ÉLBGTIONS DU DISTRICT DE BAR-SUR-SEINS
Est-il nécessaire d'ajouter que ces réclaniatioDS ne furent pas accueillies?
DISTRICT DE BAR-SUfl-SEINE.
Les élections aux cures vacantes du district de Bar-sur- Seine, le 8 mai, furent précédées de la messe du Saint- Esprit. Mirabeau, le fougueux révolutionnaire, était mort le j avril, dans tout répanouissement de sa gloire et sans avoir manifesté le moindre sentiment religieux. Un député de la sénéchaussée de Troyes, Belin, avait demandé le 4 avril à TAssemblée nationale que des honneurs extraordinaires fussent rendus aux cendres du tribun, ennemi forcené de la religion. Le club de Bar-sur Seine, imitant la société patriotique de Troyes qui avait fait célébrer le 6 avril un service pour Mirabeau à Saint-Jean, voulut qu'une messe fût dite pour celui qui s'était flatté si orgueilleusement de détruire l'Eglise (i). Le clergé constitutionnel célébra cette messe le 9 mai dans Téglisc paroissiale devant le collège électoral. La veille on avait élu Charles-Stanislas Bolland, ancien capucin de Dijon, puis vicaire de Vcrrey-sous-Salmaize, pour curé de Barsur-Seine et Jean Nicolas-Apollinaire Louis, bernardin de Haute-Fontaine, pour son vicaire. Edme Dargillière, ancien curé de Cussangy, fut choisi pour la cure de Balnot-la-G range ; Maréchal, desservant de Courteron, pour la cure de Balnot-le-Châtel ; Antoine Gougeot, principal du collège de Chablis, pour la cure deBagneux ; Pierre Vandeuvre, chapelain à Epailly, pour la cure de Beauvoir ; Jean Grattepain, vicaire à Ancy-le- Franc, pour la cure de Bragelogne (a) ; Caullet, chapelain à Merrey, pour la cure de Beurey ;
(i) Courrier des 83 départements par Gorsas.
(a) R. L. nlndique pas Jean Grattepain, comme vicaire d'Ancyle-Franc ni comme curé de Bragelogne. Il le donne seulement comme desservant d'Arthonnay en 1791 .
Léonard, triaitairc de la Gloire-Dieu, pour la cure de Gyé; Pierre-René-Nicolas Blauchot, du diocèse du Maas, béaédictia de Moutiers-Saint-Jean près Semur, pour la cure de Chauflbur, sur le désir exprimé par le curé de Marolleslès-Bailly.
Le service funèbre célébré pour Mirabeau interrompit les opérations électorales ; elles reprirent après la messe. Petit, desservant de JuUy, fut élu à la cure de Channes ; Melchior Papillon (i\ desservant de Bissey-la-Pierre, à la cure de Fouchères ; Voisin, vicaire d*Avirey, à la cure de Lantages ; Galissot, desservant de Viviers.à la cure de Longpré ; Jean-Baptiste Rossignol, bénédictin de Metz, à la cure de Celles ; Tisserand, vicaire de Gyé, à la cure de Magnant : Jean- Baptiste Guyot, curé d*Etivey, à la cure de Mussy ; Josepb- Vincent Gabiot, cbnnoine génovéfain de Saint-Volusien à Foix, à la cure de Rumilly ; Rouvre, desservant de Vallières, à la cure de Vaudes (2).
Le procès-verbal des élections des 8 et 9 mai est signé des élus qui firent par écrit le serment exigé par la Constitution civile.
L*élection de Voisin à la cure de Lantages n*ayant pas été maintenue, on choisit à sa place Cheurlin, vicaire d*Ëssoyes, et on donna Voisin pour curé à la paroisse de Chaource. Tisserand, élu pour Magnant, démissionna le 17 mai, parce qu*il avait été appelé à la cure d'Eufligneix par les électeurs du district de Chaumont. Maréchal refusa la cure de Balnot-leChâtel à cause de rattachement que lui témoignaient depuis neuf ans ses paroissiens de Courteroii qui le réclamèrent au directoire. On le remplaça h Balnot par Simonin, bernardin de Mores. Le curé nommé à Bagncux ne fit que passer ; il fut, en effet, choisi pour
(i) 11. L.. n'indique pas Papillon parmi les desservants de Bisseyla-Pierre.
(a)R. L. t. m, p. a43^ se Irompe en disant que Rouvre rentra dans le siècle.
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vicaire par Tévéque coiistituiionnei de la Haute-Marne ; on ne le remplaça pas immédiatement.
La question de Télection du curé de Merrey divisait profoudément cette paroisse. S*appuyant sur le refus de Nancey de reconnaître la Constitution civile, quelques officiers municipaux prétendaient que la cure était vacante, que le chapelain, Caullet, ne Taccepterait pas, parce que, avait-il dit lui-même, tous les décrets de l'Assemblée nationale étaient en opposition avec la loi de Dieu.
Le procureur de la commune, au contraire, soutenait que la cure n'était pas vacante, la paroisse étant exactement desservie par le chapelain faisant les fonctions de vicaire, toi\jours prêt à se conformer aux décrets. En outre Nancey continuait à résider ; d'aucune façon donc la cure n'était vacante. Beaucoup d'habitants pensaient comme le procureur; et de plus, ils dénonçaient le maire comme incapable de remplir ses fonctions, et l'accusaient d'ex poser la situation sous un faux jour.
Après enquête, le directoire défendit au procureur de convoquer les habitants au sujet de Télection à la cure, et suspendit le maire et un officier municipal pour un an. N'avaient-ils pas aggravé leur tort en qualifiant Nancey de très digne prêtre ? (i).
La proclamation des élus eut lieu le lo mai. Elle fut précédée d'une messe dite à huit heures par Petitjean, ancien bernardin, aumônier de la garde nationale, assisté de Louis et de Gombault comme diacre et sous-diacre.
Par suite des élections, le nombre des curés du district fut de 4i dont 39 avaient prêté serment. Une seule cure demeurait vacante, parce que l'élu se trouvait trop jeune pour l'occuper. Le nombre des succursales resta de 35 comme avant les élections. Dans les 89 curés jureurs, a4 avaient conservé leurs places ; i5 avaient été élus en
(I) Arch., L. M. 4 G^ 338 et L. D. 4/6.
622 OBOANlftATfOX DE l'ÉGLISB €X>9l9TlTim01CKKLLB
reBplaccmeat des iattermenléft ; deox des anciens curés sVUieot rétractés : tel ooiis appsrmlt Tétai da persoauel da district de Bar-sur-Seine à la date du 98 mai.
DISTRICT ITERVY.
Les électeurs du district d'Ervy furent oonYoqnés pour remplacer les curés de douze paroisses ; mais la veille du scrutin, un des douze, le curé de Crésantignes, écrivit qu'il se conformait à la loi sur la Ck>nstitntion civile ; il n*en resta dès loi-s que onze à qui il fallut donner un successeur. Coutan, curé de Nogent-en-Othe, fut élu curé de Rigny-le-Ferron et remplacé par François, vicaire de Saint-Mards. Robin, desservant des Croûtes, nommé à la cure de Saint-Phal, eut pour successeur Jean-Baptiste Fouruicr, capucin du couvent de Saint-Florentin. Michel- JacqucH Cordier, ancien vicaire d^Ervy (i), remplaça à Davrcy Populus, élu curé de Bouilly et passa, quelques mois plus tard, à la cure de Nogent-en-Othe vacante par la nomination de François à celle de Vulaines. Bonnemain, vicaire d'Krvy, fut, nous Tavons déjà dit, élu curé de Vanlay, k la place de Noirot décédé ; et Cliarles Mongeot, vicaire de Vanlay, élu à la cure de Villy-le-Maréchal ; Lasnerct, vicaire de Coussegrey, remplaça Fontaine à Chdinoy. Massin, chapelain à Coussegrey, passa à la cure de la Luge-Foniblin ; Jean-Baptiste Payen, professeur de logique au Petit-Séminaire de Sens et nouvellement promu il la prêtrise, succéda comme vicaire d'Auxon à Thierry, nom nié vicaire de Saint- Jean. Le second vicaire d^Auxon, Lalande, ne fut pas remplacé. Le curé élu de Chaource n'eut pas de vicaire ; Pierre Hennequin, jeune prêtre pourvu de la cure de Pargues, lui vint en aide dans son ministère jusqu'à l'arrivée de Nicolas-Germain Béot, moine bénédictin. Papillon, desservant des Loges-Margue-
(1) Virnirc d'Ervy du ai février 1789 au 27 septembre de la même auiiée. Nnus ignorons quel poste il occupa en 1790.
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ron, fut élu curé de Saint-Jean-dc-Bonncval ; et Louis*- Simon-Marie Fosseyeux, chanoine de Chablis, donné pour vicaire à la paroisse de Coussegrey.
** L'installation des nouveaux curés du district d*Ërvy se passa d*une manière jusque-là inconnue dans TËglise ; la plus solennelle, ou plutôt la plus bruyante, fut sans con" tredit celle de Populus à Bouilly qui eut lieu le aa mai au son des flûtes, des tambours et des violons, en présence de la municipalité.