CHAPITRE V
Sappression des Chapitres et des Collégiales.
«'^OMMAiRB. — Motifs de la sappression des Chapitres. — Chapitre de la Cathédrale. — l^ension faite aux chanoines. — Protestation contre le décret de suppression. — Exécution da décret. — La protestation des chanoines est dénoncée au départe- ^ ^^nt. — Chapitre de Saint-Etienne. — Réclamation des habitants de Troyes. — Collégiale de Saint-Urbain. — Réclamation en faveur de sa conservation. — Chapitre de Saint-Maclou. — Pension faite aux chanoines. — Chapitres de Mussy, de Tralnei, de Lirey, de Plancy, de Bar-sur-Seine,de Pougy.de Villemaur, de Montmorency, de JoUy. — Collégiales de Tancien diocèse disparues.
Les chanoines étaient avant la Révolution presque des égauXySinon des rivaux pourrévêque, aussi indépendants et aussi puissants que lui-même, inamovibles, propriétaires fonciers, dispensateurs d'emplois et de grâces, constitués par le régime de cette époque en autorités locales, patrons permanents d'une clientèle permanente. Dans sa propre cathédrale le Chapitre était, comme Tévôque, collateur de bénéfices ; ailleurs, d'autres Chapitres Tétaient aussi et contre sa suprématie savaient maintenir leurs droits. Ce pouvoir, qui jadis faisait coatre-poids dans tous les diocèses au pouvoir épiscopal,a disparu en 1790. Ecoutons les motifs pour lesquels les législateurs de l'Assemblée nationale ont supprimé les corps qui s'en trouvaient dé« positaires :
Mfi SUPPRESSION DBS CHAPITRES
« Ces bénéfices, disaient, en parlant des Chapitres, les jansénistes de la Constituante, dans leur état actuel ne sont vraiment d'aucune utilité ni pour les peuples ni pour la religion, et la raison d'inutilité est une raison suffisante de suppression... Ecartons les églises collégiales, elles ne sont pour la plupart que des monastères séca» larisés, elles ne présentent aucun objet d*utilité publique ; elles ne tiennent par aucun point à la hiérarchie ecclésiastique ; et s'il en subsiste encore an si grand nombre aujourd'hui,après toutes les suppressions qui se sont effectuées dans ces derniers temps, c'est qu'il était plus facile d'apercevoir les abus que de les réformer.
c A l'égard des Chapitres des églises cathédrales, votre comité ecclésiastique n'aurait eu garde de vous proposer de les supprimer, s'ils étaient encore ce qu'ils furent dans leur première origine ou qu'il eût été possible de les ramener à leur état primitif. Mais, s'il est certain que les Chapitres des églises cathédrales ont cessé d*être les coopérateurs de leur évoque, qu'ils se sont séparés de lui, qu'ils se sont élevés contre lui, qu'au lieu de le regarder comme leur chef, ils Tout môme exclu de leurs assemblées capitulaires ou ne lui permettent d'y assister que comme simple chanoine ; s'il est notoire que, depuis longtemps, les Chapitres ne sont plus que de nom le conseil des évoques et que les évoques se sont donné d'autres coopérateurs, des grands-vicaires, des viciiires-gcQéraux, s'il est indubitable que les dignitaires, chanoines et prébendes de nos églises cathédrales ne consentiraient jamais à redevenir ce qu'ils furent dans le principe, les simples coopérateurs, les simples vicaires des évêques, vous ne pouvez pas balancer à décréter leur suppression d.
Ce qu'on n'avoue pas,c'est que l'on coovoitait avidement les biens dont jouissaient les chanoines, quoique leurs revenus eussent sensiblement diminué depuis l'arrêt de 1667, défendant aux membres des trois collégiales de la