CANTON DB BAR-SUR-AUBB
TOUS aurez déjà recueilli les premiers fruits de la Constitution ; pour moi, parce que je pourrai, d'un seul trait, mettre sous vos yeux le tableau de ceux qu'elle vous prépare ; pour nous tous enfin, parce que tous les obstacles qui s'opposent à nos travaux étant détruits, tous les ennemis de la patrie réduits au silence et à l'impossibilité de nuire, nous prendrons possession en commun des avantages d'une paix inaltérable sous la protection des lois.
« Des hommes mal intentionnés ont cherché à se servir du prétexte de la religion pour soulever les peuples ; ils ont osé publier que l'Assemblée nationale cherchait à la saper jusque dans ses fondements.
« Est-ce détruire la religion que de ramener ses ministres à la simplicité, au désintéressement de ceux qui l'ont répandue sur la terre ? Est-ce altérer la religion que de détruire les abus que le faste et l'orgueil y ont introduits ? Est-ce ébranler la religion que de réduire le nombre des évéchés à celui des départements qui constituent l'organisation de l'empire ? Est-ce enfin saper la religion que do supprimer ces institutions superflues ? Mais je m'arrête pour vous épargner la vue d'un tableau qui ne pourrait que vous afiliger.
« Jésus-Christ, mes chers paroissiens, en fondant notre sainte religion, annonçait h ses apôtres que les portes de l'enfer ne prévaudraient pas contre elle. Jamais la vérité de cette prophétie ne s'est manifestée d'une manière plus éclatante. Son triomphe dans le royaume le plus éclairé et le plus respectable de l'univers publie sa sainteté à toutes les nations. Ne vous laissez point ébranler par les calomnies de tant de personnes intéressées à noircir les intentions de TAssemblée pour conserver les abus dont ils ont vécu jusqu'à présent, et rappelez- vous sans cesse le conseil du Sauveur : Méfiez-vous, dit-il, des discours des. faux prophètes ; ils mennent à vous, couverts de la peau de V agneau, mais ils ne sont au dedans que des loups ravisseurs.
'488 LE SBRMBNT
« Les bornes d'une lettre ue me permettent pas de vous dire tout ce que mon cœur me suggère ; je unis en vous assurant des vœux sincères que je forme pour le bonheur de tous. En remettant le certifîcat ci-joint à M. le vicaire pour en faire la publication, vous me ferez plaisir de lui recommander de faire à la paroisse lecture de la présente qui doit être, pour tous les individus qui la composent, un gage assuré de la tendre aifectiou avec laquelle je suis à jamais votre pasteur, votre frère, votre ami (i).
« AuBERT, curé de Couvignon. »
Le curé de Baroville nous semble inscrit à tort parmi les jureurs, car il avait promis d'être soumis toute sa vie aux puissances temporelles et spirituelles. Cette restriction lui permit, du moins, d'ajouter à sa signature, dans les actes de catholicité, le titre de « curé légitime de Baroville, diocèse de Langres, M^ César-Guillaume de la Luzerne, évêque. » Il se donne même, à la fin de quelques actes, comme a curé uni au sein de la vraie Eglise catholique, apostolique et romaine. »
Edme-Vincent Rivière, desservant de Sainte-Germaine, et Augustin Mutinot, aumônier du Saint-Esprit, donnèrent leur démission le 3 février, pour n'avoir pas à souiller leur conscience par le serment.
Les prêtres qui refusèrent ce serment ou ne le prêtèrent qu'avec restriction furent : Nicolas Pidansat, curé de Bergères ; Louis Lesœure, curé de Champignol, et son vicaire, Nicolas Hérault; Bénigne Noruiant, curé deColombé-le-Sec; Antoine Gérard, desservant de Fontaine; Charles-Gaspard ' Jourdain, curé de Lignol ; Jean Bresson, curé de Longchamp ; Charles Girardin, curé de Ville-sous-Laferté ; et Nicolas-Louis Aubert, curé de Voigny. Pierre- Antoine Verdin, aumônier de l'hôpital Saint-Nicolas de Bar-sur- Aube, fit un voyage dans sa famille, de façon à être absent le 6 février, jour fixé pour la prestation du serment ; il
(I) Arch.,L. V.,i5o5