‹ Histoire du directoire: 2 tom. augm. de pièces justificativesChapitre 42 sur 204 · LIVRE TRENTE-QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTE-QUATRIÈME

TallieD et Blad, députés du Finistère à la Conven tioD, étaient arrivés, le 16 juillet, en mission à l'armée de Brest et de Cherbourg. Ce furent eux qui déterminèrent Hoche à violer la capitulation. Comme général en chef, il était le maître sur ce point, et ayant eu le droit de la conclure , il avait le devoir de l'exécuterî

C'est au mépris d'une promesse, de tout temps sacrée dans ies guerres, que les émigrés, après qu'ils eurent mis bas les armes, furent conduits à Auray. Six commissions militaires Turent immédialemeot organisées à Auray, à Vannes et à Quiberon. Sombreuil et M. de Hercé , évéque de Dol , conduite à Vannes , furent les premières victimes.

Les témoins oculaires disent que les soldats républicains, indignés, refusèrent d'exécuter les émigrés. On prit pour tes fusiller les transfuges, qui avaient guidé Hoche dans l'attaque nocturne du fort Penthièvre.

. Sombreuil, auquel un officier républicain demandait la permission de lui rendre le dernier devoir en lui bandant les yeux, refusa : « Non , dit-il , je veux voir mon ennemi jusqu'au dernier instant. » Invité

émigrés, pour les souBtraire au pouvoir de Talli«n, qui envoyait émissaire sur émissaire, afin que les royalistes fussent conduits à

Finalement, Hoche céda, et donna l'ordre à ses soldais d'eoveloj^r les prisonniers. Les soldats républicains refusèrent un moment d'obéir, et Hoche dut mettre le sabre à la main. — Voyez Mimùirt» *ur FtxpédHion dt Qaibenn, p. SS6.

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M HISTOIRE DU DIRECTOIBE.

à se mettre à genoux, il y ccwsentit en disant : « Je mets un genou à terre pour Dieu , et l'autre pour te rot. »

Il avait vingt-sept ans ^ et il s'était embarqué pcmr Quiberon au moment où il venait d'être âancé à mademoiselle de la Blache. Il était le dernier représentant mâle de sa famille; son père et son frère étaient morts sur l'échafaud le 10 juin 1794.

La démagogie, en égorgeant cette Tamille, oubliait que le 14 juillet 1789, lorsqqe le dépôt d'armes des Invalides fut pillé, le gouverneur, M. de Sombreuil, avait refusé de laisser tirer sur le, peuple.

Pendant la courte et violente maladie qui l'em-porta, Hoche disait, dans le langage mythologique fort usité à cette époque, qu'il avait sur lui la robe du centaure Nesstts. Ou tira de ses souffrances atroces la conclusion qu'il mourait empoisonné. Un pareil crime eût été sans cause; Hoche ne portait alors ombrage à personnage. Son offre de concourir' au coup d'État du 1 8 fructidor lui avait aliéné les amis des déportés, et son refus de suivre aveuglément Barras jusqu'au bout, lui avait aliéné les amis du Directoire.

Il était donc isolé, sans prépondance, à son camp de Wetzlaer, peut^tre même un peu diminué par l'insuccès de sa tentative prématurée ou irréfléchie sur l'Irlande.

A l'époque de sa mort, les torts qu'il avait eus envers Sombreuil et ses compagnons pesaient bien

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