XIV OOUVBRNEMBNT DU DIOCÈSE
Le Conseil épisgopal. — Dès qu'il fut nominé coadjuteur, son oncle loi laissa le soin de gouverner un diocèse que les infirmités ne lui permettaient plus d'administrer en personne. Pour lui aider, il avait, y compris quatre archidiacres, onze vicaires généraux : Feytis de Saint- Capraise, depuis longtemps en fonctions, Du Colombier, Le Roux, qui habitait la ville de Rodez, De Uouault, abbé de Saint-Loup, De Belloc, doyen de la collégiale royale de Saint-Etienne, Tresfort, chanoine de la cathédrale, Clergier, sous-doyen de Saint-Etienne, De Barrai, officiai, Psalmon(i\ supérieur de la communauté de Laon à Paris, Gossellin, doyen du Chapitre de Sézanne, et Des Marais(a).
Le conseil épiscopal composé des vicaires généraux se réunissait à Tévéché tous les dimanches à dix heures pour traiter des affaires du diocèse.
Les archidiacres. — Les cinq archidiacres étaient: Du Colombier, grand archidiacre. De Rouault, archidiacre de Margerie, De Barrai, archidiacre de Brienne, Des Marais, archidiacre d'Arcis, et Bouvier de Gondreville, archidiacre de Sézanne. Ils étaient inamovibles et appartenaient de droit au conseil épiscopal. Ils devaient visiter chaque année les églises curiales, succursales et annexes, de leur archidiaconé. Ils percevaient, en chaque paroisse visitée, une certaiue somme à la charge des Fabriques et des curés. Ainsi le dernier archidiacre dWrcis, Des Marais, touchait de chaque curé trois livres, et de chaque Fabrique deux livres pour sa visite annuelle.
(i) Pierre-Nicolas Psalinon était membre de la compagnie de Sainte Sulpice, et supérieur, en 1790, de la communauté de Laon. (D., t. I, p. a33.) Il fut au nombre drs martyrs de septembre 179a.
(a) Le Père Theiner cite, dans ses Documents inédits relatifs aux affaires religieuses de la France^ comme vicaire général de Troyes, Louis Aguthange de BuiTévcnt, chanoine du Chapitre de Saint-Pierre de Vienne en Dauphiné.L*abbc Plasso donne, comme vicaire général de Troycs, Louis-Marie de Buffévent. Cf. Le clergé français réfugU en Angleterre 1 1. II, p. 435. Nous relevons plus loin cette errear.
L*OFFiaALITé XV
L'archidiaconé de Maif^erie rapportait 3oo livres par an : a5 livres de fixe, trois livres par curé, et deux livres par Fabrique (i).
Les dotbns. — Les doyens n^étaient pas de droit les curés de la paroisse dont le doyenné portait le nom. Leur dignité leur était conférée par le suflrage de leurs confrères, qui étaient libres de choisir celui d'entre eux le plus capable d^exercer les droits attachés à cette fonction. La confirmation de Télu appartenait à Tévéque. Les doyens n'avaient aucune juridiction proprement dite sur les paroisses de leur doyenné respectif, mais bien le droit de les visiter chaque année et de percevoir une redevance fixe pour chaque visite.
L*archiprêtre ne faisait en aucune façon partie de Tadministration centrale : son titre lui assurait seulement le premier rang parmi les curés de Tarchiprétré.
L'ordre des dignités observé dans les assemblées diocésaines, les synodes, par exemple, était celui-ci : les vicaires-généraux, lesofficiaux, les prpmoteurs, les abbés réguliers et les abbés commendataires> les députés des Chapitres, les prieurs commendataires^ les doyens et vicedoyens, les curés, et enfin les réguliers.
L'oFFiciALiTÉ DIOCÉSAINE de Troyes était composée de la manière suivante : François-Octave de Barrai, ofScial, André, vice-gérant, Félix, promoteur, Deviviers, vice-promoteur, Brocard, greffier. « Ce tribunal connaissait des oppositions aux publications des bans de mariage et de célébration et nullités des mariages, des droits et honoraires des cui*és ou ecclésiastiques et autres matières énoncées dans le traité de Decombe (12) ». Il se réunissait
(i)Arch., L. V. 1594.
(a) D., 1. 1, p. 14, écrit Decombe probablement pour du Rousseaud de la Combe, auteur d'un Recaeil de Jurisprudence canonique et bénéficiale.
XVI OOUV£RNBMENT DU. DlOCiSB
à Tévéché, tous les samedis. Le dernier registre s'arrête au !i6 juin 1790 (i).
Il existait aussi, dans la ville épiscopale, un établissement chargé de régler les différends et les contestations qui naissaient de la répartition des décimes : c'était la CHAMBRE ECCLÉSIASTIQUE. On Sait qu*on appelait décimes les subventions que le roi ou d^autres, avec sa permission, levaient sur le clergé. Leur répartition se faisait à deux degrés : rassemblée générale du clergé mettait d'abord au compte de chaque diocèse la quote-part que celui-ci devait acquitter; puis le bureau diocésain répartissait cette quote-part entre les béuéticiers du diocèse. Chaque corp» du clergé y avait un ou plusieurs représentants aux frais de la chambre. L evéque ou, en son absence, un des vicaires généraux présidait les séances des délibérations. Le Chapitre de la cathédrale y nommait un de ses membrespour conseiller, les collégiales désignaient un chanoine pour leur député ; les curés y avaient deux représentants ; les bénéficiers simples et les réguliers comptaient les uns et les autres un conseiller ; le syndic du clergé et le secrétaire greiner du bureau diocésain faisaient également partie de la Chambre ecclésiastique. Le bureau se tenait à Tévêché. Les appels pour les sommes au-dessus de vingt livres se faisaient à la Chambre supérieure ecclésiastique de Paris, où la Chambre ecclésiastique du diocèse de Troyes avait un coQseillcr commissaire. Le receveur des décimes et le greilier des insinuatioos étaient deux laïcs. Les sommes perçues étaient déposées entre les mains d'un économe laïc.
La Chambre ecclésiastique payait aux doyens toutes les dépenses que leur occasionnait leur fonction, telles que l'envoi des brefs et ordonnances de 1 evéque (a), et
(I) Arch., G. 4.a68.
(a) Arch., G. aao. Sur la chambre ecclésiastique de Langre», et sa composition, on peut consulter R. L., t. IV, p. 139.