LIVRE TRBNTE-OUÀTRIËHS. »l
peu chuis ropinioQ publique : on ne voyait que la juste gloire du héros, et cette fin lamentable qui venait interrompre d'une manière si prématurée le cours d'une existence si bien remplie.
Les funérailles cpie le Directoire fit faire à Hoche, le 1 vendémiaire an VI — i " octobre 1797, — pwtèrent au {dus haut degré l'empreinte de cette magnificence fastueuse et théâtrale par laquelle on avait remplacé les pompes imposanleâde la religion.
Ces funérailles, dit le M<miteur, retraçaient parfaitement les magnifiques obsèques que Têlémaque fit faire au fUs de Nestor, sur les bords du GcUhe ' .
La cérémonie eut lieu au Champ de Mars, devant l'autel de la patrie. Hoche y était représenté par un buste en plâtre, orné de la couronne de Vimmortalité. Augereau , Bernadotle , Hédouvilie et Tilly enlou raient le buste. AuUnir de l'enceinte de l'autel s'élevaient des trophées et des colonnes fnnéïaires, sur lesquelles étaient peintes diverses inscriptions. La plus curieuse et la plus significative était celle-ci :
Il alkàt être le Buonaparte du Rhin.
Deux longs et froids discours, entremêlés de symphonies et de chants exécutés par les artistes de l'Opéra, constituèrent, en définitive, tout le fond des funéraill^ de Hoche. 11 fallait la solide gloire du défunt et le respect attaché à sa m^oire pour résister an discours du président du Directoire, qui commençait ainsi :
' Monittur du H octobre 1797.
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9S HISTOIRE DU DIBECTOIBE.
n-Dès l'aube du jour, le bruyant airain avait signalé la fête de la République; l'aurore ayant embelli l'orient de ses plus riches couleurs , le soleil s'était élancé dans la carrière.... Partout Timage du bonheur, et l'âme ravie se croyait déjà transportée dansl'Elysée*, a
Au milieu de cette douleur bavarde et déclamatoire, le vieux père de Hoche, pleurant et gémissant, était seul resté homme et touchant; il déchirait de ses sanglots les strophes banales de Chénier, chantées par dès comparses; et tandis que les autres parlaient de la Grèce et de l'Olympe, il n'avait qu'un cri : Mon fils^ 6 mon fils!
Les funérailles faites à Joubert, le 16 septembre 1799, dépassèrent seules celles de Hoche en vaines et faussés démonstrations. Garât dut prononcer l'éloge de Joubert , mojité sur un socle de marbre noir'.
Les fêtes et les cérémonies les plus pompeuses dn Directoire avaient donc l'inconvénient de choquer la raison des hommes éclairés , sans frapper l'imagination du peuple.
' Lorsque tes Seize emplissaient Paris de tumulte et résistaient aux armées de deux rois, ils multipliaient aussi les démonstrations publiques , afin > de tenir les esprits et les cœurs en haleine; mais ils se servaient de la politique aimée du peuple pour
' Moniteur du 7 octobre 1797.
' UoniUar du 19 septembre 1799.
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