TRANSPORT DES CLOCHES
nous faire part de votre travail et nous adresser les états des cloches qui, dans votre district, sont dans le cas d'être envoyées et que vous enverrez eflectivenient, pour que nous puissions en instruire le ministre et nous assurer qu'elles parviendront à destination. Nous nous reposons sur vos soins et sur votre vigilance dans une circonstance aussi essentielle ».
Les membres du directoire de Nogent, loin de faire renvoi des cloches réunies au port, ne répondirent même pas au département. Aussi en reçurent-ils, le la octobre, cette lettre de rappel :
« Nous ne savons, Messieurs, à quoi attribuer votre silence, sur les opérations de la descente des cloches des églises supprimées et de leur envoi à Nogent pour être transportées à Paris. En vous adressant les lettres et instructions du ministre, nous vous avons priés de vous occuper de cet objet et nous faire part de vos opérations ; nous n'avons reçu de vous aucuns renseignements qui puissent satisfaire à Tempressement que le ministre des contributions publiques désire être mis à Texécution de la loi. Par la nouvelle lettre que nous venons de recevoir et dont nous vous adressons copie, vous verrez, Messieurs, qu'il est très instant de donner tous vos soins, tant pour opérer la descente des cloches que pour leur envoi, et que ces opérations ne doivent plus comporter de retards ».
Les administrateurs du district de Nogent restèrent sourds à ces instances du département. Après huit jours d'attente, ne recevant aucune réponse, le directoire leur réitéra l'ordre d'opérer l'envoi des cloches :
« C'est pour la dernière fois, Messieurs, que nous vous rappelons combien il est intéressant d'effectuer l'envoi des cloches des églises supprimées. Une lettre datée du jour d'hier, et que nous écrit le ministre des contributions publiques, nous exprime son mécontentement sur les retards que l'on a mis à ces opérations d'une manière si pressante que nous ne pouvons plus longtemps lui taire
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qae aoas vous avons transmis ses lettres et instructions à cet égard, et fait les invitations les plus instantes d*exéenter la loi, sans que, jusqu'à ce moment, vous ayes paru donner aucune attention à cet objet. Veuilles de grftoe, Messieurs, nous éviter une pareille demande, en nous mettant à même de faire au ministre une réponse et prompte et satisfaisante ».
Cette fois le directoire de Nogent répondit au département. Aucune cloche n'était encore déposée au port. Impossible donc d'en faire l'envoi à la Monnaie. Le département répliqua le a novembre :
« Si le salut de l'Etat, Messieurs, ne dépend pas de l'envoi de huit ou neuf petites cloches provenant des églises supprimées de votre district, le bon ordre dépend de l'exécution de la loi ; et c'est sous ce point de vue que nous vous avons invités de presser cet envoi, que le ministre des contributions publiques recommande expressément. Il est possible que vous n'ayez point encore vu arriver de cloches au port de Nogent ; mais cette négligence des autres districts ne peut légitimer la vôtre. Nous vous réitérons donc nos invitations, et nous osons espérer que nous n'aurons plus à cet égard de reproches à essuyer de la part du ministre que nous soyons dans le cas de vous transmettre )».
Ces reproches ne tardèrent pas à arriver. Le ministre, en eflet, écrivait, quelques jours plus tard, au département ce qui suit :
« Le peu d'empressement, Messieurs, que montre la très majeure partie des directoires de districts à faire procéder tant au recensement des cloches et cuivres des églises et communautés supprimées dans leur arrondissement qu'à leur transport aux hôtels des monnaies, a déterminé le roi à faire connaître ses intentions positives à cet égard par la proclamation dont je joins ici plusieurs exemplaires, Tun desquels est signé de moi, et que vous
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voudrez bien faire imprimer et afficher daas toutes les Tilles de votre départemeot.
« Sa Majesté attend de votre zèle que vous emploierez tous les moyens qui sont en votre pouvoir, pour assurer et accélérer Texécntion ; la chose publique y est intéressée sous différents rapports. Vous concevez^ en effet, que les entrepreneurs qui ont fourni des établissements, rassemblé des ouvriers, et fait des approvisionnements considérables, dans Tespoir d'être promptement et abondamment pourvus des matières propres à la fabrication qui leur a été promise, acquerraient des droits à des indemnités, si Ton différait de leur livrer ces matières, et que dans cet état des choses, il deviendrait impossible de continuer les distributions d'espèces qui se font aux hôtels des Monnaies.
c Je dois vous prévenir que je serai forcé de proposer à TAssemblée nationale de faire suspendre ces distributions pour les départements qui n'auront pas effectué leavoi de leurs cloches dans le délai fixé par la proclamation, parce qu'il ne serait pas juste que ceux qui n'auraient donné aucune preuve de zèle à cet égard continuassent d'être traités aussi favorablement que les départements qui, par leur empressement à faire exécuter la loi, auront seuls alimenté le travail de la fabrication ».
Le directoire de Nogent n'obtempérant pas aux ordres menaçants du ministre, celui-ci désigna, le ai janvier 1793, le député Louis Robin, qui passait pour être très dévoué aux idées de la Révolution, pour veiller au transport des cloches du département (i).
Le directoire de Bar-sur- Aube était, lui aussi, du nombre de ceux dont se plaignait le ministre pour leur peu d'em« pressement à observer la loi relative aux cloches. Ses membres furent avertis, dans les mêmes termes que ceux du district de Nogent, d'avoir à ne plus différer une opéra-
* (I) Aroh., I Q.3a7/i.
tien de laquelle on attendait beaucoap pour la prospérité des nuances publiques. Ils finirent, après avoir gardé un long silence, par effectuer ce qu*on leur demandait (i).
Outre les cloches, outre Targenterie, les églises et les maisons supprimées renfermaient un mobilier dont TEtat ne pouvait tirer parti qu'en le mettant aux enchères. A la vente de Saint-Martin -es -Aires, la fabrique de Téglise de Maraye acheta trois autels et six stalles, pour 8q5 livres. Les officiers municipaux et le curé de Lusigny obtinrent les châsses et les reliquaires de Larivour pour leur église paroissiale, mais on ne les autorisa pas à eu faire la translation solennellement, cette question ayant paru de la compétence de lévéque.
lis échangèrent, en 1792, six chandeliers d*autel contre six de Tabbaye ; mais on leur refusa Tostensoir, bien qu'ils ofirissentde faire la différence de sa valeur d'avec le leur.
Le mobilier fut mis en vente le 9 mars, on ne songea même pas à conserver les atlas et les cartes géographiques dont le monastère était richement pourvu, pas plus que certains tableaux qui devaient être réservés. Ces objets ne furent regrettés que par les professeurs de l'école de dessin, qui signalèrent ces faits regrettables au département le 10 avril (2).
L'église avec les bâtiments et leurs dépendances, le jardin et un pré dit le Pavillon, le tout entouré de murs, excepté du côté du midi, monta à 23.545 livres. L'orgue fut vendu le 16 mai pour 3. 200 livres au procureur de la municipalité de Saint-Dizier (3).
Ou envoya à la Monnaie la garniture de l'autel de Notre-Dame de Lorette de Téglise Saint-Nicolas, malgré
(i) Arch.,L. G. i/ai.
(a) J. Grcau, yotice sur les collections dont se compose le musée de Troyes, p. xiv.
(3) Arch., I Q. 333 ».
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les membres de la confrérie qui, aa nombre de a5, réclamèrent ces objets comme leur appartenant à eux et non à la Fabrique.
. Il avait tout d'abord été décidé de ne pas destiner à la fonte la croix en cuivre des Gordeiiers, et de la déposer à la cathédrale ; mais, le a6 septembre 179a, elle fut cédée à la commune pour être fondue.
Estissac fit l'acquisition du maltre-autel de Saint- Etienne et de cent carreaux de marbre de 1 ancienne collégiale.
Le département avait ordonné, dès le 11 août 1790, de dresser un inventaire de tout le mobilier de chaque maison religieuse, à Texception des linges et des hardes à Tusage du personnel.
Le mobilier de Tabbaye des Bénédictins de Villenauxe fut mis en vente le 6 mai 1791 (i).
(i) Voici UQ spécimen des afliches placardées pour annoncer cette vente et d'autres du même district :
DÉPARTBMBNT DB l'AuBB DISTRICT DB NoOBNT-SUR-SbINB