LIVRE QUARANTE ET UNIÈME, 2i
de rinflueoce temporelle et de l'adminisiration civile el politique du clerç;é. Ce n'est ni éloignement de la religion , ni défiance où dédain de ses ministres : la sociélé laïque a, d'une manière plus raisonnée et pins générale qu'en aucun autre temps, le sentiment et le respect de la mission , des lumières et des vertus de la sociélé ecclésiastique; mais elle en veut rester séparée et indépendante , en ce qui touche les aiïaires purement humaines.
Formée, élevée, épurée par le long enseignement de la société ecclésiastique, la sociélé laïque se sent désireuse et capable de se conduire elle-même, sauf à puiser incessiimment dans le sanctuaire les conseils et la force nécessaires pour donner aux actions des hommes une direction conforme à leurs fins.
Les mœurs modernes tiennent donc le prêtre plus loin du monde , plus près de Dieu.
Dans l'État de l'Église , tel qu'il était en 1 796, la tendance générale de la société à se séculariser, dans son administration et dans son gouvernement, était aggravée par l'espèce de contradiction qu'il y a, du moins au premier abord, entre l'habit ecclésiastique et la fonction mondaine. Le seizième siècle a pu voir des cardinaux commander des flottes ou des armées, et même des papes conduire des troupes à l'assaut d'une ville : un pareil spectacle , impossible aujourd'hui, ne fut jamais sans inconvénients pour la religion, même à l'époque où il était autorisé par les mœurs. S'il a véritablement l'esprit militaire, m. 16
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JiS HISTOIRE DD DIRECTUIRE.
l'homme voué à Tante! oe saurait être qu'uo prêtre -médiocre; s'il a l'esprit ecclésiastique, il De saurait être qu'un soldat d'ordre inférieur. Le sanctuaire n'inspire pas les mêmes idées et les mêmes mœurs que le camp.
D'ailleurs, le désir naturel de se pousser dans les carrières honorables jetait la jeunesse de l'État de l'Église dans la voie de la prélature, la seule qui menât alors aux emplois du gouvernement. La soutane couvrait donc toutes les ambitions , avec le cortège des imperfections qui se mêlent à la nature humaine; et là où tout fonctionnaire appartenait, de près ou de loin, au clergé, la religion portait au fond la responsabilité de toutes les faiblesses du temporel gouvernement de l'Église , parce que leurs auteurs avaient au moins extérieurement un caractère religieux.
Aassi Bonaparte, juge impartial et éclairé, put-il déclarer qu'il avait trouvé le gouvernement romain médiocrement ancré dans l'esprit des peuples, surtout dans les Légations, qui , ramenées à l'obéissance à la fin du seizième siècle, avaient conservé l'esprit et le regret de leurs anciennes franchises municipales '.
> « La légation de Bologne est une dea parties les plas riches des États du Pape. On ne se fait pas une idée de la haine que cette ville a pour la domination papale. Ce pape-ci leuraôt^ une grande partie de leurs privil^es, auxquels ils paraissent fort attachés. ■ CormpondaneedelfapoUml*', l. II, p. 536; Mjuia 179$.
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