CANTON DE VILLENAUXE
pour évoque de Troyes, M. Sibille, ai d'avoir avec lui aucune relation en cette qualité ; et comme je crains qu'on me prête des sentiments que je n ai pas eus, je me reproche d^avoir fait le serment, je le rétracte ; on doit le regarder comme nul. Aubin Duhamel. »
Serait-il téméraire d'attribuer la soumission de tous les prêtres du canton de Romilly à l'influence du curé Bouillerot ? Il était instruit et distingué. Comme il avait juré le q5 décembre 1790, sans crainte, sans scrupule, son exemple entraîna ceux de ses confrères qui auraient pu hésiter, et tous rimitèrent.
Canton de Villenauxb.
Le serment pur et simple fut prêté dans le canton de Yillenauxe par Etienne Beau, vicaire de Barbuise ; Charles Franvalet, curé de La Saulsotte ; Pierre Chastel, curé de Montpothier ; Nicolas Delanoë, curé de Yillenauxe et son vicaire, Pierre Grouès ; Nicolas-Auguste Molin, desservant de Dival; Jacques-Parres Joblet, prêtre sacristain de Yillenauxe ; Claude-Ëdme-Charles Poupelier et Michel-Victor Champenois, prêtres habitués au même lieu ; et Claude-Yictor Rosier, curé de Yilleneuve-au-Chfttelot. Seul Franvalet se rétracta le la août 1791.
Bernard Tissandier, curé de Barbuise ; Charles-Claude Biétrix,curé de Périgny-la-Rose et Claude François Berlin, desservant de Plessis-Barbuise, furent les seuls fidèles à leurs devoirs : ils ne jurèrent qu'avec restriction.
Avant de terminer ce chapitre, disons quelle pensée nous est venue en l'écrivant. Le diocèse de Troyes créé par la Constitution civile se composait d'une partie, la principale, de Taucien diocèse et d'une partie, la moins considérable, du diocèse de Langres. Or, c'est dans celle-ci que l'Eglise trouva plus de prêtres fidèles à leurs engagements. A quoi cela tient-il? Pourquoi cette différence ? Ne serait-il pas juste, ainsi que nous l'avons déjà dit en passant, d'en attribuer la cause aux ravages
exercés jadis dans le diocèse de Troyes par le jansénisme dont était infectée une partie non minime du clergé ? Il est vrai qu a cette date de 1791 beaucoup de prêtres, à qui Terreur avait été enseignée dans le cours de leurs études, avaient disparu dans la tombe ; mais, quand on songe combien le jansénisme avait la vie dure, et que son caractère était précisément Topiniâtreté et Thorreur des doctrines romaines, on ne saurait être surpris que, sous la pression des circonstances, les prêtres, qui en conservaient des restes vivaces, niaient pas hésité à se séparer de FEglise pour revenir, croyaient-ils, aux temps primitifs.
Dans l'ancien diocèse de Laugres, au contraire, le jansénisme n'avait pas été si généralement répandu, si enraciné; les prêtres des districts qui, autrefois, appartenaient à cette région devaient donc tenir plus étroitement à Rome, et ils Tout montré, pour un certain nombre du moins, lorsqu'il s'est agi de prêter serment à une loi formellement en opposition avec la doctrine de TËglise.
En somme, le clergé troycn a été puni par oh il avait péché. Il dut à son jansénisme plus qu'à toute autre cause de se détacher si facilement et peut-être inconsciemment du corps mystique dont le Pape est le chef. Cette erreur, les prêtres, un instant égarés, vont Tcxpier cruellement. Ils lui ont sacrifié ce qu'ils avaient de plus cher. Mais la Révolution va leur donner, par son caractère croissant de violence et d'irréligion, le moyen de racheter leur faute. Un grand nombre d'entre eux verront tomber leurs illusions, renonceront à leurs égarements et montreront à la postérité que
Du devoir il est beau de ne jamais sortir. Mais plus beau d'y rentrer avec le repentir.
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