‹ Histoire du diocèse de Troyes pendant la RévolutionChapitre 150 sur 201 · CANTON DE BAR-SUR-SBINE · texte numérisé non relu

CANTON DE BAR-SUR-SBINE

esseotiellement de rautorité spirituelle. Mais cette réserve l3ur parut iosuflisaute, et taut en son nom personnel qu'au nom de ses vicaires, le courageux curé fournit à ses paroissiens Texplication de sa conduite dans le discours suivant, Tune des plus éloquentes professions de foi que •nous ait léguées le clergé de la Révolution.

« Je dois, ainsi que tous les fonctionnaires publics qui prêtent serment, rendre raison des motifs qui me dirigent ; dans la crainte qn'il ne m*échappe quelques mots qu'on puisse mal interpréter, j'ai pris le parti de ne rien dire par mémoire, et pour preuve de la droiture de mes intentions, je donnerai copie de ce que je vais dire à messieurs de la municipalité. ^

« yoi conscience est la règle des actions de Thomme ^ droit ; je dois donc suivre, dans ma conduite, le sentiment Ij^ d tjiia conscience ; et je ne suis coupable, ni devant Dieu, 1^ Chr''^vant vous, en le suivant, puisque ma conscience est i|l^VK%^ mière loi que je dois suivre.

f i^^ .«^'homme est libre par droit de nature, mais tout

? '-SUuve qu il est, il est né pour vivre en sdl^té. Toute société

^ a des lois ; il doit donc, pour le bon ordre, s assujettir à

obéir aux lois de la société dont il est membre et dont il

dépend.

« Nous sommes Français depuis bien des siècles. La France est gouvernée par deux puissances, l'une temporelle, l'autre spirituelle. Dieu, qui a toute puissance dans le ciel et sur la terre, na pas voulu nous gouverner immédiatement par lui-même ; il a voulu nous gouverner par ces deux puissances, et confier aux hommes Tadministration de son double royaume. Il a établi la puissance temporelle avant Jésus-Christ; mais Jésus-Christ, Dieu lui-même^ étant venu sur la terre, a établi la puissance spirituelle, en formant son Eglise, que nous appelons la société des fidèles.

« La puissance temporelle et la puissance spirituelle ont donc été établies de Dieu ; elles sont donc légitimes,

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absolues, indépendantes ; autrement, elles ne seraient pins puissances ; cependant, parce que le spirituel a des rapports avec le temporel, elles doivent être amies, agir de concert et concourir au bonheur de lliomme; nous devons espérer que ces deux puissances viendront à l'abri Tune de Tautre, aussitôt qu'on aura bien distingué le spirituel du temporel. ^

« Ces grands principes posés, j'ai consulté ma conscience ; j'ai travaillé à la régler, à l'éclairer par la méditation de Tévangile et des livres saints, par les règles de la tradition, des conciles et des saints Pères, enfin par de longues réflexions sur la pratique de l'Eglise jusqu'à son origine.

« Ma conscience me dit : Puisqu'il y a en France deux puissances, je suis sujet de ces deux puissances ; je suis' donc assujetti aux lois, à la discipline, à l'organisation même de chacune en particulier. Je suis en même tfjTmps citoyen et membre de TËglisc de Jésus-Christ ; parcÀ^rpe je suis citoyen, j'ai fait le serment civique comme vou^'et avec vous ; j'ai promis, comme vous, d'être fidèle à ta . nation, à la loi et au roi, et de maintenir, de tout mon pouvoir, les décrets de l'Assemblée nationale en tout ce qui concerne le temporel ; ne suis-je donc pas aussi bon patriote, aussi bon citoyen que vous ? Ma soumission est entière pour toute la discipline purement temporelle.

« Pourrait-on me demander quelque chose de plus ? Oui, parce que je suis membre de l'Eglise, on me demande un deuxième serment ; un nouveau décret m'enjoint : 1° de jurer de veiller avec soin sur les fidèles de ma paroisse, c'est le devoir de mon état ; je Tai promis, je le jure encore ; a° d'être fidèle h la nation, à la loi, au roi ; je l'ai juré en faisant le serment civique avec vous ; je le jure encore ; 3" de maintenir, de tout mon pouvoir, la Constitution décrétée par l'Assemblée nationale et acceptée par le roi : je jure de la maintenir de tout mon pouvoir, en tout ce qui est de l'ordre politique, exceptant formelle-

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