LIVBE TRENTE-SIXIÈME. IIS
Eure marcher la constitutioD jusqu'à telle ou telle époque. On n'est pas d'accord là-dessus. Néanmoins, le Directoire et le Corps Législatif sont unis '. u
La Valette, aide de camp de Bonaparte, ajoutait, le lendemain : u J'ai eu une longue conversation avec le représentant Lacuée; il m'a dit : « Le conseil des » Cinq-Cents doit s'ajourner; il ne veut pas être le » sénat de Tibère '. u Cette amertume de langage s'explique par une phrase de la lettre d'Augereau où il disait : « Il reste , ceci n'est pas douteus , un parti dans les deux conseils, qui n'aime pas la répoblique. » Lacuée était de ce parti, et l'événement prouva qu'il n'était pas le seul.
C'est Talot, député de Maine-et-Loire au conseil des C]inq-Cents , qui avait eu l'initiative de ce projet de prorogation du Corps Législatir, même avant le coup d'Etat du 18 fructidor, et lorsque la lutte du Directoire et des Conseils paralysait l'action du gouvernement. C'est du moins en ces termes qu'il s'en attribua l'honneur, à la séance du conseil des Cinq- Cents du 1 9 septembre ^ 797.
Son projet fut alors accueilli, dit-il, comme la pensée d'un homme de bien. C'est tout ce qu'on pouvait faire à cette époque. Il est bien évident que Pichegru et ses amis des deux Conseils, qui travaillaient à renverser le Directoire, n'auraient pas eu la naïveté de se suspendre eux-mêmes, c'est-à-dire de
' Bourienne, MémotTes, t. I, chap. xvii, p. 959. ' Bourienne, Mimoirtt, t. I, chap. xvii, p. 2G0.
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renoncer à leurs desseins, à leurs espérances, et de livrer, sans combaltre, la victoire à leurs ennemis.
Reprise après le \8 fructidor, l'idée d'ajourner le Corps Législatif était beaucoup plus raisonnable , et elle eût été fort utile. Elle eut néanmoins contre elle, dès qu'elle fut connue , non-seulement tous les députés aux. yeux desquels une prorogation pouvait présager une réélection, mais tous ceux qui, attachés au char de la révolution par des liens sanglants, n'osaient pas se séparer, si peu que ce fût, d'un gouvernement qui était pour eux une garantie contre des haines souvent trop justifiées. Talot lui-même, auteur du projet , se crut obligé de le combattre dans la séance du 1 9 septembre , pour repousser toute participation dans la pensée d'investir le Directoire d'une dictature même temporaire.
Boulay de la Meurlhe , beaucoup plus avant que Talot dans la pensée et dans la confiance du gouvernement, et qui avait au conseil des Cinq-Cents une situation bien plus importante, ne dit qu'un mot, dans son rapport sur la fête du 1 8 Fructidor, de celte prorogation du Corps Législatif; mais ce mot faisait voir clairement que le Directoire s'était flatté d'obtenir cette prorogation ; et même qu'en déplorant les intrigues qui en faisaient abandonner le projet , il oe désespérait pas complètement d'y ramener l'opinion, plus éclairée et plus rassurée '.
' a Le royalisme , dit Boulay, exerce 6a perfidie , en présentanl
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