‹ Histoire du diocèse de Troyes pendant la RévolutionChapitre 62 sur 201 · DÉNONCIATION · texte numérisé non relu

DÉNONCIATION

decescommissioiis maintenaat déposé au district de cette ville.

<c J*ai sa que le district, dout le patriotisme vous est connu, se proposait de provoquer votre vigilance sur cette délibération ; mais je n ai pas cru devoir attendre d'autre impulsion que celle de ma conscience pour vous solliciter de prendre directement, dans cette circonstance, le parti que paraissent exiger de vous le maintien des lois constitutionnelles et le respect qui leur est dû.

« Je ne chercherai point à aggraver les torts des prêtres qui composaient le Chapitre de Troyes, et je ne vous les représenterai pas comme complices de cette ligue eçclé^i^tique qui, d*un bout de Tempire à l'autre, provoque la guerre en atlectant le ton de la paix, et combat pour les intérêts temporels des prêtres, en ne paraissant s*occuper que de la cause de la religion ; je me rappelle leurs vertps et ne veux point leur supposer de crime ; je répète qulls ont été entraînés par la séduction de Texempie dans ui^p démarche dont ils n'ont point aperçu le danger; et je trpuve dans les preuves de leur erreur le fondement de mon opinion.

(( Et comment, en eilet, ont-ils pu traiter de spoliatipu des propriétés de leur église la disposition que la nation souveraine a jugé devoir l'aire de ces propriétés, qui ^'ont jamais pu appartenir qu'à elle ? Par quelle étrange erreur ont-ils pu se persuader que c'était le propre d'une église d'étaler de vastes domaines ? Disciples de Jésus-Christ, auraient-ils donc oublié qu'il déclara lui-même que son royaume n'était pas de ce monde, que le don de persuader par leurs exhortations et d'édifier par leurs vertus fut l'unique et sacré patrimoine qu'il leur laissa, et que jamais TEglise chrétienne ne lut à un plus haut point de gloire qu'alors que ses ministres n'avaient, pour sufûre à leur frugale subsistance, que le travail de leurs mains et les aumônes des fidèles ? Alors ils inspiraient une tendre et religieuse vénération ; leurs mœurs déposaient de la

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vérité de leur doctrine, et c*est par là qu'ils panrtnrent à conquérir Tunivers à TEvaugile ; si la foi n*a pas changé, si l'Evangile est toujours le même, c*est avoir suivi à la lettre cette loi sublime, c'est avoir comblé les vœux des saints Pères et des grands hommes dont TEglise ellem^me éternise la gloire que d*avoir dérobé ses ministres aux jouissances perfides dont ils ont été trop longtemps environnés. Comment des prêtres catholiques peuventils regretter le faste des richesses, eux qui savent que ce faste malheureux a été Toccasion des schismes et des scissions <iui ont déchiré le sein de l'Eglise et qi\e Tunivers serait cn(*ore constant dans la pureté de la foi, si les pn^trrs Toussent été dans la simplicité et la pauvreté des ap(^tn*s ?

<v Je ne parlerai pas des regrets et des larmes que les auteurs <lfî la délibération semblent donner à ce qirils appellent les malheurs publics ; je les plains, s'ils remanient eomnie malheureux le triomphe des principes de la primitive Kglise sur les abus de TEglise dégénérée, le triomphe de la raison sur les préjugés et de la liberté sur le despotisme : et j'oppose à cette douleur insensée le concert trapplaudissements de tous les sages, c'est-à-dire de tous les vrais chrétiens. (Certes il était permis aux ministres de la religion de gémir, lors(|ue le succès du schisme ou de la vraie doctrine dépendait de la faveur d'un courtisan ou du caprice d'un despote, lorsqu'un homme seul avait cette terrible influence sur la croyance d'une nation entière ; mais, lorsque cette nation libre consacre la perpétuité du règne de la religion, lorsqu'elle lui fait tenir le premier rang dans sa Constitution, quand elle en plante le signe auguste sur chacun des départements de l'empire et que la pureté de la iliscipline renaît avec un nouvel éclat du sein des plus nombreux abus, dans un tel moment de gloire les ministres des autels doivent admirer dans une saine joie l'accomplissement de cette promesse sacrée que l'Eglise est éternelle et que jamais

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