‹ Histoire du diocèse de Troyes pendant la RévolutionChapitre 157 sur 201 · DISTRICT DE NOGENT-SUR-SEINE · texte numérisé non relu

DISTRICT DE NOGENT-SUR-SEINE

Canton db Marcilly.

Peu nombreux furent les prêtres fidèles dans le district de Nogeot-sur-Seine. Il n'y en eut que quatre dans le canton de Marcilly le-Hayer : Edme-Bonaventure Doublet, curé de Faux-Viilecerf ; Louis Bonnaire, curé de Mesnil- Saint-Loup ; Jean-François Renault, curé de Planty ; et Joseph-Martial Messageot, curé de Prunay qui jurèrent avec restriction.

Le curé de Mesnil-Saint-Loup avait refusé, comme étant curé de Tordre de Malte, de fournir la déclaration du revenu de sa cure. Il refusa avec la même fierté de jurer purement et simplement ; voici du reste ses propres paroles :

« Je jure devant Dieu et à la face des saints autels, qu'en exceptant tout ce (|ui est et qui pourrait être contraire à la foi orthodoxe, je jure de veiller avec soin sur vos âmes qui me sont confiées, d'être fidèle à la nation, à la loi et au roi, et de soutenir de toutes mes forces la Constitution décrétée par l'Assemblée nationale et acceptée par le roi , je jure enfin de rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. »

Tous les autres curés du canton de Marcilly jurèrent purement et simplement ; ce furent : Jean-Louis Lange,

dANTON DE MARCILLY 543

curé d*Avant ; Martin Massey, curé dWvon-la-Pèze ; Nicolas Jacquemin, curé de Bercenay-le-Héyer ; Jean- Joseph Rousseau, curé de Bourdenay ; Jean-Baptiste Deinaizières, curé de Charmoy ; Pierre Dumay, curé de Dierrey-Saint-Julien ; Jean-Baptiste Desprez, curé de Dierrey-Saint-Pierre ; François Dijon, curé d^Echemines ; Pierre Remy, curé de Fay ; Pierre Dupont, curé de Marcilly-le-Hayer ; Benoit AUéon, curé de Marigny ; Louis- Eustache Dié, curé de Pâlis ; Jean-Philippe Poney, curé de Pouy ; Antoine-Jean Rignoux, curé de Saint-Flavit ; Philippe Bonvalot, curé de Saint-Lupien ; Jean-Laurent Borel, curé de Saint- Pierre-de-Bossenay ; Jean-Baptiste Bardey, curé de Trancault ; Antoine Voisin, curé de Villadin; Louis-Armand-Léon Jabot, curé de Villeneuveaux- Riches-Homnies ; et Pierre-Louis Tascheret, desservant de cette même paroisse.

Le curé d'Avant savait qu'il avait tort de jurer ; il écrivit pour atténuer sa faute que, par scrupule de conscience, il n'entendait prêter le serment qu'autant qu'il ne serait pas contraire à l'autorité spirituelle de l'Eglise. Mais cette réserve, pour qu'elle eût son effet, il eût fallu l'exprimer de vive voix, avant de la consigner dans le procès-verbal de la municipalité. D'ailleurs, le curé d'Avant ne parait pas avoir conservé longtemps ces sentiments à l'égard des droits de l'Eglise.

Canton de Nogbnt-sur-Sbine.

Trois prêtres seulement ne jurèrent qu'avec réserve dans le canton de Nogent-sur-Seine : François Cally, curé de Bouy-sur-Orvin ; Jean-Laurent Roberdel, curé de la Chapelle-Saint-Nicolas, et Nicolas-Henri Huguier, curé de Soligny. Cally avait dit, en effet, qu'il acceptait la Constitution, a pourvu qu elle ne fût pas contraire à la religion dans laquelle il est né et dans laquelle il voulait vivre et mourir. »

Les assermentés furent au nombre de dix-huit, savoir :

François Gratiao, curé de Courceroy et son vicaire François Humbcrt ; Victor Coppin, curé de Fontenay-de-Bossery ; Jean-Alexis Poirier, curé de Guniery ; Jean-Bap* tiste-Antoinc Maget, curé de La Louptière ; Gabriel Caron, curédeMâcon; Siméon- Jacques Bornand,curé deMaruay; Etienne-Jean Viot, curé du Mériot; Claude Choin, curé de La Motle-Tilly ; Antoine-Remi Hurant^ curé de Nogent et son vicaire Aniable- Joseph Danton ; Nicolas Favette, prêtre sacristain ; Pierre-Claude Rouillé, chapelain de rhôpital ; Sébastien Baudoire, curé du Plessis-Gâtebled ; Joseph-Pierre Baudouin, curé de Saint-Nicolas-de-Pont ; Michel-Jean Bazaine, curé de Saint-Aubin ; Pierre- Antoine Baudoire, curé de Saint-Gcrvais de Trainel, et son vicaire, Jean-Philippe-Bernard Loison d'Alençon ; Hubert Joyeux, curé de la Chapelle-(jodefroy ; François-Nicolas Royer, vicaire <le Saint-Martin de Pont. Son curé, Hyacinthe- Benoit Pesme, jura également; mais il se rétracta le lo mai.

Le curé de Saint-Nicolas de Pont, a laissé par écrit le motif de sa conduite pour laquelle il demande pardon en ces termes :

« Fasse le ciel que ceux de nos confrères qui en suivant rimpulsion de leur conscience ont eu le bonheur de souffrir pour la religion ne fassent point un crime irrémissible à ceux qui ont préféré, en se soumettant aux lois de leur pays et en s'ex posant à toutes les horreurs de la Révolution, ne point abandonner leur paroisse, et préserver par ce moyen, le troupeau qui leur avait été confié, des ravages de l'incrédulité. Le zèle qu'ils ont mis d'ailleurs à reconnaître l'unité de l'Eglise doit être à leur égard un sauvegarant de la pureté de leurs intentions. Errare hamanum est, perseverare diabolicum. Tout homme est sujet à Terreur, mais la persévérance dans Terreur est le partage du réprouvé. Baudouin.»

Le curé île Nogent se rétracta, mais nous n'avons pas les termes dont il se servit pour le déclarer.

Canton de nogent 545

Sébastien Baudoire était chanoiae de Tralnel ; il renonça à son cauonicat le 6 février 1790, et le jour où il se soumit à la Constitution civile, il fit suivre la formule du serment de ces paroles :

« Je me flatte. Messieurs, que vous reconnaîtrez toujours en moi un bon citoyen, ami de Tordre, jaloux de remplir ses obligations avec exactitude et de vous donner l'exemple de la soumission aux lois et de Tobéissance au Souverain. Plaise à Dieu, seul arbitre de la destinée des empires, qu'en jouissant de la liberté, nous jouissions en même temps de la tranquillité et de la paix la plus profonde ! Puisse la Constitution s'affermir sur une base solide, et devenir pour tous les Français une source féconde de joie, de plaisir et de prospérités ! »

Deux autres chanoines de Trainel, Claude-Antoine Benoit et Michel-Charles Sylvestre, acceptèrent la Constitution civile le 3o janvier et le 6 février. Peut-être s'y crurent-ils obligés à cause des fonctions pastorales qu'ils . étaient appelés à exercer, soit à Trainel, soit dans les paroisses voisines, et auxquelles ils n'étaient pas disposés à renoncer.

Le curé du Mériot revint sur son serment, puis il révoqua sa rétractation ; enfin en 1792, il déclara « qu*il n'entendait, ni ne voulait se conformer au régime, qu'il rétractait son serment, quoique prêté avec restriction, et faisait dès le moment son désistement et sa démission. j>

La cérémonie de la prestation du serment eut lieu à Nogent le 3o janvier ; la veille, était mort Charles- MarieJoseph Sougis, deuxième vicaire de la paroisse. Il ne parait pas s'être fait inscrire à la mairie pour se conformer au décret sur la Constitution civile ; il était donc décidé à se montrer toujours fidèle à TEglise et, en quittant la terre, il put dire, comme autrefois Judas Machabée: « Mieux vaut mourir dans le combat que de voir les maux de notre nation et des choses saintes. »

Canton de Romillt.

Le canton de Romilly-sur-Seine est le seul du district de Nogent, où tous les prêtres acceptèrent la Constitution civile : ce furent Amand Gobin, curé de Crancey ; Jean- François Delacroix, curé de Ferreux ; Jean Huot, curé de Fontaine-Saint-Georges ; Louis Frichet. curé de Gelannes; Louis Rivais, curé de Maizières-la-Grande-Paroisse et son vicaire, Léonard-André Avignon ; Claude Corbet, curé d'Origny-le-Sec ; Nicolas Millon, curé d'Orvilliers ; Nicolas-Louis Dionnois, curé d'Ossey ; Claude-Bernard- Pierre Gauthier, curé de Pars ; Aubin Duhamel, curé de Quincey ; Louis-Joseph Bouilierot, curé de Romilly et son vicaire, Jean-François Lcboucher ; Charles-Noël Boudeville, desservant de Saint-Hilaire; Pierre-Louis Herluison, desservant de Saint-Loup de Bufligny, et Eustache- Alexis Champenois, curé de Saint-Martin-la-Fosse. Ce fut le desservant de Saint-Hilaire qui jura le premier de tous : son serment est du 5 décembre 1790.

Seul, le curé de Saint- Aubin se rétracta, et récrivit catégoriquement le 1 1 mai au district :

a Messieurs,

a Par la prestation que j*ai faite par soumission et esprit de paix du serment civique ordonné par l'Assemblée atout fonctionnaire public, comme prêtre et curé, je n*ai prétendu jurer de fidélité à la loi, à la nation et au roi et de soutenir la Constitution que comme citoyen, et dans tous ses cflets civils auxquels je me soumets profondément, mais non en ce qu'elle heurte les intérêts temporels et spirituels de TEglise, particulièrement sa discipline et sa hiérarchie dont elle tient le régime de son chef seul. Si on m'a cru d'autre intention, on s'est trompé, comme j'aurais eu tort en les ayant eues. J'abjurerai en ces points mon serment, et je déclare que ma conscience et mes principes incontestables sur les droits de l'Eglise catholique, apostolique et romaine ne me permettent point de reconnaître

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