LIVRE .QUARANTE-QUATRIÈME. i
ouvrir les portes et se présenta sur le perron; puis, ayant salué les officiers et reçu leurs compliments , il leç harangua brièvement. Il leur dit que le Conseil des Anciens, autorisé par la Constitution, venait de lui déférer le commandement de toutes les troupes; qu'il s'agissait de protéger le gouvernement, dans les mesures qu'il allait prendre, pour tirer la patrie de la situation affreuse où elle se trouvait; qu'il comptait sur leur volonté et sur leurs bras pour le seconder, et qu'il allait monter à cheval pour se rendre-aux .Tuileries.
Ces paroles furent accueillies avec l'adhésion la plus enthousiaste. Tous ces officiers tirèrent leurs épées et promirent un fidèle concours. S'adressant à Lefèvre, Bonaparte lut demanda s'il voulait retourner près du Directoire ou rester près de lui. Lefèvre, vivement ému, n'hésita pas un instant, et Bonaparte, montant aussitôt à cheval, se rendit aux Tuileries, entouré de ce magnifique cortège, et suivi de quinze cents chevaux qui avaient reçu l'ordre de faire halte sur le boulevard, au coin de la rue de la Chaussée-d'Antin.
Il était neuf heures et demie lorsque Bonaparte se présenta à la barre du Conseil des Anciens, accom-" pagné de Berthier, de Lefèvre, deLannes, de Murât, de Macdonald, de Moreau, et d'un grand nombre d'officiers moins illustres. Le président lui ayant accordé la parole, Bonaparte prononça un petit discours.oii il disait :
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« La République périssait; voire décret vient de la sauver. Halbeur à ceux qui voudraient le trouble et le désordre, je tes contiendrai, aidé des généraux qui m'entourent.
» Le passé n'a pas d'exem^^es qui pussent vous arrêter. Rien dans l'histoire ne ressemUe à la fia du dix-huitième siècle, rien dans la fin du dix-huitième siècle ne ressemUe au moment actuel.
» Nous voulons une République fondée sur la vraie liberté, sur la liberté civile, sur la représentation nationale! Nous l'aurons; je le jure en mon nom et au nom de mes compactons d'armes. »
De yifs applaudissements partirent des tribunes; le préàdent les réprima, et se tournant vers Bonaparte, il lui adressa ces paroles :
< Général , le Conseil des Anciens reçoit vos serments. Celui qui ne promit jamais en vain des victoires à la patrie ne peut que remplir avec dévouement l'engagement nouveau de la servir et de lui rester fidèle. »
Après ces quelques mots, le Conseil fut ajourné au lendemain, àmidi,àSaint-Cloud, et la séance fut levée.
Conformément à la convocation qui avait été faite, le Conseil des Cinq-Cents se réunit à midi. Un secrétaire commençait la lecture du procès-verbal de la veille, lorsqu'un messager d'État du Conseil des Anciens Fut introduit. Lucien Bonaparte, qui était président, reçut de ses mains le décret de translation , en donna lecture, et, en exécution de l'article 3
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