‹ Histoire du directoire: 2 tom. augm. de pièces justificativesChapitre 109 sur 204 · LA PAPAUTÉ · texte numérisé non relu

LA PAPAUTÉ

Quelle était, au mois de juin 1796, lorsque les instructions du Directoire pressaient Bonaparte d'envahir les États de l'Église, la situation territoriale de la Papauté, et que restait-il intact, sain et debout, dans l'esprit de ses propres populations, de celte au ■ torité politique si ancienne, si étendiie, et longtemps si efïîcacement suspendue sur la tête des nations les plus lointaines et des plusgrands souverains?

L'ÉtatderÉglise,dontlaformalion légale et défini tive, qui trouvera sa place plus loin, remonteau pape Etienne II, vers le milieu du huitième siècle, avait une existence de fait, due à l'action morale de la Papauté, avant de recevoir une consécration politique et de prendre rang parmi les autres gouvernements de l'Europe. Composé, durant cette première existence de fait, du duché de Borne, il s'accrut, avec le temps, par les donations, en villes et en terri-

jbïGooglc

loires, faites par Pépin le Bref, par Cbarlemagne, par l'empereur Henri IH, par Mathilde, comtesse de Toscane , enfin par Philippe le Hardi , roi de France ; et il reçut sa dernière forme et ses dernières limites pendant le seizième siècle, sous le pontificat d'Alexandre VI, de Jules H, de Léon X, de Paul Hf et de Clément Vlll, successivement et diversement appuyés par l'Espagne et par la France.

Situé entre les Élats de Venise, le duché de Milan, la mer Adriatique, le royaume des Deux-Siciles, la Méditerranée, le grand-duché de Toscane et le duché de Modène, l'Ëtat de l'Église comprenait, en 1796, ce même territoire italien qu'on lui voyait encore en 1858, avant la dernière guerre entre la France et l'Autriche. Le comtat Venaissin , que Philippe le Hardi avait cédé au papeGrégoireX, en 1374, et Avignon, que le pape Clément V avait acheté de Jeanne de Sicile, comtesse de Provence, en 13i8, avaient été réunis au territoire français, en 1 791 , par l'Assemblée constituante.

Forte encore en 1796, respectée, «incalculable',» selon l'expression de Bonaparte, l'influence de Bome sur les peuples d'Italie avait néanmoins subi les elfets naturels de la marche régulière des sociétés modernes.

Les générations nouvelles , tout en se pénétrant de plus en plus des principes moraux et civilisateurs du christianisme, ont une tendance visible àse dégager

' Corrtsjmndanct de NafMléon I", t. 11, p. 5t; 8 octobre 1796.

jbïGoogIc

Page 1