CHAPITRE I>E SAINT-ÉTIBNNR
décret, sans s élever contre soq illégalité. Dès le i6 décembre, ils envoyèrent aux officiers municipaux une adresse où ils faisaient valoir les motifs de la conservation dn Chapitre fondé par les comtes. Ecoutons cette courageuse réclamation :
€ L*amour des Français pour leurs princes est leur vertu héréditaire, et parmi les peuples qui composèrent l'empire français, les Champenois se distinguèrent par leur attachement constant envers leurs souverains.
« La ville de Troyes fut, plus qu'aucune autre, Tobjet de la muni6cence, de Tamour et de la complaisance de ses comtes ; et rien ne pourra éteindre dans le cœur de ses habitants la reconnaissance et rattachement qu'ils en ont voué au roi et aux princes de sa famille, héritiers des vertus et du sang des anciens comtes de Champagne.
« Troyes, capitale de la Champagne, et toute la province, furent le premier et principal apanage de Jeanne, comtesse de Champagne, héritière des comtes de Champagne, rois de Navarre. Par son mariage avec Philippe le Bel, devenu roi de France, cette princesse fut la tige de Henri IV, ce héros duquel descendent Louis XVI et la maison royale actuellement régnante.
« Les établissements sans nombre que firent les comtes de Champagne dans cette ville, où ils fondèrent et dotèrent quantité de monastères et d'églises, eurent pour objet le commerce et Tindustrie et le soulagement des pauvres. Ils attirèrent dans leur ville de Troyes Tabondance et les étrangers; elle devint par leurs soins Tentrepôt général de l'Europe. Ces établissements, preuve de Tamitié pure de ces princes pour nos ancêtres, se manifestent et survivent encore dans la magnifique distribution des eaux de la Seine, dont les canaux, creusés à main d'homme, sont revêtus de chaussées dans l'espace de près de deux lieues au-dessus et au-dessous de la ville.
(I Les comtes de Champagne ont bâti l'église de Saint- Etienne et ils y ont choisi leur sépulture. Henri et Thibaud
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et leurs femmes.aDcétres de JeaDDe.qui le fat de Henri 1 V,y reposèrent. lis y ont fondé un Chapitre dont la destination et i*enipioi y sont d*élever sans cesse les mains vers le ciel, pour la prospérité du royaume et de la famille royale, et de répandre sur les pauvres les bienfaits de leurs fondateurs. Ils Tout dotée, ils y ont déposé pour le repos de leui*s âmes des dons considérables, gages de leurs travaux et de leur piété.
« De quelle douleur n*avons-nous pas été saisis, lorsque nous avons vu fermer cette église, abandonner ces tombeaux respectables de nos premiers souverains et négliger leurs cendres qui y reposent depuis plus de six siècles I Nous sommes menaces de voir enlever et disparaître tous ces pieux monuments qu*ils ont apportés de la Terre Sainte et qui en composent le trésor. Dans quels termes pourrons-nous exprimer les regrets et les alarmes que nous inspirent, pour la mémoire de ces princes et de leurs successeurs, les sentiments de vénération qui sont innés chez nous ?
« Devions-nous nous attendre à cette perte, lorsque le vœu de ce bailliage, consigné dans les cahiers des trois ordres convoqués au mois de lévrier 1790 (Usez 1789), a formellement demande la conservation de Tégiise de Saint- Etienne ?
« L'article \A\ du cahier du tiers-état dit « que le Chapitre de l'église collégiale de Saint- Ktienne de Troycs. menacé d'èlrc détruit par suite d'un arrêt du conseil du II mars 1787, soit conservé comme étant un monument de la piété des aucicus comtes de Champagne, et utile par la ressource que les pauvres trouvent journellement dans la charité de ce Chapitre. »
« Les articles VII et VIII du cahier de la noblesse, au mot clergé : « La noblesse du bailliage de Troycs réclame contre l'arrêt du Conseil du 11 mars 1787 qui supprime les saintes chapelles et nommément la collégiale de Saint- Etienne de Troyes fondée par les comtes de Champagne.