LIVRE TRENTE-NEUVIÈME
rait. Vos vicloires, votre courage, le sang de nos frères morls aux combats, tout serait perdu, même l'honneur et la gloire.
» Peuples de l'iialie, l'armée française vient pour rompre vos chaînes; le peuple français est l'ami de tous les peuples; venez avec con6ance au-devant d'elle; vos propriétés, votre religion et vos usages seront respectés.
n Nous faisons la guerre en ennemis généreux, et nous n'en voulons qu'aux tyrans qui vous asser-
Libre sur les Alpes , et n'ayant plus en face de Inique le général Beaulieu et les Autrichiens , Bonaparte , sûr de ses plans et de son armée, dévore déjà le temps et l'espace et donne rendez-vous à l'armée du Rhin sur les confins des Ëtats héréditaires de l'Empereur d'Allemagne.
« Je marche demain contre fieaulîeu, écrit-il an Directoire le 28 avril, je l'oblige à repasser le Pô, je le passe immédiatement après, je m'empare de toute la Lomhardie, et avant un mois, j'espère être sur les montagnes du Tyrol, trouver l'armée du Rhin, et porter de concert la guerre dans la Bavière. Ce projet est digne de vous, de l'armée et des destinées de la France'. »
Et comme si tous ces rêves glorieux devaient se réaliser sur l'heure, Bonaparte demandait au Direc-
1 Mmittur dn 17'inai 1796.
^ Correipondance de Napoiéon /", 1. 1, p. S36; SS avril 1796.
toire des ÎDSlniclions sur la conduite qu'il devait tenir envers le duc de Parme, la république de Géoes et le gouveraement des Etats de l'Église '. Il avait néanmoias devant lui une armée battue et démoralisée, il est vrai, mais forte encore de trente mille hommes bien équipés, dont quatre mille hommes de cavalerie. Il ne restait à Bonaparte que viugthuït mille fantassins et trois mille six cents cavaliers en mauvais état*.
Abandonnés à eux-mêmes, tes Autrichiens avaient repassé le Pô-à Valeoce, après la bataille de Mondovi; et Beaulieu, trompé par diverses démonstrations de Bonaparte, qui lui avaient fait croire que l'armée française tenterait de pénétrer dans le Milanais par la même voie, s'était fortifié derrière l'Agogna, le Terdoppioet te Tessin, espérant attirer l'ennemi à peu près sur l'ancien et funeste champ de bataille de Pavie; mais, pendant que le général autrichien s'enfermait savamment dans un réseau de rivières et de redoutes, Bonaparte se jetait à droite, vers Castel-San-Giovanni, par une marche forcée; et Lannes, alors chef de brigade, passait le Pô à Plaisance , le 7 mai , à neuf heures du matin , à l'aide de bateaux chargés de provisions appartenant à l'ennemi. Dans la journée, toutes les divisions de l'armée,
» Correspondance de Napoléon I", t. I, p. Î45; »9 avrim96. a Ibid., p. m.
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