II. — Gouvernement du diocèse
Comme nous Tavons dit en commençant, le diocèse de Troyes fut compris, dès l'origine, dans la province ecclésiastique de Sens.
Le revenu de Tévéché était estimé de 18.000 livres en 1761,
(i) Le rapport du comité dévaluation jwur les taxes, en 1790, évalue la iK)pulati()n du département de TAube à 197.355 habitants (B. H. , t. I. p. 382, note). Klle n'est que do 196.000 habitants en 1791 (A. P.. t. XXV, p. 40), puis elle est élevée à 328.885 ; mais ces chiffres ne prouvent pas pour Tancien diocèse, qui n'avait pas les mêmes limites que le département.
*"^ l'évAque xui
etde 14.000 en 1789 (i). Cette dernière somme représente une trentaine de mille francs de notre monijiaie (s).
L*évÊQUB. — A Tépoque de la Révolution, l'évéque était Mv Claude-Mathias-Joseph de Barrai, né à Grenoble, le 6 septembre 1714) d*nne vieille famille noble du Dauphiné. Sacré à Sens le ag mars 1761, il était le 91* évéque de Troyes. M^^" de Barrai fut certainement un des prélats les plus respectables du clergé de France pendant le règ^e de Louis XVI ; on n*a jamais mis en doute la parfaite honorabili^ de sa vie privée, ni Tintégrité de ses mœurs pendant toute sa carrière de prêtre et d*évéque. « Partisan zélé delà Constitution Unigenitus, ce prélat se trouva souvent en butte aux attaques des appelants du diocèse qui, selon leur habitude, employèrent contre lui la calomnie et le dénigrement. M^'' de Barrai ne se relâcha pas pour cela de sa fermeté et triompha de toutes les querelles que l'esprit de parti lui suscita (3). »
Parvenu à sa soixante - quatorzième année, il obtint pour coadjuteur son neveu Louis - Mathias - Joseph de Barrai, qui fut sacré à Issy, le 5 octobre 1788, sous le titre d'évôque in partibus dlsaure en Lycaonie. O prélat était le troisième ûis d'un conseiller au parlement de Grenoble, Claude-Justin de Barrai. Nommé en 1785 agentgénéral du clergé, il déploya dans ses rapports des connaissances peu communes et un rare talent. « Il avait de Tesprit, de la finesse, delà facilité pour le travail, de l'aptitude aux affaires, et même des connaissances propres à son état (4). »
(i)B. C. 7, XIX-196. D'après B. H., 1. 1, p. 3, les revenus de révêché aiteigpiairnt 70.000 livres .
(a) F., Trojres, p. 78. D'après Delbos, L'Eglise de France, t. I, p. 68, révêché de Troyes valait ao.ooo livres et ses douze abbayes S6.aoo livres. La France ecclésiastique de lySy donne le chiffre de 5O.00O livres.
(4) Peller, Dictionn. hist., art. Barrai.