‹ Histoire du directoire: 2 tom. augm. de pièces justificativesChapitre 4 sur 204 · SITUATION DE LA FRANCE APRÈS LE 1 8 FRUCTIDOR · texte numérisé non relu

SITUATION DE LA FRANCE APRÈS LE 1 8 FRUCTIDOR

Lltxrtc d'action du Directoire. — Elle le pereoDoifie dan* BarrM. — Sa liloalioD et b«s tendances. — Tteux et beaoins gjnjraux. — Barrai aurait ctw la HéTolulioD g'il lei avait comprit. — On vciK les résultats de la RéTolutioa aiec tM eic««. — Pitié générale poor Im nobles. — AspiralioDi religieniei. — On veut l'ordre, la sécurité, une idministraUon , le règne des lois et ta pali . — La guerre générale l'aiait plua de raose. — Préjugés sur son origine. — Affaiblisseoient des idées républicaines.

On pourrait dire, sans (rop de paradoxe, que le gouvernement du Directoire doit être compté du Dix-Huit Fructidor an V — i septembre i797, — où i) brisa le Conseil des Anciens et le Conseil des Cinq-Cents, au Dix-Huit Brumaire an YHI — 9 novembre 1799, — où il fut brisé par Bonaparte.

Ces deux années , ou , pour compter plus rigoureusement, ces vingt-iuil mois, constituent véritablement la carrière remplie par le pouvoir incontesté du Directoire , par ses projets, par ses actes, par ses services , par ses fautes.

Jusqu'au Dix-Huit Fructidor, le Directoire avait ni. I

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t HISTOIRE DU DIRECTOIRE.

usé ses forces à combattre les coalitions intérieures , à rompre les trames de Babeuf et de Pichegru. Depuis' le Dix-Huit Fructidor, il put les employer à gouvernejr.

C'eât donc de ce dernier moment qiie date réellement sa responsabilité, et que doit dater par conséquent, avec elle, la juste sévérité de l'histoire.

PjLV UD hasard dans lequel la malignité contemporaine s'obstina à trouver beaucoup de bien joué, Barras fut, de tous les hommes appelés à composer le Directoire , le seul qui ne quitta pas les rênes de ce gouvernement, depuis son institution jusqu'à sa chute. Les plus célèbres, avec lui ou après lui, Camot, La Réveillère-Lépeaux, Rewbell, Merlin, Sieyès, ou n'en avaient pas vu le commencement, ou n'en virent pas la fin. Barras eut donc la bonne fortune de représenter les côtés principaux par lesquels un régime se juge ou s'impose, l'esprit de suite, l'unité de vues et la tradition. Ses collègues furent du Directoire, Barras fut le gouvernement.

Sans être revêtu d'attributions spéciales, sans avoir la guerre, comme Camot-, la justice, comme Merlin; l'instructioQ publique, comme La Réveillère; les finances, comme Rewbeil, Barras n'en pesait pas moins sur toutes les parties du régime directorial ; au contraire , les autres n'avaient pris que l'administration; il avait pris la poUtique.

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