LA MISÈRE
Une misère affreuse, universelle; misère des individus, misère des villes, misère du gouvernement. Jusqu'au 22 août 1796, les habitants de Paris, autres que les indigetitSj recevaient trois quarterons de pain par jour '. Les administrateurs de Bordeaux s'excusaient de ne pouvoir faire surveiller les voleurs de nuit, faute de fonds pour allumer les réverbères \ Le jour de leur entrée en fonctions, les cinq Directeurs trouvaient à grand' peine des domestiques, n'ayant ni argent, ni crédit, pour assurer leurs gages ^; et, même au mois de juillet 1797, le pou-
^ Moniteur du 26 novembre 4793.
2 La trésorerie publia, en octobre 4798, des états officiels dans lesquels elle essayait de rendre compte de quatre-vingt-seize MILLIARD)}, dépensés depuis le commencement de la révolution.
3 Arrêté du Directoire y du 22 août 4796, sur les distributions de vivres; — Le Rédacteur, n® 254 .
* Sir Francis d'Ivernoy, Tableau des pertes causées par li révolution, t. II, p. 9.
^ Carnot, Réponse au rapport sur la conjuration du \ 8 fructidor, parJ.'Ch.Bailleul, p. 475.