‹ Histoire du diocèse de Troyes pendant la RévolutionChapitre 88 sur 201 · NUMÉRATION DES CLOCHES · texte numérisé non relu

NUMÉRATION DES CLOCHES

La cloche du prieuré de Villacerf, fondue en 1783 sous le patronage de Couet du Vivier de Lorry, évêque d*Angers, abbé de Saint-Martin-ès-Aires et prieur commendataire de Saint-Sépulcre, est aujourd'hui daus le clocher de Téglise de Saint-Gratien près de Paris. Nous ignorons et le motif de cette lointaine translation, et ce qui a valu à cette cloche dépaysée le privilège de continuer à faire entendre sa voix, au lieu de subir le triste sort de la plupart de ses sœurs (i).

La cloche de la chapelle de Sèche-Fontaine, au territoire d'Arrelles, ne fit que changer de place. On la transporta à Avirey-Lingey où elle sert à appeler les enfants de Técole aux heures de classe.

Toutes les cloches, cependant, n'avaient pas été descendues ; un arrêté du 5 octobre 179a avait permis de laisser la plus grosse dans les clochers des oratoires.

Un premier envoi de 23 cloches de Troyes à Paris fut adjugé le i3 décembre 1791 à un sieur Larguillon d'Arcis moyennant a5 livres le mille pesant. 34 autres cloches du district de Troyes furent conduites, le 14 décembre 1793* par Pierre Doussot, aubergiste de Croncels, au magasin des Barnabites à Paris, moyennant le prix convenu de 35 livres par mille. Oq ne garda qu'une des cloches de Notre-Dame-aux-Nonnains pour la maison d'arrêt. Dans cet envoi on alla jusqu'à comprendre la clochette établie au tour des enfants abandonnés à THôtel-Dieu. Le poids total des cloches transportées à Paris s*éleva à a3.8o8 livres. La descente des 67 cloches des églises supprimées en 1791 et 1792 coûta 700 livres. Un dernier envoi de 21 cloches, pesant 34.790 livres, fut adjugé le 11 janvier 1792 à Jean-Baptiste-Hubert P'réininet, laboureur à Lusigny, moyennant nue somme de 869 livres i5 sous.

Elles ne liireiil pas toutes transportées à la Monnaie. Une de celles de Larivour fut vcnilue pour 2.200 livres à la

(I) An. A., 1897.

314 SPOLIATION BT YSNTB DBS MONASTiCRBS

paroisse de 'Saint-Parres-atix-Tertres et montée dans la tour de Téglise, après avoir été bénite solennelleinent le II mars 179a. Le 4 août 1793, le curé, le maire et les officiers municipaux réunirent les municipalités d'ArgentoUes, Beliey et Villechétif pour en faire la réception. Mais, comme elle n'était pas d*accord avec les anciennes d'un poids moindre et que la Fabrique de Téglise ne se trouvait plus en état d'en solder le prix, on décida de la descendre.

Les églises et chapelles supprimées du district d'Arcissur-Aube fournirent 16 cloches en février 179a (i). Louis Lesaint, charpentier à Dommartin, descendit celles des cantons d'Arcis, de Plancy et de Ramerupt Les Cordeliers d'Arcis, le prieuré de Sainte-Thuise, et celui de l'Abbayesous-Plancy, la Piété- lès-Ramerupt, le prieuré de Ramerupt fournirent tous deux cloches ; il n'y en avait qu'une aux prieurés de Méry, de VallantrSaint-Georges, de Saint- Mesmin et à la chapelle de Sainte-Syre. Une de ces cloches fut échangée contre une de Téglise de Romaines. On conserva la cloche de la chapelle de Ghampgrillet ; elle est suspendue aujourd'hui sur la voûte de l'église Saint- Urbain à Troyes.

Les cloches enlevées des maisons religieuses du district de Bar-sur-Aube pesaient 40.000 livres, elles étaient au nombre de 27. La descente des treize cloches de Clairvaux pesant, y compris trois timbres d'horloge, 23. an livres, fut adjugée à Ëdme Bonnet pour 4^5 livres, le 6 novembre 1791. Les paroisses de Couvignon, d'Arsonval et d'Ailléville échangèrent quelques-unes de leurs cloches contre de plus grosses provenant des églises supprimées (a). Ainsi le clocher d'Arsonval donna ses quatre cloches d'un poids

(i) Arch.,9b a a/3oi.

(2) Voir, dans la Croix de VAabe du 23 mars 1899, *» description d'une cloche de Clairvaux dans le clocher de Couvignon, et Arch , L. G/M.

ÉNUMÉRATION DBS CLOCHB8 315

de 3.2i55 livres contre trois de Beauliea. Trois cloches des Gordeliers de Bar-sur- Aube remplacèrent celles de l'église d'Ailleville; les chapelles des prieurés de Moutieren-risle, Belroy, Sainte-Germaine, celle de Thôpital do Saint-Esprit et celle des Capucins avaient une cloche chacune. Celle de Sainte-Germaine fut réclamée par le conseil de la commune de Bar-sur-Aube pour annoncer anx boulangers de la ville les heures fixées par la police pour la vente du pain. Le prieuré Saint-Georges de Ven* deuvre fournit trois cloches pesant 854 livres. Toutes furent conduites à la monnaie de Paris par Jean-Baptiste Lécuyer, moyennant sept livres par cent pesant. Le i3 septembre 1791, le district y avait fait l'envoi de six caisses de vieux cuivres pesant 5.335 livres et provenant de Clairvaux, de Beaulieu, et des couvents des Capucins et des Gordeliers (i). 162 marcs 7 onces d'argenterie, ayant la même origine, y furent expédiés le 5 décembre.

Dans le district de Bar-sur-Seine, l'abbaye de Mores fournit quatre cloches d'un poids de 88^ livres ; la Gloire- Dieu, deux cloches pesant 3oo livres ; la chapelle Saint- Hilairede Magnant n'en avait qu'une pesant 147 livres ; il n'y en avait qu*uQC également aux trois chapelles de Saint» Jean, de Saint-Antoine et de Saint- Louis aux Kiceyset au manoir de l'abbé de Molcsme à Rumilly.

Le mobilier de la chapelle Saint-Louis des Riceys fut mis en vente le 27 mai 1791 ; mais les statues, l'autel et ses gradins et la cloche ne trouvèrent pas acquéreur : le reste du mobilier fut adjugé 1261 livres 10 sous.

La chapelle des Ursulincs de Mussy fournit quatre cloches, et celle de la Passion à Bar-sur-Seine une petite pesant seulement 3^ livres. Toutes furent conduites au port de Nogent-sur-Seine par Edme Philippon, de Cellessur-Ource. moyennant 2 livres 4 s^us le cent. Un

(i)Arch., L. D. 3 16.

autre convoi pesant 1.843 livres eut lieu de Bar-sur-Seine à Nogent en avril 179^).

L'abbaye du Paraclet, dans le district de Nogent-sur- Seine, fournit trois cloches et 39 marcs 3 onces 7 gros et demi d'or ou d'argent. Les Capucins de Nogent envoyèrent leurs trois cloches également. L*abbaye de Scellières n'en avait que deux ; le Chapitre de Tralnel une seule, et Tabbaye des liénédictins de Nesle quatre : le tout pesait 3.000 livres. Mais les cloches des Bénédictins furent montées dans le clocher de Villenauxe le 3i octobre 1791 en échange des trois plus petites qui s y faisaient entendre depuis si longtemps (i).

Le directoire de Nogent, qui avait fait en 1791 un envoi de 88 marcs 3 onces 4 gros d'argenterie à la Monnaie, était chargé du transport des cloches déposées sur les bords de la Seine ; mais il ne se hâtait pas, au gré du ministre, d exécuter les ordres qu'il en avait reçus. Le département dut, le 26 août, les lui rappeler :

« Nous vous avons transmis. Messieurs, la lettre du ministre des contributions publiques, relative aux opérations prép<iratoiresà la i'onte des cloches, pour la fabrication de la monnaie. Nous venons d'en recevoir une nouvelle, par laquelle il nous mande qu*en attendant qu'on puisse rassembler et lui envoyer les renseignements sur les objets contenus en sa lettre du i4, il soit provisoirement pris les mesures les plus promptes pour faire transporter les cloches des églises et communautés supprimées a ceux des ports sur la rivière de Seine les plus voisins des lieux où ces cloches existaient, et qu'à lur et mesure qu elles arriveront sur les ports, elles seront chargées sur des hatoaux par des entrepreneurs chargés de cette opératiou. Nous vous les trausniettons, Messieurs, dans la persuasion que vous vous occuperez, sans délai, de donner à cette opération toute l'activité possii)le Vous voudrez bien

(I) Arch., L. K. «/aoe.

Page 1