FINANCES DU DIRECTOIRE
Lea fîi]«iicieri de 47B9. — Leara illusions. — DipaoïM pendant U MraUttioD. — Les rentiers et le grand-liTre. — Le budget de l'en TL — Préji^ tor U coTTée. — BinqDefMite défiailire i» !■ RéTolotiad.
Il serait injuste de retracer le tableau des finances da Directoire aprè^ le 1 8 fructidor, sans rappeler la part qui doit être faite à l'administration de la Convention dans cette situation désastreose, et jusqu'alors sans précédent dans l'histoire.
On saitavec quelle hauteur et quel dédain les politiques de la Constituante traitèrent les finances de Louis XVI. IL' s'établit alors une opinion, et cette opinion n'est pas encore détruite, d'après laquelle la dilapidation la plus honteuse avait présidé jusqu'en 1 789 à l'administration des revenus publics. Les financiers d'alors ne savaient pas à quel point ils étaient destinés à venger M. de Galonné des outrages prodigués à sa mémoire.
Pour rassurer les contribuables , Camille Desmoulins leur disait, au mois de juin 1 789, qu'on ne tève-
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rait plus des impositions royales, mais nationales; que le Trésor ne. serait plus royal, mais nation^ '. Od va voir si ce changement dans les mots eut une grande influence sur les choses.
Le célèbre budget des dépenses de 1787, soumis aux notables, et objet de tant de griefs, s'élevait à 599,135,795 francs.
Le budget du Directoire, pour l'an VI, c'est-àdire comprenant l'exercice du 22 septembre 1797 au 21 septembi-e 1798, s'élevait à 616 millions de francs ; encore faut-il dire que les deux tiers de la dette inscrite, c'est-à-dire 166,666,666 francs, en ayant été cTéduils, comme on va voir, le budget des dépenses se serait élevé réellement à la somme de 782,666,666 francs, sans la banqueroute que l'Ëtat faisait au préjudice des rentiers.
Dans le budget de 1 787, la dette inscrite, viagère et perpétuelle, s'élevait'à 151,400,000 francs; ■ — dans le budget de 1797, la dette perpétuelle seule se serait élevée à 250 millions de francs, sans la banqueroute.
Ainsi , et au premier coup d'oeil , l'avantage annoncé en 1789 par Camille Desmoulins se réduisait à ceci :
Quand les finances étaient royales, le budget des dépenses s'élevait à 599 millions, et la dette inscrite à 1 51 millions.
< Camille Deffinoalins, la Pranee libre du mois de juin,4789, p. 70.
96 HISTOIRE DD DIRBCTOIBB.
Depuis que les finances étaient nationales, le budget s'élevait à 78S millions, et la dette perpétuelle à 250 mil lions.
Loin de diminuer^ le budget s'était donc accru , en dix ans, de 1 82 millioas , et la dette de plus de 100 millions.
Mais ce n'est encore rien : si le désordre de la Révolution n'avait coûté que cela, l'histoire aurait mauvaise grâce à s'en plaindre.
L'Assemblée constituante, la Législative et la ConventioD avaient dévoré :
1 ' Les biens du clergé , estimés trois milliards ' ;
2° Les biens des én)igrés, estimés, défTuction faite des dettes, trois milliards, par le ministre des finances, le 1" février 1793*j
3° L'emprunt forcé d'un milliard, décrété le 1 9 mai 1793';
4° Quarante milliards d'assignats ^
C'était donc une somme monstrueuse et presque fabuleuse' de quarantersept milliards, dont six milliards de propriétés foncières, que les financiers révolutionnaires avaient dévorée, sans compter les deux milliards qu'ils avaient ajoutés a la dette publique, non plus que les trésors de ta' Belgique, les
> Leur produit net était de plus de cent mt'IItOM.
^ Pradhomme, Révdutiom dt Paris, t. XV, p. 3tS.
a Ibid., t. XVI, p. 407.
* L'émission des assignats Tut fixée à 40 milliards, le 1" décembre 1795. Ha cessèrent de circuler le 45 juillet 1796. — Voyez Pradhomme, Ilitt. des Révolalions, t. U, p. 29, 35, 67.
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