‹ Histoire du directoire: 2 tom. augm. de pièces justificativesChapitre 53 sur 204 · LIVRE XXXVI · texte numérisé non relu

LIVRE XXXVI

EXAGÉBATIOK DE LA POLITIQUE DU 1 8 FRUCTIDOB. PERSÉCUTION DES ÉMIGRÉS ET DES PRÊTRES.

Ét«t ^es Cai.s«i1« après le 1 8 Iruclidor. — Le Directoire longe i les «Journer.

— Difficultés, — Politique i l'égariJ des ém^ré». — Leur nombre. — CommeDt Louis XIV, Guillaume d Orange et la révolution fraotaiie Iraiieot les bannis. — Les protestants ne sont pas plus patriotes que les émigrés.

— Rigueur inouie de la légialalion sur les émigrés. ^- Faui émigrés. — Leur nombre s'élève à 70,000. — Perséculion contre les prêtres déportés.

— Leur nombre. — Violence du ministre de la police Sotin.

Si Barras, après avoir montré, le 18 fructidor, pour défendre la constitution de Fan III, l'énergie qui manqua, le 10 Août, à Louis XVI, pour défendre la constilutioa de 1 791 ' , avait été un homme d'État plus complet et plus pratique , il aurait ajourné le Corps Législatif pendant quelques mois, et préparé, à l'aide d'un comité, composé d'hommes capables , au moins les lois les plus urgentes , que le pays attendait en vain depuis huit ans.

' SuivaDt l'obsenaiion fort josle de Boulay de la Heurtbe, dans

son rapport sur la fêle du 18 Tniclidor ; « Le Direcfoire n'a\ait pas

envie de laisser abattre le gouvernement et de subir le sort de

Capet. » Moniteur du iS septembre. Séauce des Gnq-CenlB du Si.

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Od vivait en effet, depuis le commencement de la Révolution, sans code civil , saiiscodecriminel, sans code de procédure, sans code militaire, sans code forestier. La France ne pouvait pas s'en passer sans éprouver un grand dommage, et des assemblées nombreuses et tumultueuses étaient médiocrement propres à les faire, ou du moins à les étudier sagement. Un ajournement momentané des Conseils, qui, en donnant un peu de calme au pays, eût permis de préparer avec soin les mesures les plus urgentes, eût donc été une mesure sensée et féconde. On discutait continuellement, depuis huit ans, sans s'arrêter, même les jours de Décade , qui remplaçaient le Dimanche; on y employait le jour, et quelquefois la nuit. Un tel abus de la parole avait fini par affaiblir, dans l'opinion publique, l'autorité des assemblées délibérantes; sans compter que le manque de repos et de réflexion ne permettait pas aux natures les mieux trempées d'apporter dans les travaux législatifs une très-grande maturité.

Cette idée d'ajourner les Conseils parut un moment arrêtée, après le 18 fructidor.

Augereau , rendant compte à Bonaparte des résultats du coup d'Ëtat, s'exprime ainsi dans une lettre du 24 fructidor ;

« Le Corps Législatif a accordé au Directoire un grand degré de puissance. Quelques hommes pensent qu'il ferait beaucoup mieux de s'ajourner pour un temps déterminé , en laissant au .Directoire le soin de

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