CHAPITRE XXll
Dessain des Huguenots de s emparer du Roi à M eaux. Prébende de V église de Chartres y affectée à un Précepteur. Dessain sur la ville de Chartres. Prince de Condé couronné roi de France par les Huguenots et monnoie battue en son nom. Entreprinses sur diverses villes du diocèse de Chartres et autres. Bataille de Saint-Denis perdue par les Huguenots. Siège de Chartres et ce qui s'y est passé de plus considérable.
LE Roi estant allé à Meaux, les Huguenots tâchèrent de le prendre. Mais leur dessain aiantété sceu, Sa Majesté s'en revint à Paris, le 27 de septembre 1567. Geste frasqua imprima si avant dans Tesprit du Roi la haisne de ce parti, qu'il ne la quitta qu'avec la vie. Le Prince, voiant qu'il avoit manqué son coup, se retira à Saint-Denis en France où il ne mit guères à recevoir de monde, qui venoit à la file de tous costés vers lui, lesquels s'estant grossis ils s'épandirent autour de Paris pour tâcher de lui nuire.
L'on eut advertissement à Chartres de se donner de garde de An. 1567. quelque surprinse et qu'on eût à faire un guet, jour et nuit, au clocher neuf de la cathédrale. Dès le commencement du mois , messire Charles Guillard s'étoit rendu audit Chartres, tant pour y passer la feste de la Nativité de Notre-Dame et y faire Toffice que pour y mettre un précepteur pour l'instruction de la jeunesse, suivant ce qui avoit été arrêté par l'article 9 de l'ordonnance d'Orléans. On en trouva ce moien. Arnoud Belin, chanoine de Chartres, étoit décédé sur la fin de juillet 1566. Maistre Diogèues Lefebvre, prêtre de Chartres, et Guillaume Malherbaut requirent ceste chanoinie en vertu de leur grade. On se servit de l'occasion pour la faire adjuger audit Lefebvre, à la charge qu'elle seroit affectée à l'avenir pour un précepteur des enfans de la ville, et en feut le premier pourveu et receu chanoine le samedi 27 du même mois. Auquel le sieur d'Eguilli, gentilhonmie du païs, entra dans Chartres pour la garde d'icelle, y aiant eu de grandes entreprinses, ce jour-là, desquelles quelques-unes sortirent à effet, comme la prise de Soissons par Genlis et Chavannes, et Orléans par la Nocle, par la trahison de quelques habitans de leur secte. Vendosme fut aussi surpris par les Huguenots qui y donnèrent le rendez-vous aux trouppes de leur parti. La crainte qu'on en fit autant à Chartres fît qu'on ordonna qu'on ne sonneroit qu'ime cloche pour le service et que matines ne commenceroient qu'à six heures, et qu'on feroit réparer les tourelles et brèches qui étoient à l'entour de la ville.
Le Roi voiant que les Huguenots se cantonnoient en beaucoup d'endroits et qu'ils surprenoient des villes, envoia, le 10 octobre, le chancelier devers le Prince qui étoit toujours à Saint-Denis en France, pour sçavoir ce que lui et ceux de son parti demandoient. H ne rapporta que des propositions extravagantes et du tout inciviles, partie desquelles la Reine mère, accongnoissant être faites contre elles, résolue de n'endurer plus leurs insolences, persuada au Roi de ne faire aucune réponse à leurs demandes, mais de les renvoier sommer par un héraut qu'ils eussent à se rendre sans armes près de sa personne, pour lui témoigner leur obéissance, sinon qu'ils déclarassent s'ils vouloient avouer ou désavouer ce qu'ils avoient fait, pour aviser ce qu'on auroit à faire.
An. 1567. Le héraut se transporta avec sa cotte d'armes audit Saint- Denis, le 17 d'octobre , où il signifia au Prince ce qui lui avoit été commandé. Cela fit filer doux le Prince et ceux de son parti qui se restraignirent à la liberté de conscience, qu'ils demandoient leur estre accordée partout , sans aucune interprétation ou modification de lieu, ce que le Roi, n'aiant voulu passer ni eux démordre, chacun se résolut à la guerre.
Les Huguenots pensant avancer leur parti couronnèrent le prince de Condé, roi de France, et firent battre monnoie portant ceste inscription : Ludovicus XIII. D. G. Francorum rcx primus christianus , impudence intolérable qui ne peut s*essuier que par la perte et punition de ceux qui la commettent.
Cependant Sa Majesté voiant que les Huguenots amassoient gens de guerre de tous costés, elle voulut faire le semblable pour se munir contre eux, et pour ce, dès le samedi 4 d'octobre, elle dépêcha dans Chartres le sieur de Méréglise, gentilhomme, demeurant près d'Illiers, pour faire partir le sieur d'Eguilli et sa compagnie pour Paris. Messire Adrian de Gallot, chevalier, maire de Fontaine-la-Guion, fut prié par ceux de Chartres de commander en son absence , lequel le leur accorda.
Le dimanche 12* du même mois, il fut donné une chaude alarme à la ville dudit Chartres sur minuit, qui redoubla par deux fois et fit tenir la muraille bordée jusques au matin, dont il n'arriva que la peur. Ledit sieur de Gallot, considérant qu'il y avoit en la ville de Chartres des endroits foibles, fit faire la plate-forme ou terrasse de devant l'église de Sainte-Foi , fit réparer et gabionner les murailles et les mettre en état de deffense et s'asseura de Joseph Minier, canonnier, qu'il retint aux gages de la ville.
Durant ce tems-là, les Huguenots aiant ramassé des troupes, le vidame de Chartres les mena devant Janville et Estampes, qu'ils prindrent, et estant rebroussés à Dourdan ils sommèrent le comte de Choisi qui y commandoit de se rendre, ce qu'il fit, estant huguenot en l'âme , comme il le montra puis après.
Tandis que les compagnies des sieurs de Chavigni et de Chantcmêle qui étoient dedans Chartres furent mandées pour aller à Paris, les 24 et 25 dudit mois, et celles de la Barre, Brosseron et Bichot y vindrent le lundi 27 octobre, et le il® novembre celles de la Guiardière y entrèrent, faisant en tout
environ six cens hommes. Le Roi avoit envoie lettres à Char- An. 1567. 1res pour en lever jusques à huit cens pour la garde de la ville ; pour la solde desquels il fut levé huit mille quatre cens quatre livres.
Les Huguenots cherchoient un passage pour avoir communication avec ceux de Saint-Denis : pour ce faire, Dandelot et Mongonuneri furent, dès le 8 dudit mois de novembre, pour surprendre Poissi et Pontoise, de quoi aiant esté empeschés par le maréchal Strozzi qui jetta ses troupes dedans, ils descendirent le long de la Seine et trouvèrent ce qu'ils cherchoient à Saint-Ouen où, les troupes grossissans et les vivres diminuans, Téligni fut envoie vers les catholiques pour proposer quelques voies de paix. Les catholiques les refusèrent tout à plat, et, le 10* de novembre, ils donnèrent la bataille de Saint-Denis où la victoire demeura aux catholiques, avec la perte toutefois du connétable, lequel y aiant esté blessé en mourut trois jours après en son hostel de Paris.
11 sembioit qu'on eût pressenti ceste bataille à Chartres, veu que, la veille qu'elle fut donnée, il y eut procession générale en l'église de Sainte-Foi pour implorer l'assistance de Dieu contre les Huguenots. Le lendemain de ceste bataille, jour de saint Martin, le feu s'estant prins chez Estienne Lionnet, poudrier, demeurant en la grande rue de la porte des Espars, il y eut une forte alarme, craignant que ce fut à dessain, et toute la nuit la muraille demeura bordée. Le feu y demeura deux heures et n'y avoit presse à l'aller étaindre, à cause de la poudre à canon qui étoit en ceste maison: il y eut \m jeune garçon bruslé, le maistre fut blessé et quelques fenmies et enfans en danger de leurs personnes.
Le samedi 15« de novembre, la nouvelle de ceste victoire aiant esté apportée à Chartres, l'on ordonna qu'il y auroitle lendemain procession générale en l'égUse de Saint-Michel en actions de grâces d'icelle. Le mardi 18, messire de Martigues arriva au gitte à Chartres, faisant conduire cinquante-cinq chevaux chargés d'argent avec dix-huit cornettes et dix enseignes d'infanterie, lesquels partirent dès le lendemain pour Gallardon et de là à Paris. Le 4* dimanche de l'Avent qui étoit le 21 décembre, il y eut un jubilé à Chartres pour l'extirpation des hérésies, la manutention de la religion cathoUque et pour l'ob-
An. 1568. tention de la victoire contre les hérétiques. Messire Guillard se rendit en son église, pour le gaigner, en fit T ouverture, célébra la grande messe au grand autel, où il communia les chanoines, clercs et officiers de ladite église qui s*estoient disposés pour en percevoir le fruit. La veiUe et le jour de Noël, ledit sieur Guillard fit l'office dans ladite église, ce que je remarque expressément pour faire veoir que , combien qu'il fût soubçonné de favorizer la nouvelle opinion , il ne laissoit de se rendre aux bons jours en sa cathédrale pour y faire sa charge.
Les nouvelles de l'arrivée des Reistres estant venue aux Huguenots, ils envoièrent MaUgni, vidame de Chartres, au-devant pour les recevoir en Bourgongne , comme ancien ami du comte Palatin. Il les conduisit par TAuxerrois et nonobstant tout ce que put faire messire d'Anjou qui les cotoioit pour leur disputer le passage, il les fit passer parla Puisaie et le Hurepoix pour venir en Beausse, où ils s*attendoient d'assiéger Chartres. Leur dessain aiant été découvert, le comte de Martinengue fit entrer dans la ville le 24 de janvier, onze enseignes de gens de pied, et le mercredi 28 ensuivant, messire de la Trimouille, accompagné de 12 ou 15 hommes de cheval, y vint aussi. Le lendemain jeudi 29, il y eut quelque picque enlre les soldats sur quelques différens d'entre le gouverneur et ledit Martinengue. Le bourgeois, craignant que ceste émeute passast plus avant, ferma les boutiques et courut aux armes, soubz lesqueUes il demeura jusques à ce que ledit sieur de la Trimouille eut appaisé le tout. Le comte ne fut content de l'accord et pour ce, dès le lendemain 30 dudit mois, il sortit, à portes ouvrantes , de la ville avec la plupart de ses gens et se retira.
Le sieur de la Trimouille y demeura, en attendant ordi^e du ' Roi et y passa la feste de la Purification de Notre-Dame et assista au service du chœur. Plusieurs troupes de Huguenots levés en Provence et Daufiné se rendoient à Orléans. Le jeudi 5 febvrier, le comte de Martinengue envoia quérir le reste de son monde qui étoit demeuré dedans Chartres pour les conduire vers Orléans, et dès le lendemain ledit seigneur de la Trimouille partit aussi de Chartres.
Ceux d'Orléans assiégèrent Baugenci, lequel, estant abandonné par Martinengue, se rendit à composition comme fit aussi Blois. Monsieur qui étoit à Troies, aiant sceu le siège de Blois,
dépêcha le prince Daufln, gouverneur de ceste province, avec An. 1568. nombre de cavallerie pour l'aller secourir. Il arriva à Chartres Taprès-dinée que le sieur de la Trimouille en partit, accompagné seulement de trente-cinq ou quarante chevaux. Le lendemain qui estoit un dimanche, sa femme, flUe du sieur de Mézières, accompagnée de son père, Ty vint trouver. Le jeune vicomte de Paumi s*y rendit aussi de la part de Monsieur avec deux cens chevaux, et lui amena une vingtaine de prisonniers reslans d'une compagnie de six à sept vingt chevaux des ennemis qu il avoit défait près Houdanc.
Les nouvelles de la prinse de Blois aiant été rapportées à Chartres le lundi 9 de febvrier et que l'ennemi s^acheminoit vers Tours, le prince Daufln envoia promptement le vicomte de Paulmi, lequel, prenant sa marche par le Vendosmois, y arriva en deux nuits et \m jour au grand contentement des habitans. L'ennemi aiant eu le vent de ce renfort passa par Mont-Richard, qui fut défendu par le capitaine Buscheron, originaire du Ueu, et s'en vint joindre au gros de l'armée qui s'en venoit pour assiéger Chartres. Le mercredi 18 du même mois, le prince Daufln s'en alla de Chartres, au grand étonnement des habitans, quantité desquels, se voiant ainsi abandonnés, se retirèrent aussi ailleurs, et en fût sorti plus grand nombre si l'on n'eût fermé les portes.
Dans cet efTroi , les habitans aiant envoie fr. Jean Breton , religieux des Jacobins de Chartres, vers le Roi lui demander secours et un gouverneur. Sa Majesté y dépescha messire Antoine de Linières, chevalier de l'ordre, capitaine de cinquante hommes de ses ordonnances, avec deux compagnies de cavalerie, conduittes par le baron de Chemi, aussi chevalier de l'ordre, et le capitaine Rancé qui fut conune son lieutenant, et cinq enseignes d'infanterie. Ils se rendirent à la bonne heure à Chartres le 24 dudit mois sur les huit heures du soir, et logèrent leurs troupes aux faubourgs de la Porte-Drouaise. A son arrivée, il flt assembler le corps de ville, auquel, après avoir témoigné l'affection que Sa Majesté leur portoit, il leur fit entendre ensuitte le commandement qu'elle leur faisoit de n'épargner pour la défense et conservation de leur ville, qui portoit coup pour d'autres protestans, tant en son particuUer qu'au nom de tous ceux qui l'avoient suivi de mourir plutost
An. 1568. que de commettre chose qui leur pût estre reprochée et temir tant soit peu la gloire qu'ils s'estoient acquise en d^autres occasions pour le service du Roi , les priant très-afTectueusement de faire le semblable.
Quelques jours auparavant , Sa Majesté leur avoit envoie Jean de Bourdeilles, dit d'Ardelet, gentilhomme de Périgord, avec six enseignes de Gascons, que les habitans refusèrent de recevoir pour les insolences que conmaettoient les soldats. Bourdeilles néamoins tint bon et se logea avec son régiment aux faubourgs de la Porte-Guillaume jusques à ce que, se volant malmené parles habitans qui tiroient souvent sur eux, il se retira aux Moulins-Neufs entre Saint-Prest et Joui. Le mercredi 25 dudit mois, sur le mathi, il fut rapporté audit sieur de Linières que douze cens chevaux de l'ennemi avoient dévalizé quelques goujeatset bagage qui étoient demeurés derrière, et tenoient ledit sieur de Bourdeilles assiégé avec son régiment. Il monta incontinent à cheval et print avec lui quelques troupes d'harquebusiei^s et s'en alla par de là de l'abbaie de Josaphat pour veoir quel moien il y auroit de le secourir.
Aiantesté longtems-là à attendre, il se retira. Depuis aiant esté averti qu'il combattoit encores et que s'il étoit secouru, il pourroit se sauver avec ses hommes, il fit soudain monter à cheval messire de Chaumont, son lieutenant, avec sa compagnie et quelques harquebusiers à cheval qui donnèrent par le haut des vignes, et messire de Cerni envoia deux cens harquebusiers à pié conduits par trois capitaines qui prirent le long de l'eau avec le capitaine Jacques, allemand de nation, mestre de camp.
Si tost que l'ennemi eut avis de leur marche, il leva quatre corps de garde qu'il avoit en front du village et se retira de là l'eau, avec le gros de l'armée, laissant les assiégés en liberté, lesquels furent mis dès le soir dans la ville avec les troupes du seigneur de Linières qui étoient logés aux faubourgs, faisant faire serment tant aux habitans que soldats d'oublier les injures passées et de vivre en paix et union les uns avec les autres.
Les jeudi, vendredi et samedi furent emploies par ledit sieur de Linières à recongnoistro la ville pour la faire fortifier aux endroits les plus foibles, réparer et remettre en état les ravelins, particulièrement celui de la porte Drouaise, qui fut presque la
seule défense de ce quartier-là, et à départir les quartiers, gar- An. 156&. des et logis de chaque compagnie.
Aussi, aiant recongneu que l'eau de la rivière d'Eure qui tourne autour de partie de la ville, y entroit par des levées, écluses et chaussées, lesquelles estant rompues, l'eau se divertiroit facilement et rendroit les moulins, qu'elle faisoit tourner, inutiles, au grand dommage et incommodité des habitans, il fit dresser cinq ou six moulins à bras pour suppléer à ce défaut.
Le dimanche dernier jour du mois, ledit seigneur de Linières, aiant sceu que l'ennemi approchoit, il sortit par la porte Guillaume avec le sieur d'Ardelet, le capitaine Jacques et quelques gentilshommes, avec vingt et un harquebusiers à pied, pour recongnoître la marche et contenance de Tennemi et allèrent jusques au moulin-à-vent qui est entre Saint-Cheron et la BanUeue, d'où ils découvrirent l'armée huguenotte qui venoit vers la ville. A Tinstant il fit mettre le feu par tous les faubourgs, lequel fut bientost étaint par les propriétaires des maisons de sorte que , dès le soir, les François et les Normands se logèrent dans les faubourgs de la porte Guillaume et Morard, nonobstant la résistance qu'y apportèrent ceux de la ville qui ne peurent les empescher, tellement qu'ils étoient à couvert jusques sur la douve du fossé.
Piles et ses gens se rendirent maistres des faubourgs de la porte Saint-Jean et Drouaise; Mouvant avec ses Daufinois, Provençaux et Languedociens, s'emparèrent de ceux des portes Saint-Michel et des Epars , et les Lanskenets eurent leur quartier à Lèves et Josaphat et depuis aux Filles-Dieu, où ils accommodèrent quatre pièces d'artillerie qu'ils avoient traisnées jusques-là pour battre comme en courtine à la porte Drouaise et maintenir la brèche qu'ils prétendoient faire en cet endroit. Les grosses pièces fiurent logées en tête pour battre la muraille de la porte Drouaise. Ce qu'ils firent aisément pour la commodité d'une haute maison de laquelle ils percèrent les murailles pour passer le nez desdites pièces et y tirer à couvert. Il y en avoit quelques-unes proches de la ville lesquelles estant encore entières , servirent fort à l'ennemi pour mettre à couvert ses harquebusiers qui tirèrent de dedans sur ceux qui se présentoient sur la muraille de la ville, desquels ils tuèrent quelques-
An. 1568. uns auparavant qu'on y pût donner ordre. Ce que fit enfin ledit seigneur de Lignières par le moien des toiles qu'il fit tendre le long de ladite muraille, qui déroboient à Tennemi la veue de ce qui se faisoit dans la ville et sur la muraille.
Deux ou trois jours auparavant, les ennemis avoient envoie leurs coureurs pour découvrir et recongnoistre les avenues et endroits les plus foibles delà place, mais les habitans, à la diligence dudit sieur de Lignières, y donnèrent tel ordre que les ennemis n'en peurent profliter; car, bien qu'ils eussent intelligence dans la ville, ils furent obligés de se retirer se voiant découverts. Et d'autant que ledit sieur de Lignières recongneut que les ennemis pouvoient venir à couvert jusques à la porte Saint-Michel, le long du faubourg de Saint- Martin-au-Val , il fit rompre une arche du pont Saint-Martin pour empescher les gens de pié de passer.
Le lundi 1*^ jour de mars, partie de Tannée ennemie, s'estant mise à refaire ce pont, ledit sieur de Lignières, enaiant eu avis, y envoya une troupe d'harquebuziers , qui donnèrent une escarmouche bien chaude à l'ennemi le long du faubourg de Saint-Michel, qui dura plus d'une heure. Il demeura néamoins maistre dudit faubourg, dans lequel il se logea sur le soir du mesme jour; une autre troupe d'harquebuziers sortis par la porte des Epars l'alla attaquer au mesme endroit et l'entretint ime autre bonne heure sans pouvoir les dénicher delà.
Ces escarmouches ne furent inutiles pourtant, veu que, durant icelles, ledit sieur de Lignières fit mettre le feu dans le couvent des Cordeliers où il y eut une belle bibliothèque bruslée, dans l'abbaïe de Saint-Jean et en plusieurs autres édifices, lesquels demeurant debout et en leur entier eussent beaucoup servi aux assiégeans et apporté plus de nuisance aux assiégés. L'on eut l'issue qu'on en espéroit, pour ce que les Huguenots voiant que, par ce moien, ils perdoient un grand avantage, ils y accouroient de toutes parts pour l'éteindre et contraingnirent les boute-feux de se retirer plus vite qu'ils n'y estoient allés; les moins diligents desquels y demeurèrent pour les gages.
Le mardi 2 de mars, plusieurs trouppes d'arquebuziers sortirent par la porte des Epars, qui allèrent escarmoucher Ten-
nemi qui s'estoit logé dans la chapelle et bastiment du prieuré An. l^os. de Saint-Lubin où est à présent le couvent des Capucins , et au faubourg de Saint-Michel, et les entretindrent bien deux heures et demie.
Cependant Ton commença dans la ville deux retranchemens, depuis Tabbaïe de Saint-Père jusques à la Porte Morard , avec deux bons cavaliers qui leur servoient de flancs.
Le mercredi 3 et jeudi 4, on fit travailler tant audit endroit que près du Massacre, lieu autrefois destiné pour tuer la chair de boucherie, à Tautre bout de la ville, où furent aussi commencés deux autres retranchemens avec trois cavaliers servant de flancs. Au mesme tems, fut dressé un cavaUer entre la porte Drouaise et celle de Saint -Jean où du depuis fut logée la Huguenote , pièce ainsi renommée pour ce que les Huguenots , fuiant de la bataille de Dreux, Tavoient laissée embourbée par le chemin et que les habitans Tavoient esté quérir et Favoient conduitte en leur ville avec une autre pièce de campagne, desquels Tennemi récent beaucoup de dommages, le battant à plomb, et ne pouvant à cause de cela demeurer en asseurance dans le fossé.
Il ne laissa toutefois de placer le canon qui avoit esté amené d'Orléans avec quelques munitions, ce mesme jour, devant la I)orte Drouaise, ni Tinfanterie de se loger dans le faubourg de la mesme porte et dans Saint-Maurice, du clocher duquel il découvroit la pluspart de ce qui se passoit dans la ville.
Le vendredi 5 du mois, les Lanskenets ou Allemands quittèrent leurs logements de Lèves et Josaphat pour prendre celui des Filles-Dieu et es environs , conduisant avec eux l'artillerie , qu'ils assirent au bout du clos dudit Prieuré, du costé de l'eau, vers l'endroit qu'ils avoient arresté de battre , et placèrent au haut des vignes du clos de l'Evesché deux pièces de campagne, avec deux autres plus haut pour battre la brèche en flanc.
Le samedi 6, sur les six heures du matin, commença sa batterie de cinq pièces, droit à l'encongneure de la porte Drouaise du pont de laquelle il rompit les chaînes, de manière qu'on ne pouvoit plus le lever. Mais aiant recongneu que le ravelin qui estoit dans ceste porte et la couvroit, rendroit leui-s efforts inutiles , ils prindrent résolution de l'enlever. La charge en fut donnée à du Bourdet, gentilhomme saintongeois, lequel,
An. 1568. avec trente ou quarante, tant soldats que pionniers, se jetta dans le fossé, et s'attachant contre le cul dudit ravelin, commencèrent à le sapper. Estant aperceus par ceux de la ville , ils reversèrent d'une harquebuzade du Bourdet ; et ensuite messire de Lignières fit sortir sur le midi par la porte des Epars cent cinquante harquebuziei^s, que quelques-uns réduisent à soixante seulement, soubs la conduite du capitaine Floiac , lesquels, avec des écharpes blanches , se coulèrent le long du fossé jusques audit ravelin, où un soldat nommé de Moulène tua un canonnier; tant lui que ses compagnons taillèrent en pièces ceux qu'ils trouvèrent occupés à la sappe d'icelui et amenèrent prisonnier avec eux une des enseignes colonelles de Dandelot, sans perte d'aucun de ceux de la ville.
Sur les quatre heures du soir, le capitaine Jacques , accompagné de quelqu'un de ses soldats , se promenant sur les ramparts vers la porte de Saint-Michel , apperceut une compagnie des ennemis qui faisoit un corps de garde près le fossé d'icelle. Il sortit sur eux , les défit et mit en déroute ; et un habitant nonuné Nicolas de Boussi prit l'enseigne qu'il apporta à messire de Lignières qui lui donna cmquante écus. Quelques autres, au nombre d'environ six vingt, voiant que la chance en avoit dit à ces premiers, chargèrent un autre corps de garde prochain, où ils taillèrent en pièces la plupart des soldats qu'ils y trouvèrent et se retirèrent glorieusement sans perte d'aucun d'eux.
Le dimanche 7 du mesme mois , reconmiencèrent leurs batteries au mesme endroit, le long de la courtine, qui dura depuis une heure après midi jusques à trois , et cependant aiant mis bas environ vingt pas de muraille, ils donnèrent l'assaut au ravelin de la porte Drouaise après y avoir tiré trois ou quatre' volées de canon et le firent quitter au nostre par le peu de courage de la Barre-Chàlet qui le leur abandonna. Le sieur de Lignières considérant que, si ceste pièce demeuroit au pouvoir de l'ennemi, il pourroit s'y loger et sapper le pied à la tour de la porte Drouaise sans en estre empesché d'aucun flanc , il appela les capitaines qui estoient près de lui et s'estant touchés en la main avec promesse de bien faire leur devoir, il fit jetter deux planches pour passer audit ravelin, attendu que le pont avoit esté rompu du canon, et marchant d'une brave résolution, la teste baissée, il entra dans icelui avec le capitaine Sainte-
Preuve, gentilhomme champenois, lieutenant d'une des com- An. 1568. pagnies colonnelles du sieur de Cerni, et quarante soldats seu* lement qui le voulurent suivre, y joignirent Tennemi de si près qu à coups de mains ils repoussèrent si brusquement qa*il en demeura, soit en ceste attaque, soit en la précédente, plus de deux cens, et des nostres, cinquante ou soixante, tant blessés que tués. Le sieur de Sainte-Preuve y perdit la vie, qui fut fort regretté de ceux de la ville à cause de sa jeunesse et qu'il donnoit de grandes espérances de Tavenir. Néamoins les nostres demeurèrent les maistres dudit ravelin que Tennemi ne peut regaigner du depuis.
Au mesme tems, leà ennemis présentèrent Tescalade avec grand nombre d'enseignes au ravelin de la porte Saint-Michel, à la deflense duquel le sieur d'Ardelé fut blessé à la joue, dont il mourut le 16 dudit mois. Les Huguenots voiant le peu d'avancement que faisoit leur batterie, ils la remuèrent et mirent leurs pièces plus bas pour battre la muraille qui est entre la porte Drouaise et la tour des Herses.
Dès le lundi 8, ils recommencèrent à battre ladite tour, de laquelle ils abatirent les deflenses et firent brèche dans peu de tems de quinze ou seize pas de longueur à la muraille , que ledit sieur de Lignières fit aussitôt réparer, faisant semblant de ne s'en soucier, tant à cause des retranchemens et deffenses qu'il avoit fait faire que pour le raveUn de la porte Drouaise qui commandoit à ce quartier-là.
La nuit d'entre le lundi et le mardi suivant, ledit sieur de Lignières sortit de la ville, accompagné du capitaine Jacques, pour aller audit ravelin où le capitaine Reclainville estoit en garde, afiBn de veoir conmie le tout y alloit. Après y avoir laissé ses ordres, il rentra dans la ville; mais, pour le capitaine Jacques, s'estant arresté audit ravelin, il descendit dans le fossé avec deux soldats du capitaine Nefville et cinq des siens , ofita les encombres de la brèche , les fascines et autres bois que les ennemis y avoient jette pour leur servir à l'assaut et les fit monter sur la muraille et mit le feu dedans. Il fut de là prendre avec ses soldats neuf tonneaux que l'ennemi avoit jettes dans les fossés devant ledit ravelin pour s'en servir de traverse et couyerture, lors dudit assaut, qu'il fit pareillement enlever et brûler sur la muraille.
kn. 1568. Le mardi 9, les ennemis recommencèrent leur batterie dès le matin, depuis la tour des Herses jusques auprès de la première brèche et tirèrent huit vingt-neuf coups de canon avec lesdites pièces , depuis les six heures du matin jusques à deux à trois heures après midi, qu'il se trouva qu'ils avoient fait brèche d'environ trente pas jusques au pied de la muraille. Ils n'y peurent toutefois que faire , d'autant que le sieur de Lignières y avoit si bien pourveu par un beau retranchement en front et deux bonnes traverses aux deux côtés qui flanquoient la brèche par le dedans, voire durant la batterie, le tout fut rehaussé et renforcé de terre , de lits et autres matières avec telle diligence qu'ils esloient en bonne deffense, quand la brèche fut faite, et estoient les soldats et habitans en bataille et en fort bon ordre, pour recevoir l'ennemi, s'il se fût présenté.
Au pied de la brèche, il y avoit une grande fougarde, à laquelle le feu se prit par la mèche d'un soldat, mais incontinent il en fut refait deux autres. L'ennemi se mit en bataille pour donner l'assaut; la cavallerie, qui pouvoit estre de six mille, descendit de Saint-Cheron et autres lieux et envoia recongnoistre la brèche par quatre tant capitaines que soldats , pour ne se bazarder mal à propos, trois desquels y laissèrent leurs bottes et le quatrième se sauva par dedans l'escluse dans laquelle il estoit dans l'eau jusqu'au col. Ils ne laissèrent de venir planter leurs enseignes au pié du ravelin , sans toutefois pouvoir se loger dedans. Sur le soir, ils furent contrains de déloger des fossés pour y estre grandement incommodés de la Huguenote qui les battoit incessamment de dessus le cavaher qui estoit entre ladite porte Saint-Jean et la Drouaise. D'ailleurs, aiant recongneu, tant du haut des vignes que du clocher de Saint-Maurice qui estoit fort élevé , les tranchées et fortifications de la ville et la posture des assiégés qui n'avoient envie de se feindre , ils n'osèrent donner l'assaut.
Le mercredi 10, les ennemis, pour faire veoir qu'ils n'estoienl endormis, tirèrent quelques volées de canon, sans aucun efi'et.
Le jeudi 11 , ils firent le mesme, et le soir M. de Lignières fit soilir, par un trou qui avoit esté fait vis-à-vis de leurs batteries, vingt-cinq arquebuziers qui donnèrent jusques dans le corps de garde des Allemands qui estoient près de leur artillerie
où ils en taillèrent quelques-uns en pièces et s'en alloient pour An. 1568. enclouer leur canon , sans le guet de la ville qui les découvrit et sonna, pensant à leurs mèches allumées que ce fussent les ennemis qui vinssent se présenter à la brèche, ce qui leur fit regaigner la ville, sans avoir receu aucun dommage.
Le vendredi 12, Tennemi tira quelques coups contre les guettes de la poile Morard et levèrent leur artillerie , pour venir la placer contre les herses de la tour proche de ladite porte, où ils avoient déjà fait leurs approches jusque sur la douve du fossé, et pour avoir plus de liberté de passer, aller et venir, ils s'avisèrent de rompre le petit buot et de détourner l'eau , ce qui empescha tous les moulins de la ville de moudre. S'ils l'eussent fait plutôt, ils eussent eu la ville, veu que les moulins n'aiant que cinq moulins à bras, qui n'estoit pour fournir la ville de farine, ils eussent esté contrains de se rendre.
Le samedi 13, il arriva un trompette de la part du Roi avec lettres, contenant cessation d'armes jusques au 25 du mesnie mois.
Le dimanche 14, ce trompette fut renvoie par le sieur de Lignières au sieur d'Andelot, logé au faubourg de Saint-Maurice pour lui faire sçavoir qu'il eût à faire retirer ses troupes à demie-lieue de la ville , de crainte que les soldats ne parlementassent ensemble, faisant deffenses à tous les siens, de quelque quahté ou condition qu'ils fussent, de parlementer, converser, mettre cordages hors des murailles ou faire autre chose qui pût favorizer l'ennemi, sur peine de la hard, avec commandement que, s'ils voioient paraître quelqu'un des ennemis, qu'ils eussent à l'en venir avertir, faisant en cela fort prudemment, veu que, bien souvent, durant ces pourparlers de paix, on ne laisse de surprendre les villes. Le trompette fut renvoie par d'Andelot au prince de Condé, lequel la nécessité de ses affaires fit entendre à la paix, et pour ce il fut fait deffense, tant d'un côté que d'autre, à peine de la vie, de tuer sans l'exprès commandement des généraux et capitaines.
Dès le lundi 15, l'armée ennemie délogea, partie prenant la marche par Thivars et Bonneval, partie par lUiers, et à leur délogement, ils mirent le feu es églises de Saint-Cheron, la Banlieue, Saint-Barthélemi , Beaulieu, Morancées et autres; et dans celle des Filles-Dieu furent trouvés quelques restes de
An. 1568. corps d'ecclésiastiques qu'ils avoient commencé à brûler. Ainsi la ville fut délivrée de ce siège, et les AUemans s'en retournèrent chez eux, chargés d'un gros butin.
Les Huguenots s'attendoient bien d'en faire un très-grand au pillage de la ville , à cause des richesses qu'ils s'imaginoient devoir y trouver, tant dedans l'église cathédrale qu'ailleurs. Le prince de Condé avoit déjà vendu le plomb dont elle est couverte, mais il ne put le livrer, d'autant que la Vierge glorieuse deffendit la ville, qu'elle recongnoist connue sienne, contre ses haineux et de son fils. Ce qui se peut tenir pour constant par les vestiges des balles qui se veoient dessus, dessoubz et à costé de l'image de ladite Vierge en grand nombre, desquelles, par un signalé miracle , pas une ne toucha ledit image qui est sur la Porte Drouaise, quoique les Huguenots eussent tiré contre plus de mille coups.
En mémoire de ceste signalée délivrance et miracle, il se fait tous les ans procession générale, le 15 de mars, à l'endroit où se fit la brèche, près et devant lequel, en l'an 1600, maistre Simon Souquet, chanoine en l'église collégiale de Saint-André dudit Chartres, comme exécuteur testamentaire de messire Simon Berthelot, son oncle, aussi chanoine en ladite égUse, fit bastir une petite chapelle, soubs le nom de Nostre- Dame-de-la-Brèche autrement de la Victoire , et se font prières à ladite procession pour ceux du parti de la ville qui y furent tués. On en compte environ 250, entre les plus remarquables desquels fut le jeune Bourdeilles d'Ardelé, qui décéda le lendemain de la levée du siège et fut inhumé par exprès conunandement de Sa Majesté en la cathédrale, qui est le plus grand honneur qui soit arrivé à aucun de sa condition , n'y aiant , depuis que l'église est bastie , aucun qui y aie receu sa sépulture.
Les chanoines firent ce qu'ils peurent pour l'empescher, alléguant que l'église estoit creuse partout et les fondements d'icelle si larges et spatieux, qu'on n'y pouvoit trouver de terre; mais, nonobstant toutes leurs remontrances et raisons , Sa Majesté voulut qu'on rendît ceste recongnoissance à la valeur dé ce brave seigneur qui avoit exposé sa vie pour la conservation de ce temple, et ordonna qu'on lui dresseroit un tombeau de pierre élevée de trois pies, à costé du grand autel, près la porte du chœur qui regarde la sacristie, où il se veoid encores.
Caulmont, lieutenant du seigneur de Lignières, fut enterré An. 1568. ^ux Jacobins; le capitaine Sainte-Preuve et le lieutenant du capitaine Floiac y furent aussi tués et peu d'autres de condition. Des ennemis, il y en eut de trois à quatre cens, tant François -que Lansquenets.
La chapelle ci-dessus aiant esté bastie. Ton y fit mettre une image de Nostre-Dame, comme aussi en Téglise de Saint- André, limage d'une vierge tenant son fils sur un bras gauche, et du droit étendant un ample manteau , soubz lequel elle met à couvert des prestres, religieux et bourgeois, hommes et fenunes, qui sont à genoux devant elle; et de l'autre côsté il y a im tas de petits gendarmes qui semblent faire mine de tirer contre «Ue. Les Huguenots estimant que ceste image ainsi représentée servoit à leur confusion, en firent bien du bruit et présentèrent requeste au Conseil vere 1603 pour la faire oster, à tout le moins ces petits soldats. Messire Mangot, maistre des requestes, et depuis garde des sceaux de France , vint exprès à Chartres , pour les faire oster. Ce qui fut exécuté pour lors; mais quelquesuns les aiant trouvés, les y ont remis et s'y voient encores. Aussi, pour mémoire à l'avenir de ce siège, en faisant bastir la muraille où on avoit fait la brèche, on fit graver sur une table de pierre les dix vers qui ensuivent, qui s'y lisent entre la porte Drouaise et la tour des Herses.
Postmtati Diim nova Relligio studia in contraria ci€(xis Gallorum mentes agit y et bello orrmia miscet, Camuttmi premitur magnâ obsidione, globisque Machina sulphureis oppugnat mœnia, qxix nunc Sarta et tecta vides, salva incolumisque rerna/nsit Urbs Duce Lignerio, populi curâque fidelis : Atque manu parvâ numerosum reppulit agmen, Quàm pro Rege suo^ patriàque, arisque, focisque Sit pulchrumpugnarCy atque hosti céder enumquàm Exemplo hoc discant nati, serique nepotes! Carnutum obsessu^n, anno Domini M DLXVIII, Pridie kaL Martiiy soluta obsidio idibus.
Je trouve les mesmes vers ailleui*s examètres et penta-
An. 15G8. mètres, que je rapporterai suivamment, aflin que le lecteur puisse choisir ceux qui lui viendront mieux à gré.
Dùin nova Belligio studia in contraria Gallos
Scindit et insanus cogit ad arma furor, Carnutum premitur magnâ obsidione, ruuntqiœ
Crebrô œnjectis mxnia fulminibus, Sed pater omnipotens casus avertit acerbos
Prestoque adest urbi Virgo beata suœ.
Fa Duce Lignerio, clero adnitente potenter,
Ac populo y hostiles terga dedere manus. Sic pro rege tuOy patriâque, arisque, focisquc
Disce patrum excmplo vincere, Posteritas!