‹ Histoire du directoire: 2 tom. augm. de pièces justificativesChapitre 178 sur 204 · LIVRE QUABANTE-QUATRIÈME. iOI · texte numérisé non relu

LIVRE QUABANTE-QUATRIÈME. iOI

envoyées, el cependant un certain nombre de députés, régulièrement convoqués, arrivèrent trop lard, notamment Salicetti et Briot : ce dernier élail l'un des plus ardents meneurs du Manège, car il fut compris dans la liste des députés exclus , le 1 9 brumaire, du Corps législatif.

Le 18 brumaire an YIII — 9 novembre 1799 — , le Conseil des Ancieus se réunit , sous la présidence de Lemercier, entre sept et huit heures du matin '. Aucun mouvement ne se faisait remarquer à l'extérieur, et il n'y avait aux Tuileries que la garde ordinaire des grenadiers du Corps législatif. Le Conseil, en trèfr^rande majorité, entra en séance, précédé de sa musique. Sieyès et Roger-Ducos ne tardèrent pas d'arriver, el se rendirent dans une salle qui avoisinait le bureau des procès-verbaux.

Cornet demanda la parole; il rappela les symptômes alarmants qui se produisaient depuis quelques jours, expliqua, par la nécessité de prendre un parti, la convocation extraordinaire du Conseil, et invita ses collègues à arrêter immédiatement les mesures qu'exigeaient les circonstances.

Régnier, plus précis et plus concluant, parla des brigands audacieux qui accouraient alors à Paris, à la voix de leurs chefs, el proposa de transférer momentanément le Corpslégislalif dans une commune voisine

' Le lUoniteur dit sept lieures. Une brochure très-exacte et Irèsdétaillée, publiée peu de jours après l'ëvëDement , intitulée : Mémoires historiques, sur te diie-huil brumaire, dit à huit heures.

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de Paris, a6n que là, à l'abri des surprises et des coups de main, on pAl, dans le calme et la sécurité, aviser aux moyens de faire disparaître les périls actuels. Il insinua qu'en cas de résistance Bonaparte était prêt à exécuter la décision du Conseil, et il termina en lisant, en son nom et au nom de plusieurs de ses coliques, le projet de décret suivant :

a LeCoDseil des Anciens, en vertu des articles 1 02, 103 et 104 lie la Constitution, décrète ce qui suit:

» Art. 1". Le Corps législatif est transféré dans la commune de Sainl-Cloud.

» Art. 2. Ils y seront rendus demain, le 19 bru* maire, à midi. Toute continuation de fonctions, de délibérations, est interdite ailleurs et avant ce temps.

» Art. 3. Le général Bonaparte est chargé de l'exécution du présent décret. Il prendra toutes les mesures nécessaires pour la sûreté de la re[»résenta< (ion nationale.

» Le général commandant la dix-septième division militaire, la garde du Corps législatif, les gardes nationales sédentaires , les troupes de ligne qui se trouvent dans la commune de Paris , dans l'arrondissement constitutionnel et dans toute la dix-septième division, sont mis immédiatement sous ses ordres et tenus de le reconnaître en cette qualité.

» Tous les citoyens lui prêteront main forte à sa première réquisition.

» Art. 4. Le général Bonaparte est appelé dans le sein du Conseil pour y recevoir une expédition du

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présent décret et prêter serment. Il se concertera ave&la commission des inspecteurs des deux conseils.

» Art. 5. Le présent sera de suite transmis par im messager au Conseil des Cinq-Cents et au Oirecloire exécutif; il sera imprimé, afficbé, promulgué, et envoyé dans toutes les communes de la république par des courriers extraordinaires. »

Dès que Régnier eut terminé sa lectsre, quelques membres demandèrent à faire des observations; quelques autres furent d'avis de procéder immédiatement au vote. Le Conseil, consulté par son président, fut d'avis de déclarer la discussion close,- et le décret fut mis aux voix et adopté.

Le Conseil adopta encore une adresse aux Français proposée par Cornudet , et la séance fut suspendue jusqu'à l'arrivée de Bonaparte, auquel deux des quatre inspecteurs. Cornet et Baraïllon , allèrent notifier snr-le-rf»amp le décret qui venait d'être rendu.

YIII.

Pendant que le Conseil des Anciens rendait le décret de translation , Bonaparte se [«réparait à l'exécuter. Il fit dire, pendant la nuit, aux officiers de la garnison de Paris, qu'il les recevrait te lendemain, 18 Brumaire, à six heures du matin; et il prétexta un voyage pour couvrir ce que cette heure pouvait

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iOi HISTOIRE DU DIRECTOIRE.

avoir d'insolite. H adressa la même invitatioa aux quarante adjudants de la garde nationale, et il fil annoncer aux trois régiments de cavalerie qu'il les passerait en revue aux Cham ps-Élysées, à sept heures. Lefèvre, qui commandait la dix^septième division militaire, fut prévenu, à minuit, de se trouver rue Ghantereine, à six heures. Moreau et Hacdonald, qui s'étaient spontanément offerts, reçurent à deux heures la même invitation , ainsi que tous les généraux revenus d'Egypte avec Bonaparte, et dont il connaissait le dévouement.

Toutes ces dispositions parurent naturelles à des officiers qui savaient que Dubois-Crancé , ministre de ta guerre, apportait son portefeuille chez Bonaparte, et venait y recevoir des conseils et une direction sut les instructions à donner aux armées du Rhin et d'Italie.

Augereau et Bernadette, en raison de leurs liaisons avec le parti du Manège, furent les seuls qui ne reçurent pas d'invitation. Bernadette fut néanmoins amené par Joseph Bonaparte , son beau-frère , et Augereau vint de lui-même, à dix heures, trouver Bonaparte aux Tuileries.

C'est à travers .ces ofBciers, encombrant l'avenue, la cour et le jardin du petit hôtel de la rue Ghantereine, que Cornet et Barailloo pénétrèrent jusqu'à Bonaparte et lui remirent, à huit heures et demie, le décret du Conseil des Anciens.

Le général Bonaparte,, ce décret à la main, ûl

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