‹ Histoire du diocèse de Troyes pendant la RévolutionChapitre 178 sur 201 · LBCTION8 DU DISTRICT DE BAR-SUR-AUBE · texte numérisé non relu

LBCTION8 DU DISTRICT DE BAR-SUR-AUBE

et Gornibert, chanoine de Saint-Maclou, à la cure de Ck)iombé-le-Sec.

Quelques mois plus tard» Maltret, vicaire de Dienviile, fut choisi pour curé du Petit-Mesnii ; et Antoine-Denis Bianchet, chanoine de Sain^Nicoias, an diocèse de Chartres, remplaça à Bligny le desservant de Saulxnres qni n'avait pas accepté.

Le régent du collège de Bar-sur-Aube ayant, comme nous Tavons dit, refusé de se soumettre au décret du aj novembre, les électeurs lui donnèrent pour successeur Nicolas Desponts, professeur au collège de Châtillon-sur- Seine.

Les prêtres élus aux cures de Brienne-le-Ghftteau et d*Eciance refusèrent de prendre possession. Si Godmée eut paru à Eclance, il y eût rencontré des dispositions franchement hostiles : les habitants^ en eflet, tenaient à conserver leur curé au point que va nous révéler cette demande présentée par eux le qo mars au département : « Messieurs,

« Les maire, procureur de la commune, officiers municipaux, conseillers et tous les habitants de la paroisse d'Eclance sans en excepter un seul, nous sommes unanimement réunis pour vous exprimer notre juste douleur et notre désespoir, en apprenant que le district de Bar«ur- Aube se disposait par votre ordre à nous envoyer un autre curé. Nous vous déclarons que nous ne pourrons jamais nous détacher de notre curé actuel; nous regardons toujours M. Niel comme notre meilleur ami, notre père ; depuis qu'il est avec nous, nous n'avons aucun reproche à lui faire ; sa conduite est irréprochable ; nos pauvres ont toujours en lui le& secours les plus abondants, remèdes pour les malades, pain, vêtements à tous ceux qui en ont eu besoin. Nous le disons hautement, jamais curé ne servira si bien sa paroisse. Tous les décrets que nous lisons nous disent que l'Assemblée nationale veut rendre la religion plus belle, qu'elle veut nous donner pour cela des

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pasteurs qui nous soicat utiles et agréables ; ooas vous assurons. Messieurs, que jamais un autre ne le sera autant que lui et que. par conséquent, l'Assemblée ne pourra qu'approuver la faveur que vœs nous accorderez Nous vous répondons des sentiments patriotiques et religieux de Monsieur notre curé. Depuis la Révolution, il n*a cessé de nous prêcher la plus grande soumission à l'Assemblée nationale, au départenient, au district, à la muni cipalité. De grâce ne nous ôtez pas notre curé, nous serions venus nous jeter à vos pieds, si nous n'eussions pas craint que noti*e empressement n*eût été mal interprété. Nous espérons enfin. Messieurs, que vous accorderez à notre soumission, à notre confiance en vous ce que vous ne pourrez pas i*efuser aux instances, aux larmes de tous nos vieillards, de nos femmes, de nos pauvres, de nos enfants, qui sont prêts à venir se jeter tous à vos pieds. Et ont signé les principaux habitants, tons généralement ont adhéré et applaudi. A Kclance, ce aomars 1791(1) »

Cehii qui possédait à un si haut degré raffection de sa paroisse avait écrit de sa main au bas de la pétition : « Messieurs,

<i Je suis sensible jusqu'aux larmes à la touchante démarche que fait à mon occasion auprès de vous toute ma paroisse. J*ose croire ({u'elle vous fera aussi plaisir, puisqu'elle me prouve invinciblement l'union et l'accord parfait qui règne entre le pasteur et les brebis. Auriezvous. Messieurs, la force de le rompre et de nous séparer? Ah ! laissez-nous de grâce réunis ; la Constitution civile et la religion ne peuvent qu y gagner parmi nous ; mais ne croyez pas, Messieurs, que l'intérêt guide ma démarche. Je me contenterai des 5oo livres que madjugeut les décrets, etjejur(M|iie la nation n'aura jamais des citoyens plus fidèles que les paroissiens et le curé d'Eclance. J'ai 1 honneur d'être avec respect votre très humble et très obéissant serviteur, Niel. »

(1) Arch.,L. V. X619.

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