LIVRE TRENTE-SEPTIÈME
reur. Nous sommes ferniement convaincu que la pensée des crimes de la Terreur n'a été , de noire temps, dans l'esprit de personne ; mais nous sommes plus fermement convaincu encore que la France ne les edt pas soufferts.
Déjà, en 1797, l'opinion publique, en dehors comme au sein des grands corps de l'État , ne tolérait plus , sans réclamer, des persécutions qui choquaient trop violemment la liberté de conscience et d'opinion, qui est le caractère essentiel de la société moderne.
En terminant, au conseil des Ginq>Cents, dans la séance du 24 septembre, un rapport sur le 18 Fructidor, commencé à la séance du 23, Boulay de la Meurthe s'exprimait ainsi :
" Je crois devoirappeler l'attention de l'assemblée, et celte de tous les amis éclairés de la liberté , sur la solution des problèmes suivants :
» 1" Quelles sont les mesures d'ostracisme , â'exil et d'exportation les plus convenables aux principes de justice et de liberté, les plus propres à assurer à l'avenir le maintien de la constitution et de la république ?
)) 2° Dans le cas où il y aurait , entre le Corps Législatif et le Directoire, une opposition de nature à entraver la marche du gouvernement et de compromettre la chose publique, quel,serait le moyen politique et régulier le plus capable de prévenir cette crise et de rétablir la marche constitutionnelle '? »
' ifoniteur du 29 septembre 1797.
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134 IHSTOIRE DU DIRECTOIRE.
Ces conclusioDs ne soulevèrent aucune observa* tion, et, le lendemain, 35 septembre, le conseil des Cinq-Cents Domma une commission de sept membres pour les examiner et lui en faire un rapport; elle était composée des députés suivants : |ean Debry, Boulay de la Meurthe, Sieyès, Oudot, Ëngerrand, Lamarque et Houdot *.
Que signifiaient ces conclusions du rapport de Boulay , dont la mystérieuse gravité n'avait pu échapper à personne ? Qui devait-on frapper d'ostracisme , d'exil ou d'exportiUion? Dans quel but pouvait-on prévoir, le lendemain du 1 8 fructidor, lorsque l'tinité de vues la plus complète devait régner entre les vainqueurs, de nouvelles luttes entre le Directoire et les Conseils I
Les initiés seuls auraient pu répondre aux premières curiosités comme aux premières inquiétudes de l'opinion publique. Toutefois, deux indices assez certains pouvaient faire pressentir, au moins d'une manière générale, le but que se proposait le Directoire, but vaguement révélé par les projets de ses amis.
On discutait, depuis le 1 9 septembre , un rapport de Gay-Vernon, député de la Haute-Vienne, sur une proportion déjà faite d'interdire aux ci-devant nobles l'exercice de toutes fonctions publiques, ^.
» MonUeur du 29 septembre 1797.
' Le rapport de Gay-Vernon est au MonifeuT du 15 septembre 1797; —la discussion commença le 19; — jVonirnir du 25.
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