CHAPITRE DE SAI.VT-BTIBNNE
Creney, à LiQçoQ-Saiat-GerniaiQ, à Lainea-aax-Bois, à Bouilly et à Croncels.
Des maisons avec leurs jardins, situées entre deux bras de la Seine, furent aftectées au logement des chanoines : c*est le quartier appelé encore de nos jours le Gloltre- Saint-Etienne.
Les revenus de la collégiale étaient assez considérables. Ils montaient à !ia.4^<) livres d après le Pouillé de 1761 (i). Le sous-doyen, avait à lui seul une double prébende qui produisait 5.700 livres, non compris une pension de 3.000 livres sur Tévéché de Dijon.
La paroisse Saint-André, dépendant de la collégiale, avait autrefois une petite église desservie par deux chapelains. Elle comprenait toutes les personnes qui demeuraient dans le cloître, le bailli de Troyes, le maïeur élu bailli du Chapitre, les marguilliers-laïcs et leurs femmes, enfants et domestiques.
* C'est cette chapelle, dédiée à Jésus crucifié, que le comte Henri fit transformer en chapelle de son palais sous Tinvocation de saint Etienne (â).
La chapelle Notre-Dame avait à elle seule, en 1790, 2.295 livres i sou 1 1 deniers de revenus, que se partageaient les quatre titulaires, et seulement 262 livres i4 sous 8 deniers de charges. Les chanoines de Notre-Dame devaient, chaque jour, chanter une messe de la Sainte-Vierge dans cette chapelle et y entretenir une lampe allumée (3).
Vingt-deux chanoines seulement, y compris le doyen, étaient capitulants (4\
La municipalité fit procéder, le 26 juillet 1790, à l'inventaire du mobilier et des titres du Chapitre. Les chanoines
(i)B. C.,7xix-i:6.
(3) Desgaerrois, ouv. cit., fol. 294-
(4) Mss. a3i de la Bibliot. de Troyes.
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Q en coutiauèi^eat pas moi us leurs oflices : mais, le jeudi 6 décembre, ils furent avertis que Truelle de ChambouxoQ viendrait dans la journée leur signiGer, au nom du district, le décret de la suppression de leur église. En eflet, à l'issue de la messe, le commissaire du gouvernement se présenta à rentrée du chœur sous le jubé et lut le fatal décret aux chanoines qui, avant de se retirer, firent entendre leur protestation et laissèrent deux d*entre eux pour témoins de Texécution de la loi. Nonobstant cette signification, les chanoines chantèrent les vêpres comme d'habitude. Puis le doyen porta le saint ciboire du maltre-autel à la chapelle de Saiut-André et donna la bénédiction. Il réunit ensuite les quatoi*ze chanoines présents, et tous décidèrent de continuer l'office canonial et Tacquit des fondations dans la chapelle aux mêmes heures que précédemment. Le chantre, le syndic et le greffier furent chargés par leurs confrères des aflaires temporelles de la compagnie. Les six vicaires laïcs se pré sentèreut pour témoigner aux chanoines leur reconnaissance et leurs regrets et pour demander appui, lorsqu'ils solliciteraient un secours du gouvernement. Le Chapitre voulut bien aussi promettre sa protection aux enfants de chœur, qui furent gardés provisoirement à la maîtrise.
Tel est Tobjet de la dernière assemblée du Chapitre de Saint-Etienne. A peine était-elle terminée que Truelle posa les scellés sur les trois portes d'entrée du chœur, de la salle capitulaire, de la grande sacristie et du trésor des reliques (i).
La collégiale était supprimée, malgré les protestations des chanoines, malgré aussi les représentations de 83 des principaux habitants de la ville de Troyes (a). Ceux-ci, eu effet, eurent à honneur de ne pas laisser exécuter le
(i) Arch., 6 G, 5o, p. ii86.
(a) B . C. , 7, xxxui-«8o, fol. i.