LIVRE TRENTE-NEUVIÈME
massées à diverses dislances, étaient sur ia rive gauche du fleuve , et après un engagement très-vif à Fombio, un corps de troupes, envoyé trop lard par Beaulieu en vue de s'opposer au passage, était battu et rejeté derrière VAdda ' .
o Encore une victoire , écrivait Bonaparte à Carnot, le 9 mai, et nous sommes maîtres de l'Italie *. » Cette victoire, qui devait donner et qui donna Milan, Bonaparte la trouva le lendemain au passage de rAdda,àLodi.
Dépassé et menacé dans sa retraite, Beaulieu pressa la marche de ses troupes vers le centre de la Lombardie. Le 1 mai , le quartier général français arrivait à Casai vers trois heures du matin, et l'avantgarde rencontrait les Autrichiens vers neuf heures, défendant les approches de Lodi. Âugereau accourait de Borghetto et Masséna de Casai, tous deuxavec leurs divisions. L'avant-garde culbuta successivement les postes qui défendaient la ville, et y entra avec l'ennemi. Beaulieu, qui -avait déjà passé l'Adda, était rangé en bataille avec toute son armée sur la rive gauche, et trente pièces de position défendaient le passage du pont.
Dès que toute l'armée française fut arrivée, Bonaparte la rangea en colonne serrée. Son artillerie ouvrit un feu énergique, et après quelques heures de canonnade, un bataillon de carabiniers, suivi de tous
* Correspondance de NofxMm I", 1. 1, p. 298; 9 mai 1796. > Ibid., p. 300.
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les bataillons de grenadiers, s'élança sur le pont au pas de charge. Le pont avait cent toises de longueur; le feu de l'ennemi était terrible, et, à peine à moitié route, la tèle de colonne semblait hésiter. Alors un groupe d'intrépides officiers, que l'histoire doit nommer dans l'ordre même où les désigna Bonaparte, Berthier, Masséna, Cervoni, Dallemagne, Lannes et Dupas, se précipitèrent à la té(e des troupes, et les entraînèrent au delà du pont.
En quelques instants celte redoutable colontie rompit l'ordre de bataille de Beaulieu, enleva son artillerie et dispersa son armée. Les divisions de Rusca, d'Aùgereau et de Beyrand passèrent immédiatement et achevèrent la victoire '. ■
Beaulieu, poursuivi, se retira sur Pizzighettone. L'armée française y arrivait leMI mai, et forçait la ville à se rendre; mais Beaulieu avait déjà dépassé Crémone, et toute la Lombardîe était réellement conquise".
Arrivé à Milan le 1 6 mai , Bonaparte adressait une proclamation au peuple de la Lombardie, et remplaçait par ime agence militaire provisoire de trois membres la junte établie le 9 par l'Archiduc, au moment de quitter la ville*.
Milan organisé , Bonaparte se dirigea par Soncino vers les Étals de Venise. Arrivé à Brescia le 37 mai,
^'Cerrrespondaneede Napoléon l", t. I, p. 312; 41 mai 1796. a Ibid., t. I, p. 333; U mai 1796.
3 Ibid., t. I, p. 361 ; 19 mai.
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il adressa le 29 une proclamatioD à la république de Venise, et s'excusa d'emprunier sod territoire pour continuer la poursuite de l'enDemi.
Toujours malheureux, mais jamais rebuté, Beaulieu avait passé l'Oglio et le Mincio. Sa droite appuyée au lac de Garda et sa gauche à Mantoue, il avait couvert de batteries tous les points où le passage du Mincio pouvait avoir besoin d'être défendu.
Bonaparte poussa quelques régiments vers Lonato, Desenzano et Salo, pour donner à croire à Beaulieu qu'il voulait le tourner par le haut du lac, en passant par Riva-, mais son intention réelle était de passer le Mincio à Boi^hetto. Le passage fut effectué de vive force le 30 mai par les grenadiers du général Gardânne, qui se mirent à l'eau jusqu'au menton, en levant leui's fusils au-dessus de leur léte, et l'oii s'empara de Valeggio, quartier général de Beaulieu, qui venait de l'évacuer. Concentré entre Valeggio et Villafranca, l'ennemi se rangea en bataille, résolu de tenter un effort suprême; mais ses patrouilles de cavalerie lui ayant appris qu'Augereau marchait rapidement sur Peschiera pour lui couper la route du Tyrol , il se mil immédiatement en retraite pour gagner Gasteinovo, et le 31 , il avait passé l'Adige en détruisant les ponts '.
Ainsi le l" juin 1796, les Autrichiens étaient entièrement expulsés de l'Italie, et les avant-postes français étaient sur les montagnes de l'Allemagne!
• Correspondtmx de Napoléon I", 1. 1, p. 431-8-3; <" juin 1796.
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sot HISTOIRE DU DIRECTOIRE.
Restaient Mantoue et sa garnison. Le fauboui^ de Saint-Georges était pris le i juin par Dallemagne et Lannes, et la place investie le lendemain.
Toutes ces merveilles avaient été accomplies en un mois et demi. Bonaparte donnait le 11 avril les ordres contenant les dispositions de la bataille de Montenotle, sa première victoire en Italie; le 21 , il séparait la Sardaigne de l'Autriche, à Mondovi; le 7 mai, il passait te Pô, à la poursuite des Autrichiens; le 31 mai, il les rejetait derrière l'Adige, et le 4" juin, Masséna occupait Vérone!
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