‹ Histoire du diocèse de Troyes pendant la RévolutionChapitre 97 sur 201 · VENTE DES BIENS DU CLERGÉ · texte numérisé non relu

VENTE DES BIENS DU CLERGÉ

Tacquérenr démolit Téglise le lo août 1798 et les deux ailes du couvent en 1796 (i) : le prieuré de Saint-Vinebaud fut adjugé pour 19.400 livres ; la collégiale de Tralnel, pourSoo livres. La maison des Capucins de Nogent avait tout d'abord été désignée par le directoire pour servir de logement aux religieux sortis de leur couvent et dont la présence était des plus utiles à la ville où il n'y a qu une seule paroisse ; mais ce projet n eut pas de suite, et la maison fut achetée 10.900 livres le 8 juin 1791 (2) par le directoire de ce district qui s'y installa ainsi que le tribunal et la gendarmerie.

Les dépendances de Tabbaye des Bénédictins trouvèrent acquéreur moyennant 17.000 livres; les biens du prieuré de Saint-Jacques de Pont-sur-Seine, moyennant 82.700 livres ; Tabbaye du Paraclet s'éleva à 78.600 livres; la chapelle de Saint- Parres près de La Chapelle Saint-Nicolas et la maison du prieuré de Romiliy ne furent vendues qu'en 1794 ; des terres et des prés de la chapelle Sainte Elisabeth à Soligny furent adjugés 2.200 livres. Les chapelles de Saint-Roch, deNotre-Dame-de-Lorette, de la Belle-Dame, de la Trinité et du Dieu de Pitié à Nogent étaient toutes démolies en 1794 et les matériaux, cédés à vil prix.

Un certain nombre de curés rachetèrent les biens dépendant des cures et des Fabriques que la loi mettait en vente : c'est ainsi que la grange des dîmes à Saint-Julien fut acquise par le curé le 17 décembre 1791 ; trente arpents de terre de la cure de Bucey-en-Othe lurent adjugés pour 3.600 livres au curé ; de même à Turgy où l'adjudication produisit 6.600 livres le 6 juillet, à Moutfey, k Cussangy, à Sommeval, à Saint-Phal, au Piessis-Gâtcbled, à la Chapelle-Godefroy, à Nogent-sur-Seine, à la Saulsottc, à Soligny, à Avant-les-Mareilly, à Avon-la-Pèze, à Saint- Fierre-de-Bossenay, à Bouy-sur-Orvin, à Saint-Benoit-sur- Seine, etc.

(i) Notes fournies par M. Defer, curé de Villenauxe.

(a) Au lieu du 8 Juin^ noas avons lu 18 juin dans Arch. , L. D. 6/1 .

'é6i SPOLIATION ET VENTE DES MONASTÈRES

Un ancien curé de Saint- Jean, retiré à Paris, Jean Mocqueris, fit l^acquisition de Thôtel de Tabbé de Saint- Martin-ès-Aires (i).

Le clergé, qui avait généreusement renoncé à ses dîmes, ne se permit aucune réclamation contre la vente des biens dont on le dépouilla, sous prétexte d'aider au relèvement des finances de TEtat. Ce sacrifice de propriétés légitimement acquises ou possédées ne coûta pas aux prêtres, aux ecclésiastiques du diocèse de Troyes : ils se seraieot trouvés trop heureux si, en pratiquant le désintéressement le plus absolu des biens de la terre, ils avaient contribué à détourner les maux que la Révolution allait déchaîner sur TEglise et sur sa divine constitution. Malheureusement les Voltairiens de 1789 en voulaient à Toeuvre de Dieu même; ce n'ct<iicnt pas seulement les biens parfois considérables de TEglise qui étaient Tobjet de leurs convoitises ; ils poussaient plus loin, disons mieux, plus haut leur ambition.

Nous allons les voir désormais empiéter directement sur les droits les plus sacrés de TEglise, renverser les institutions séculaires fondées par Tépouse de Jésus^Christ, séparer la nation du vicaire de Dieu et mener la France dans rabiine du schisme le plus effroyable dont Thistoire ait gardé le souvenir, en décrétant la Constitution civile du clergé. Ainsi, après avoir le 4 août 1789 supprimé les dîmes ecclésiastiques, le 27 septembre enlevé aux églises les vases sacrés, le 18 octobre défendu les vœux monastiques, le 2 novembre adjuge à la nation les propriétés du clergé, le i3 avril 1790 (^té l'administration de ces biens à leurs possesseurs, le I4 du même mois salarié le clergé par un impôt, l'Asseinblée nationale attaque le 12 juillet les lois de TEglise, renverse son gouvernement spirituel, détruit sa foi et anéantit sa hiérarchie : tel est le plan dont nous allons raconter la réalisation par les protestants et les jansénistes aidés des philosophes qui avaient pour devise : Osez tout contre le clergé, vous serez soutenus !

(i) Arch., L. V., 1587.

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