‹ Histoire du directoire: 2 tom. augm. de pièces justificativesChapitre 50 sur 204 · PRÉJUGÉS SUK LA CORVÉE · texte numérisé non relu

PRÉJUGÉS SUK LA CORVÉE

On désignait avant'la Révolution, sous le nom de Corvées, diverses obligations des détenteurs de terres envers leurs seigneurs ou cession naires. De ces corvées, les unes étaient Irès-légitimes, les autres étaient très-arbitraires; toutes étaient devenues odieusps.

Pendant son court passage au Contrôle général des finances, Turgot soumit un mémoire à Louis XVI, au mois de février 1 776, ayant pour but, parmi diverses réformes, de supprimer la corvée et de la remplacer par une imposition en argent. Au mois de février suivant, le mémoire fut sanctionné par un édit, et la corvée fut supprimée *.

Tous les esprits plus philosophiques qu'administratifs applaudirent à cette réforme. Voltaire, qui était propriétaire et seigneur dans le pays de Gex, remplit

* Moniteur du <6 novembre 1793.

* Moniteur du 6 octobre 4797.

3 Voir le Mémoire et VÉdit dans les Œuvres de Targot, l. II, p. S37 à %98. — Paris , GuillaumiD , 1 Ui.

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sa Correspondance de la fin de 1775 et du commen> cernent de 1776 d'élt^es, d'ailleurs géoéralemeat mérités, en faveur de Turgot. « Mon vieux saag bouilloone dans mes vieilles veines, écrit-il à Dupont de Nemours le 1i février 1776, quand j'entends dire que les escarpins de Versailles et de Paris s'opposent à l'extirpation de cette barbare servitude^ destructive des campagnes. Nous autres, Suisses de Gex, nous soupirons après l'édit des corvées '. »

Cet édit, qui supprimait la corvée en nature , abolissait aussi les communautés de marchands, ainsi que les maîtrises et jurandes; et ces réformes soulevèrent à la cour et surtout dans les parlements cette opposition aveugle et opiniâtre qui repoussa, en 1787 et en 1788, toutes les réformes financières, commerciales, administratives, judiciaires, civiles et politiques soumises aux notables, et dont l'admis* sion à cette époque eût prévenu la Révolution et l'eût même à peu près rendue inutile. Si Voltaire avait vécu jusqu'à cette époque , il aurait eu à combattre les escarpins de province aussi bien que ceux de Paris et de Versailles, car l'opposition aux grandes réformes deJVl. de Galonné, de M. de Brienne et de M. de Lamoignon, fut unanime d'un bout à l'autre du royaume; et, chose remarquable! le peuple, dont ces réformes servaient les intérêts, ne se déclara nulle part en leur faveur.

Dès que l'édit des corvées fut parvenu à Ferney,

' Vollaire, Correspond, ginér., lettre à M. Dupont, < i février *T7«.

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