mais qui excède aujourd'hui mes facultés ; déjà elle m'accable.
« Daignez, Messieurs, je vous en supplie, venir au secours de ma faiblesse ; daignez me mettre en état de conserver le jeune ecclésiastique auxiliaire qui est actuellement mon commensal, mou ami, et dont les travaux, heureusement combinés avec les miens, allègent le fardeau qui m'est plus singulièrement imposé.
« A cet effet, je ne craindrai pas d'invoquer votre
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humaiiité, votre justice, votre sollicitude pour le maintien du bon ordre, votre zèle pour l'avantage commun d'une nombreuse paroisse qui renferme plus de 600 communiants, paroisse d'autant plus exerçante qu elle est composée de deux villages distincts et séparés, presque égaux en population.
« Je ne craindrai même pas de réclamer jusqu'à votre commisération pour un citoyen ministre des autels, trop communément valétudinaire, victime naguère d'une maladie désespérée, à peine échappe au tombeau.
« Si vous ne lui tendiez pas une main favorable, il achèverait donc nécessairement sa pénible course, ou dans le sein d'une affreuse misère , en continuant seul un effort raineux devenu impossible, ou dans la désespérante impuissance de s'élever seul au niveau d'une multitude de devoirs si précieux néanmoins à la religion et à la patrie (i). »
Le département eut la sagesse de conserver le vicaire d'Avirey ; pourquoi faut-il que les électeurs du district aient six mois plus tard fait de ce prêtre un curé de Ghaource et laissé ainsi seulle curé d'Avirey, incapable de remplir les pénibles fonctions de son ministère ?
Tels sont les changements, disons mieux, les troubles oausés par le décret du 12 juillet 1790 dans le diocèse de Troyes; hfttons-nous d'ajouter que ce n était, hélas ! que le commencement des maux qui allaient fondre sur l'église de Troyes, et dont il nous faut aborder le récit; mais avant de terminer ce chapitre sur les effets de la Constitution civile par rapport aux cures et aux paroisses, il nous parait ntile d'énumérer celles qui furent empruntées aux diocèses voisins pour former le département de l'Aube.
(I) Aroh.,V.,4o4i.