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prumit de jarer, quand il serait de retour ; mais, quatre jours après son départ, il envoya sa démission, et n'eut pas à accomplir un acte que réprouvait sa conscience. L'un des insermentés, Girardin, était un vieillard de près de quatre-vingts ans Mais dans un corps usé, il avait une âme grande et forte. Un de ses neveux le menaça plusieurs fois de le tuer, s*il n'acceptait pas la Constitution civile : rien u y fît ; le bon prôtre, comme un nouvel Eléazar, resta inébranlable.
Peut-être les curés de Bergères et de Voigny se soumirent-ils en apparence au décret du aj novembre. Le procureur syndic du district dit à ce sujet : € Les curés de Bergères et de Voigny m'avaient produit dès actes desquels il résultait qu'ils avaient fait le serment prescrit par la loi et, taut qu'ils ont eu l'espoir de conserver leur ancien prélat, ils ont été modérés ; mais Tévêque du département était à peine intronisé, qu'ils ont manifesté des sentiments qui ont révolté ceux-mêmes de leurs paroissiens qu'ils voulaient entraîner dans leur parti (i).»
Le régent du collège de Bar, Philippe Louchard, clerc tonsuré, jura avec restriction, et son serment fut annulé. IjC curé de Champignol et son vicaire avaient juré purenient et simplement le 6 février ; mais dès le a5, ils se rétractèrent par des changements et des restrictions qui les firent considérer comme réfractaires. Eu prêtant son serment, le curé de Goloinbé-le Sec déclara jurer, sauf les droits de l'Eglise qu'il se réservait de maintenir. Le curé de Lignol dit qu'il exceptait de son serment les objets qui dépendent de l'autorité spirituelle.
A la formule obligatoire le curé de Ville-sous-Laferté ajouta qu'il jurait de vivre et de mourir dans la foi de sa religion, qu'il était soumis au Souverain-Pontife et aux évêques, en ce qui regarde le gouvernement spirituel de PEglise.
(i) Arch.,L. V., 1697.
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Edme-Joseph Aoberi, desserrant de JoTapcoiirt, fat le seul do cantoQ de Bar-sor-Aobe, qui refusa toute espèce de serment.
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Le canton de Brienne compta dix-sept jureurs : Antoine Vincent, curé de BéUgnicourt ; Nicolas-David Malot, curé de Dienville, et son vicaire, Pierre Maltret ; Jean Urbain, desservant d'Kpagne et aumônier du château de Blaincourt; Charles-Hubert Mérat, curé de Lassicourt ; Charles-Louis- Théodore Monnard, desservant de Lentilles (i) : Antoine Collet, curé de Lesmont ; Charles-Parfait Denis, curé de Molins; Claude Biétrix,curé de Pcl-et-Der, et Jean-Baptiste Biétrix, son vicaire ; Guillaume (!i) Joseph Morel, curé de P récy-Notre-Danie ; Joseph Chaumonnot, curé de Radon> villiers : Nicolas Coflinet, curé de Rances ; Nicolas Poulet, curé de Rosnay, et Louis Pépin, son vic?'.ire ; François Nicolas Profîlet, curé de Saint- Léger, et Claude-Nicolas Millon, curé de Valentigny. Seul, le desservant de Lentilles déclara plus tard que, s*il avait été riche, il n'aurait pas juré.
A la date du t4 février, la défection de ces malheureux prêtres était un tait accompli. L'un d'eux, curé de Bétignicourt, en informa le Courrier de Corsas, en se plaignant que, dans tout le district limitrophe d*Arcis, les fonctionnaires publics soient infectés de libelles. Depuis quinze jours, il en a, lui seul, reçu cinq pour sa part, et franc de port. « Ne serait-il pas utile, ajoute-t-il, que votre municipalité (de Paris), par exemple, nous fit passer, aussi franc de port, quelques antidotes à ces poisons dont on nous infecte, tel que l'ouvrage de M. de la Croix.
(i) Lentilles et Montmorency faisaient alors partie du district de Bar-sur-Aube.
(a) Le curé de Précy-Notre-Dame est aussi appelé Antoine-Joseph Morcl.
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prienr des Prémontrés, saivi de la lettre de M. Tabbé Mulot, vice-président de votre commune, l'ouvrage de Tabbé Grégoire, et quelques autres écrits qui seraient capables de ramener plusieurs de nos confrères qui se sont laissé séduire par les sophismes des perturbateurs du repos public? Je me chargerais volontiers d*un certain nombre d*exemplaires, que je répandrais dans nos cantons. )» Il termine en donnant la liste des curés de son voisinage, qui en dépit de tous les libelles, de toutes les captations, suggestions, caresses, se sont empressés de prêter leur serment sans restriction. Tels sont MM. les curés de Rosnay. Yèvres, Braux-le-Comte, Aulnay, Pougy, Magnicourt, Chalette, Lesmont, « et enfin moi, Vincent, curé de Bétignicourt. Je sais que beaucoup d'autres curés se sont acquittés de ce devoir ; mais comme ils sont trop éloignés de mon domicile et que je serais fâché de risquer un mot qui ne fût pas souverainement vrai, je me bornerai à cette liste (i). »
Le serment fut refusé par Louis-Nicolas Brullart, curé de Blaincourt ; Jacques de Roussel, curé de Blignicourt ; Jean Chevauce, curé de Briennela-Vieille ; Jean-Gilles- Louis-Claude-François Geoflroy, curé de Brienne-le-Château, et ses deux vicaires, Pontien-Joseph Nemery et Pierre-Nicolas Legrand ; François-Nicolas Tapin, curé de Maizières ; Joseph Pertuisot, curé de Mathaux ; Louis- Nicolas Vouillemont, curé de Perlhes ; Etienne Mony, curé de Précy-Saint-Martin, et Pierre-Nicolas DuvaK son vicaire. Quant au jeune curé de Montmorency, Claude Baturier, il ne jura, paraît-il, qu'avec restriction. Mais ses paroissiens lui étaient tellement dévoués que, le voyant infirme et attaché à son devoir, ils imaginèrent de composer un serment, simulèrent sa signature et l'envoyèrent au directoire du district ^ En vain le digne prêtre réclama, demanda à être conduit à Troyes pour avouer
(i) Courrier des 83 départements, de Corsas, 14 février 1791 .
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qu'il D'avait pas accepté la Constiintion civile, et qu*ii était bien éloigné de le faire. Les larmes et la fermeté de ses chers paroissiens le décidèrent à céder aux démonstrations d*un si sincère attachement, et il fut regardé comme jureur par Tadministration.
Le curé de Brienne et ses vicaires déclarèrent que leur conscience ne leur permettait pas le serment demandé par le décret du 37 novembre, et renfermant, selon eux, des objets auxquels ils ne pouvaient adhérer.
Le curé de Blignicourt protesta que^ parvenu à TAge de soixante-onze ans, il ne pouvait se résoudre qu*à pratiquer ce qui était conforme à la religion catholique. Le curé de Maizièrcs jura, sous cette réserve que la Constitution ne porterait aucune atteinte à la puissance de TEglise. Le curé de Mathaux prêta son serment avec exception formelle des oV)jets qui dépendent de l'autorité spirituelle. Le curé de Précy-Saint- Martin et son vicaire exceptèrent aussi de leur serment tout ce qui appartient à la puissance de TEglise. Mais la conduite du vicaire nous autorise à croire qu'il retira cette réserve. Le curé de Perthes jura de maintenir, de tout sou pouvoir, la Constitution, en ce qui est de Tordre civil et politique.
Quelques-uns de ces prêtres, résolument attachés à TEglise, étaient avancés en âge ; leur fidélité leur valut l'admiration même de leurs successeurs intrus. Voici la note, bien suggestive, écrite par le curé jureur installé à Blignicourt à la place du curé insermenté : « L'an 1791, le vendredi i®'" juin, en vertu du décret de la sainte Constitution, Jacques de Roussel, prémontré de Beaulieu, curé de Blignicourt, a quitté sa cure pour ne pas prêter le serment de ne pas anéantir la religion de Jésus-Christ, et n'a pas craint, à lâge de soixante et treize ans, de s'exposer aux persécutions de toutes espèces (i), aux prêtres et aux fidèles de tout sexe, inviolablement attachés à la doctrine
(x) Ici manque un mot dans le texte*
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de r Eglise catholîqae, apostolique et romaiae, avec tous les évêques orthodoxes de France réunis au chef de TEglise et à la très grande majorité des hommes les plus éclairés et les plus vertueux du royaume et de tout le monde chrétien. »
A côté de sa signature, Fauteur de cette note n'aurait-il pas dû reproduire le vers du poète païen : . . . Video meliora proboqae Détériora aequor. . .
Je vois le bien, je l'approuve, et je m*attache au mal ? Canton de Soulainbs.
Dans le canton de Soulaines, il y eut douze prêtres infidèles : le curé de Ghaumesnil, Jean-Baptistc-Augustin Hacquin; celui de Colombé-la-Fosse, Jean- Baptiste-Bernard Guyot ; celui de Grespy, Jean Joseph Marchand ; celui de Fresnay, Jean Thiot ; celui de Juzanvigny, Pierre- Edme-François Dalichamp; celui de Morvilliers, Louis Lalore ; celui du Petit-Mesnil, Louis-François Vouillemont ; celui de La Rothière, Edme Drouot ; celui de Saulcy, Henri Bancelin ; celui de Vernonvilliers, Hubert Hertin; celui de Ville-sur-Terre, Alexandre Pillard et celui de Ville-aux-Bois, Louis-Joseph Bonnaire,qui n'était que depuis quelques mois installé dans sa cure, tout en résidant à Puelleniontier (i).
Thomas Pacquetet, curé de Thoi*s, ne jura pas, dit la tradition, mais par une fraude à laquelle il n'eut point de part, ses bons paroissiens écrivirent au directoire du district que le serment avait été prêté par le curé, et on le laissa tranquille. Le curé de Morvilliers eut le tort de jurer, bien que, dans son for intérieur, il condamnât la Constitution civile. Comment surtout pouvait-il dire à l'un de ses paroissiens. « Petiot,monanii, je ne prête point serment à la Constitution, et je n'ai pas peur ? »
(I) Arch.,L. V., i5ia.
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Le serment fat refusé par Antoine-Jean Niel, curé d*Eclance ; Nicolas Vouillemont, curé d*Epothéniont ; Jean-Baptiste Pesme, curé de Lévigny ; Jean-Baptiste- Jérônie Thomas, curé de Soûlai iies, et son vicaire, et son frère Louis-Marie Thomas ; et par Bernard Navarre, curé de Thil. Le curé d'Eclance et celui de Lévigny exceptèrent de leur serment tous les objets qui dépendent de l'autorité spirituelle. Le curé de Soulaines réserva formellement tout ce qui touche au dogme, à la foi et anx autres objets relevant de Tautorité spirituelle.
Canton de Vbndbuvrb.
Dans le canton de Vcndcuvre, le cuc^ d*Amance, Jean- François Poncet, jura, puis se rétracta. Les autres assermentés furent: Joseph Caillouet, curé de Bossancourt; René Jeannet, curé de Juvanzé ; Ëdme-Micliel Maucorps, desservant de La Loge-aux-Clièvres ; Ange-Pierre Daubrive, curé de Spoy ; Pierre Bailly, curé de Trannes ; Paul-Antoine Torcy, curé d*Uuienville ; Jean-Baptiste Blampoix, curé de Veudeuvre, et ses vicaires, Louis-François Millet et Antoine-Gabriel Rougeot ; François Martin, curé de La Villeneuve-au-Chêne, et Nicolas Hurpoil, curé de La Villeau-Bois.
La tradition rapporte que Texemple d'Aubert, député de Bar-sur- Aube, entraîna plusieurs de ses confrèreâ à la soumission à la Constitution civile du clergé, et elle cite le curé de Spoy comme ayant prêté serment les yeux pleins de larmes et comme par contrainte.
Ce fut le a février que le clergé de Vendeuvre fît sa déclaration relative à la prestation du serment. On nous permettra de la reproduire, telle qu'elle est consignée dans le registre des délibérations de la commune :
« Nous soussigné, Jean-Baptiste Blampoix, curé de Vendeuvre, ainsi que François Millet et Antoine-Gabriel Rougeot, vicaires de ce lieu, sincèrement attachés à la nouvelle Constitution française, au dogme et à la disci-
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pline de l'Eglise, entièrement dévoués à la loi, à la tranquillité publique et au bonheur de nos paroissiens, déclarons qu'en exécution du décret de TAssemblée nationale du 27 novembre dernier, sanctionné par le roi le 26 décembre suivant (i), et publié à Vendeuvre au prône de la messe pai*oissiale, au son du tambour, le dimanche 3o janvier, nous sommes disposés à prêter le serment prescrit par le dit décret, c*est-à-dire de jurer que je Tcillerai avec soin sur les fidèles de la paroisse qui m'est confiée^ d'être fidèle à la nation, à la loi et au roi, et de maintenir de tout mon pouvoir la Constitution décrétée par l'Assemblée nationale et acceptée par le roi. Et nous susdits, Millet et Rougeot, vicaires, nous jurons de remplir nos fonctions avec exactitude, d'être fidèles à la nation, à la loi et au roi, et de maintenir de tout notre pouvoir la Constitution décrétée par l'Assemblée nationale et acceptée par le roi ; et nous prions, en conformité du décret, MM. le maire et les ofHciers de la commune de se trouver dimanche prochain, à l'issue de la messe paroissiale de Vendeuvre, à lelTet de recevoir nos serments respectifs, d'en dresser procès-verbal et de les envoyer au directoire du district de Bar-sur-Aube, nous obligeant, en outre, à prévenir M. le maire et à lui demander la convocation du Conseil général de la commune pour le jour et l'heure indiqués ci-dessus. »
Conformément à cet engagement, le 6 février, Blamppix, après avoir célébré la messe, se tourna vers ses paroissiens et leur annonça qu'il venait avec empressement prêter le serment civique, a dans lequel, dit le procèsverbal, il a exprimé, à la grande satisfaction de tous les assistants, avec autant d'énergie que de vérité, les motifs de la soumission à la loi. » Après lui, ses vicaires prononcèrent la formule de leur serment « en bonne et due forme. »
(i) Le texte fautif porte : Sanctionné par la loi du a6 décembre.
Le serment tut refusé par Pierre Robert, curé de Bligny ; Niculas Thaboiiria, curé de Dolaneourt : Etienne Robert-Uabot, curé de Meurville, et Jean-Baptiste Burté, curé de Vauchonvilliers. Le curé de Magnifoacbard, Charles-Nicolas Mutinot, fit précéder le sien d^un préambule contenant différentes réserves. Celui de Meurville avait, le 6 février, juré purement et simplement ; mais le 6 mars, il revint sur son serment, en faisant la réserve des droits du pape et de TEglise.
Le curé de Bligny avait aussi, le 6 février, juré sans restriction ; mais le 37, il reconnut et confessa son erreur . en se rétractant.
Le curé de Dolaneourt eut-il le tort da jurer purement et simplement, après Tavoir fait avec restriction? Nous rignorons ; mais par un motif qui nous échappe, il fut maintenu dans sa cure jusqu a sa mort, le 18 septembre*! 79a. ^^^
Tout d*abord, le curé de Vauchonvilliers avait pr^ti le serment sans réserve ; quand il eut reconnu sa faute» V y apporta une restriction qui le rangea parmi les prétrf^ fidèles. '^
En résumé, sur quatre-vingt-douze prêtres considérés comme fonctionnaires dans le district de Bar-sur- A^ibe, ' soixante-huit jurèrea(||purement et simt>lement ; mais dix d'entre eux se rétractèrent.