‹ Histoire du diocèse de Troyes pendant la RévolutionChapitre 137 sur 201 · DEUXIÈME CANTON DE TROTE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME CANTON DE TROTE

jurer purement et simplemeot, le faible vieillard ait révoqué cette réserve qui lui faisait le plus g^nd honneur? Christophe Besamat, curé de Montgueuz, Claude Regnauld, curé de Torviliiers, Edme Doublet, curé de Saint-Martines- Vignes et Pierre Doublet, son vicaire, jurèrent avec restriction. Aucun d*eux n*ignorait que cette réserve annulait leur serment, c'est-à-dire une fois pour toutes, que les curés qui ajoutèrent à la formule imposée par TAssemblée nationale des termes restrictifs entendaient rejeter la Constitution civile et rester fidèles à leur devoir de ministres de TEglise catholique. Le discours du curé de Torvilliers, expliquant son serment, mérite d'être mis sous les yeux de nos lecteurs. Non-seulement Regnauld le prononça tel que nous le reproduisons, mais il Tenvoya au directoire du district, afin que Ton ne pût se méprendre sur son orthodoxie :

« Je soussigné, curé de la paroisse de Torvilliers» dominé par Tunique ambition de remplir mon devoir et de satisfaire à ma conscience, soumis d'esprit et de cœur aux puissances temporelles qui gouvernent le royaume de France, convaincu que résister aux puissances serait résister à Tordre que Dieu lui-même a établi, fortifié de plus en plus dans les sentiments de soumission que j'ai toujours préchée et dont je n'ai cessé de donner Texemple, pénétré du respect et de l'obéissance que Dieu m'ordonne de porter aux puissances civiles indépendantes et souveraines pour les objets civils et politiques et pour régler les droits temporels des citoyens, je montrerai toujours et je prêcherai toujours respect et soumission à Tordre public; mon ministère sera toujours consacré, comme il le doit être, à procurer et à affermir la paix, Tordre, l'obéissance k Tautorité de l'Assemblée nationale et à celle du roi chef suprême de la nation ; j'empêcherai de tout mon pouvoir ^out ce qui pourrait être contraire à la paix et à Tordre ; ^e serai toujours ennemi de toute faction et de tout trouble. Je fais aujourd'hui devant Dieu, en présence des

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fidèles de ma paroisse, le serment de vivre et de mourir dans ces sentiments et de les manifester dans tonte ma conduite. Je jure, comme pasteur de TEglise catholique de veiller avec soin sur les fidèles de la paroissse, qui m est confiée. Je jure, comme citoyen français, d*être toujours fidèle à la nation, à la loi et au roi, de maintenir de tout mon pouvoir, en tout ce qui est de Tordre civil et politique, la Constitution décrétée par TAssemblée nationale et acceptée par le roi, exceptant formellement les objets qui dépendent essentiellement de Tautorité spirituelle »,

Le 3o janvier et le ao mars, le curé de Montgaeux avait tenu à ses paroissiens un langage à peu près identique ; mais il se laissa aller, un peu plus tard, à une soumission absolue au décret du Q7 novembre et il doit être compté parmi les jureurs.

Voici le texte du serment du curé de Saint-Martin.

« Je promets avec serment d*ôtre fidèle à la nation, à la loi et au roi.

« Quant à la Constitution civile du clergé, je me soumets à ce qui, pour Tordre civil et temporel, a été décrété par TAssemblée nationale et sanctionné par le roi. Quant è ce qui peut toucher au spirituel, je me soumets à ce qui sera réglé par le concours des deux puissances temporelle et spirituelle et sanctionné par le roi.

(( Je promets, moyennant la grâce de Dieu, de veiller sur la partie du troupeau de Jésus Christ quinrest confiée, de continuer de Tinstruire dans les principes de TEglise catholique, apostolique et romaine, et de Tédiûer par la sagesse de ma conduite ».

Le serment du vicaire était conçu en termes équivalents : « Je proments une fidélité sincère à la nation, à la loi et au roi. Je me soumets de plus à la Constitution décrétée par TAssemblée nationale et acceptée par le roi, à Texception formelle des objets qui dépendent de Tautorité spirituelle de TEglise ; quant à ce dernier objet, je

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