SECOURS AU CLERGÉ
t|iie qu*OQ 8*était vu forcé de décréter cette maigre pension ; mais on eut garde de Tétendre aux vicaires dont vingt mille se trouvèrent réduits à la mendicité.
Si on prétendait les amener par cette privation à prêter serment et par ce moyen remplacer les curés, on se trompait. La population troyenne elle-même donna tort aux représentants qui ne craignaient pas de traiter ainsi le clergé; en eflet, dès le mois de janvier, des citoyens généreux de la ville avaient fait appel à la charité en faveur des ecclésiastiques troyens, qui allaient être réduits à Tindigence par leur refus du serment. L'évêque, tout en encourageant une si bonne œuvre, avait regretté qu'elle ne s'étendît pas aux ecclésiastiques de tout le diocèse.
Son regret fut compris. Bientôt ou s'assura sur divers points du département le concours d'hommes au cœur plein d'ardeur pour le bien, incapables d*être rebutés par la crainte des méchants et par Tincertitude du succès auprès des bons. Ils se concertèrent et publièrent, le i^ mai, cet appel aux chrétiens charitables restés fidèles au vrai culte :
« Le cri de Thumanité, la voix plus éloquente de la religion appellent les citoyens honnêtes au secours des ecclésiastiques qui se trouvent prives de leurs places par les dispositions du décret du j^ novembre 1790.
« Quels qu'aient été les principes qui les ont dirigés dans le refus qu'ils ont fait de prêter le serment ordonné par la loi, il est une vérité frappante et seule capable d'exciter la plus juste sollicitude sur leur sort, c'est qu'ils ont suivi les lumières et l'impulsion de leur conscience au préjudice de leur état et de leur fortune, de leur tranquillité et de tous les avantages temporels dont ils jouissaient.
« Que la prévention cherche à calomnier les intentions de ces ministres respectables, elle ne parviendra jamais à persuader que des motifs moins sacrés aient pu fixer leur détermination et obtenir d'aussi grands sacrifices. Ausai
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leur conduite a-t-elle forcé restime de ceux mêmes qui ne sont pas pénétrés des mêmes principes, et leur situation excite un intérêt universel partout où il se trouve des âmes qui savent apprécier la vraie vertu.
« Une proclamation du mois de janvier dernier a émis le VŒU des citoyens honnêtes de cette ville en faveur des ecclésiastiques fonctionnaires qui se trouveraient dans le cas des privations dont la loi menaçait ceux qui se refuseraient au serment ; mais le vœu des citoyens vertueux se trouverait imparfaitement rempli, s*ils se bornaient à venir au secours des seuls fonctionnaires de la ville. Ils se proposent d'étendre leur sollicitude sur tous les ecclésiastiques du diocèse. Tous ont soutenu la même cause, tous sont assujettis aux mêmes privations, tous doivent également fixer leur attention. C'est donc au nom de tons les citoyens du diocèse de Troyes que rattachement à la religion de nos pères anime et inspire, c'est eo faveur de tous les ecclésiastiques du diocèse de Troyes que le même attachement à la religion dont ils sont les ministres a réduits à une glorieuse indigence, que ce prospectus est promulgue.
« La charité ne sera point offensée dans .les offres faites ici aux ecclésiastiques d'accepter les secours qni leur sont oflerts. C'est la même Providence qui veille sur eux, qui inspirera des sentiments à la fois religieux et bienfaisants aux fidèles témoins de leur courage. Nul de nous n'est à l'abri des calamités ; hodie tibi, cras nobis. Ces oflVes ne sont de la part des citoyens du diocèse qu'un échange des bienfaits que l'Eglise et ses ministres avaient, il n'y a guère (de temps), la faculté de verser sur nous.
« Un seul homme doit être le chef et le centre des détails actifs et passifs qu'exige cet établissement, un homme dont la mission, la gravité et l'autorité puissent réunir la confiance de ceux qui seront dans le cas de donner et de recevoir, un homme qui puisse connaître les
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benoins des ecclésiastiques, les apprécier, exciter ou échauffer par son exemple et son courage, son zèle et sa bienfaisance, un homme enfin éclairé, vertueux et fort. Cet homme existe, tous les yeux et les cœurs le désignent et rindiquent, il n*est pas besoin de le nommer, il doit diriger dans le silence et être gardé, environné par la prudence, la discrétion et la reconnaissance des intéressés à ce prospectus. Qu*il consente à accepter cet office pénible, et tous les vœux seront satisfaits, dès qu'il se sera rendu à nos sollicitations.
a Les idées jetées dans ce prospectus sont le bien et la propriété de tous, et par conséquent elles ne sont point exclusives.
Base.
a II faudra que Messieurs les ecclésiastiques ou engagés dans les ordres, qui auront été privés de leurs places ou n*en auront point obtenu, se fassent connaître au chefcentre indiqué. Leur correspondance présentera leurs noms, surnoms, ftge de naissance et de ministère, leurs titres ecclésiastiques, la mention de leurs ressources et de leura besoins. On est d'avance persuadé que les instructions que Measîeurs les ecclésiastiques donneront seront fidèles, et que ceux d*entre eux que leurs facultés personnelles mettront dans la possibilité d'être contribuants en donneront l'exemple.
« Messieurs les ecclésiastiques et engagés dans les ordres forment naturellement deux classes. La première, de ceux qui ont des ressources et peuvent par conséquent se passer de secours. La deuxième, de ceux qui, à défaut de ressources suffisantes pour tout ou partie de leurs besoins, seront dans le cas d'être inscrits sur la feuille des secours.
<x Cette deuxième classe se subdivise : V dans ceux qui, ayant quelques ressources ou revenus fixes ou éventuels, n'auront besoin que d'un supplément pour avoir le com-
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plément du traitement ci-après ; a^" de oenx qui se trouvent satis ressources personnelles et sont dépouillés de tous emplois ecclésiastiques pour le présent et Ta venir, parce qu^ils n*auraient pas prêté le serment. Il est à désirer que les secours puissent fournir à chacun d*eux un traitement dans les proportions suivantes, savoir : A messieurs les curés séculiers ou réguliers du diocèse, tant de la ville que de la campagne, soixante livres par mois; à messieurs les desservants et à messieurs les vicaires, quarante-cinq livres par mois; à messieurs les engagés dans les ordres, trente livres par mois.
Administration.
« L*objet le plus susceptible de difficultés serade recueillir les dons et contributions volontaires. Il faut que cette perception soit faite et administrée, de manière que ni les dépositaires des contributions, ni les contribuants, ni les ecclésiastiques secourus ne soient connus et exposés à aucuns dangers, tant que la force publique n*aura pas repris son empire.