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Histoire du directoire

Causes de la misère. — Guerre aux riches. — Destruction des capitaux qui produisent y et de Taisance qui consomme. — Ruine de Tagriculture , de Vindustrie, du commerce. — Misère de TEtat. — • Dépréciation du papiermonnaie.

La Convention se sépara le 36 octobre 1 795 —

4 brumaire an IV '---, après avoir siégé trois ans, un

^ mois et cinq jours; laissant à la France, pour signe

? de son passage, la misère, la dépopulation, la dés-

^ organisation sociale, et la Constitution de Fan III.

U 1 Nous donnerons les dates d'après le calendrier Grégorien, parce

^* qu'il est le plus connu et le plus généralement suivi. Des dates ^ du calendrier républicain , aujourd'hui complètement oublié, nous I ne conserverons que celles qui sont devenues historiques, comme le 43 vendémiaire, le 48 fructidor, le 30 prairial , le 48 brumaire, etc. , en les accx)mpagnant de leurs concordances.

Les hommes d'État de la révolution, qui avaient apporté dans le gouvernement de la France les lambeaux, mal assortis de laiirs leotore» 6lafl6i(}o«s, apportèrent daasradmmislraliott (fêla fortonapmblique et privée les idées des démagogues de Sparte et de Rome, et ce que Plutarque raconte des doctrines d'Agis, de Cléomène et des Gracques. Ce fut donc, dans Fesprit d'eux tous, depuis Camille Desmoulins jusqu'à Sain*-Ju9t, une constanle préoccupation sur une nouvelle distribution des richesses, et sur un état social dans lequel les pauvres s'exonéreraient de toutes les charges, en les imposant aux riches.

Le système financier de la Convention s' engagea tout entier dans cette voie, et il la parcourut jusqu'au bout; ce qui donne à cette expérience, accomplie jusqu'à sa dernière période, une puissance d'enseignement qu'il est du devoir de l'histoire de constater.

Jamais la guerre au riche et la chasse au capital n'avaient été entreprises sur une échelle aussi immense.

L'État 5 c'est-à-dire les quelques démagogues qui s'étaient substitués à lui, prit : au clergé, trois milliards; aux émigrés, cinq milliards, en imneubles seulement. Ce qu'on tenr prit en meubla, oroemenls, ustensiles d'or et d'argent, et bijoux, qui pourrait le dire ?

LïVftB PREMIER. 3

Les députés en mission ^ les commîsssires é& fcr Convention, les chefs des armées révohitionnaires , levèrent, dans trois cent qoaranite-'hirit distrîets, des taxes sur les riches dont fo comité de saint pnMic ne pnt jamais parvenir à" connaître le chifto', maïs qtCrm ne saurait estimer h moins de cent miHions. Slras^ bourg paya 12 milliorfsr, Ronen 40 miflions, Marseille, 4 millions. La part de Paris fut effroyable. A Bordeaux, trois négociante payèrent , à etix seuls, 2 millions, savoir : Raba, 1,200,000 fr.; PécfeoUo, 300,000 fr. ; MartinMjftirtin, 300,000 fr. Des districts moyens, comme Beaugwcy, payèrent 5d«',00O fr. Ces sommes, éfont Ite trésor ne reçut pas une obole, furent distribuées par les comités révofutionnaires, •et sans contrôle. On en donnait la meilleure partie à ce qu'on nommait les patriotes j dans chaque localifé; on en bàtissatt ^ halles dans les bourgs, et Ton enr subventkmnatt de* tmupes de comédiens '.

A Lyon , Collot-d'Herbois et Fouchénrettaient sous le séquestre, par décret du 23 novembre 1793, tes biens des personne» suspectes ; et , tes réunissant à o»e taxe sur les riches, ils en formaient un fonds à Taide duqud a toa& les citoyens infirmes,, vieillard» ,. orphdins, indigents, étaient logés, nomris et vêtus; » sans compter les personnes valides, auxquelles il était fourni « aux dépens des riches^ du travail et

^ Voir, dans le Moniteur des 12, 43, 15 et 46 décembre 1794, le l'apport deCambon sur les taxes révolutionnaires, sur les violences inouïes et sur les vols infâmes dont elles furent Toccasion.

i HISTOIRE DU DIRECTOIRE.

les objets nécessaires à Texercice de leur métier et de lear industrie ^))

Les financiers de la révolation avaient cru faire absoudre de tels moyens en obtenant pour résultat une prospérité générale. Eh bien ! après avoir additionné, pendant quatre ans, ces sommes dont T imagination s'effraie '; après avoir ajouté les millions aux millions et les milliards aux milliards , la Convention nationale, consternée, obtint, pour total, —

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