LIVRE TRENTE-QUATRIÈME. .-il
fluenee coDsidérable sur la France révolutionaée , avait élé de croire qu'il fallait lui donner un gouvernement nouveau, emprunté soit aux États-Unis, soit à l'Angleterre, soit à la Grèce.
Le premier de tous, Bonaparte , inspiré par le bon sens, et se séparant des idéologues, pensa qu'il fallait laisser à la France le régime traditionnel qui l'avait «mstituée en corps de nation, organisée et civilisée, c'est-à-dire le régime monarchique, en l'appropriant aux. principes de la société moderne.
Le peu de succès de toutes les constitutions qu'on avait successivement votées , de toutes les dictatures qu'on avait établies, avait peu à peu éclairé les hommes politiques sur l'inefficadté de ces diverses formes constitutionnelles ; et de même que Robespierre n'avait pas cru à la constitution de 1793, puisqu'il l'avait suspendue, de même Barras ne croyait pas à la constitution de l'an 111 , même en l'appliquant et peut-être parce qu'il l'api^iquait.
Dans l'appréciation de tous les hommes senséâ, le char de l'État devait verser infailliUement; le seul point qui les divisât, c'était la question de savoir de quel c6té se ferait la chute.
Barras, entraîné par ses souvenirs de gentilhomme, croyait que le char verserait du côté de l'ancienne mmardiie, et il n'avait d'autre souci que d'acheter, au prix d'une trahis(»i, la clémence de Louis XVIll.
Telle était, avec quelques différences dans le point de vue pojiitique, la àtuation d'esprit de Mu-lin de
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Douai, promu au Directoire en remplacement di.' Barthélémy, après le iS fructidor. Il oe croyait pas plus que Barras à la possibilité de consolider la République; seulement ses préférences étaient acquises à cette politique, alors encore indécise, qu'on appelait rOrléanisme, et qui se présentait aux esprits comme une monarchie sans nobles et sans prêtres, avec un chef assez compromis dans la Révolution pour en couvrir et pour en sauvegarder tous les complices.
Philippe -Antoine Merlin était entré à la Gonstituante comme député du tiers état pour le bailliage de Douai. Il était le plus énidit et peut-être le plus retors de ces jurisconsultes de l'ancienne France, qu'un système de lois extrêmement compliqué obligeait à des études immenses, et comme on n'en trouve plus qu'en Angleterre, parmi les avocats de la couronne. C'était d'ailleurs un esprit d'une moyenne élévation, imbu des idées philosophiques de son temps , et jeté , avec un caractère ayant peu de résolution, au milieu de problèmes et d'événements qui en auraient exigé beaucoup.
Merlin ne trouva que dans la seconde moitié de sa carrière sa véritable place et son niveau réel , et it les dut au régime fortement monarchique de l'Empire, pour lequel il devait avoir le moins de goût,
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